Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
R

Rennes (suite)

Les fonctions actuelles

Avec 70 p. 100 des personnes actives travaillant dans les transports, le commerce, les banques, les assurances, les services privés et publics, Rennes est la première ville tertiaire de France. Elle joue dans l’Ouest un rôle important d’animation et de promotion sur les plans administratif, économique et intellectuel. Siège de la IIIe région militaire, capitale de la Région de programme Bretagne, résidence du préfet de Région, du recteur d’Académie, elle est avant tout une ville de fonctionnaires au service de la cité, du département et de la Région. Son rôle commercial est en relation avec une situation géographique très favorable : ville carrefour, Rennes s’appuie sur un réseau dense et bien concentré de transports. À la croisée de routes nationales qui la mettent en relation avec la péninsule armoricaine, la Normandie, le Maine et les Pays de la Loire, elle est aussi un important centre ferroviaire (sa gare de triage est la plus active de la région) qui commande les deux voies nord et sud de la Bretagne. Ses relations avec Paris ont été améliorées depuis l’électrification de la voie ferrée en 1965 et l’établissement en 1966 de liaisons aériennes quotidiennes régulières par l’aéroport de Saint-Jacques-de-la-Lande (à 7 km au sud de la ville). Ce rôle de plaque tournante en matière de transports (ceux-ci fournissent 5 000 emplois) a fait de Rennes un lieu d’élection pour les commerces de gros qui veulent rayonner sur les départements de l’Ouest : les produits de la région y sont centralisés avant expédition, mais la ville, résidence de 1 200 représentants technico-commerciaux, siège de 270 commerces de gros, tient aussi à affirmer sa fonction régionale de distribution. Après l’échec d’ouverture d’un M. I. N. (marché d’intérêt national), une zone a été aménagée, à l’ouest de la ville, pour recevoir un marché de gros des denrées agricoles ; un abattoir moderne et un frigorifique polyvalent y fonctionnent aussi, qui permettent à la ville de conditionner et de commercialiser les productions des élevages de la région. À une échelle plus réduite, dans un rayon d’une cinquantaine de kilomètres, Rennes attire une clientèle nombreuse par ses commerces de détail et ses hypermarchés.

Capitale commerciale, Rennes se veut aussi une capitale intellectuelle. Trois nouveaux complexes universitaires attirent plus de 20 000 étudiants répartis en deux universités. Dans le centre-ville est implantée depuis 1961 la faculté de droit et de sciences économiques, tandis qu’à l’ouest le complexe de Villejean-Malifeu (40 ha) regroupe la faculté de médecine et de pharmacie, le C. H. U., l’École nationale de santé publique, la faculté des lettres et sciences humaines. À l’est enfin, sur 180 ha, s’est construit le magnifique complexe scientifique de Rennes-Beaulieu, avec sa faculté des sciences, l’École nationale supérieure de chimie, l’Institut national des sciences appliquées et l’I. U. T. Reconnue métropole de recherche en électronique, Rennes devait bénéficier en 1972 et 1973 de la décentralisation de l’École supérieure d’électricité, de l’École nationale supérieure des télécommunications et de l’École militaire supérieure technique des transmissions. Avec l’installation de plusieurs centres d’études et de recherche (Centre électronique de l’armement à Bruz, Centre de recherches et de redevances P. T. T.-O. R. T. F.), la ville voit se renforcer son rôle de métropole universitaire de l’Ouest et espère ainsi attirer bientôt des industries de pointe.

Si Rennes était, il y a vingt ans, dépourvue d’activités industrielles importantes (les seules grandes entreprises étaient l’imprimerie Oberthur, 1 200 emplois, le quotidien Ouest-France, 1 400 emplois ; une brasserie ; l’arsenal, 700 emplois), elle a depuis lors, du fait de sa situation géographique aux portes de la Bretagne, à moins de 400 km de Paris, et des efforts des collectivités locales, bénéficié de plusieurs implantations d’origine externe. Sur les zones industrielles équipées (route de Lorient, 145 ha ; Saint-Grégoire, 82 ha ; Chantepie, 80 ha actuellement, mais extension possible sur 250 ha) se sont installées de nombreuses entreprises rennaises, à l’étroit dans l’ancien tissu urbain, et des firmes de l’extérieur attirées par les avantages financiers dans le cadre de la décentralisation. Rennes, dotée depuis 1965 d’une raffinerie de pétrole (Antar) de 1,45 Mt de capacité actuelle, implantée dans la banlieue à Vern-sur-Seiche, a vu se développer le secteur de la bonneterie-confection (1 900 emplois en 1968, dont la Société parisienne de lingerie indémaillable, 800 emplois, et SAPITEX, 320 emplois), mais surtout celui des industries mécaniques avec la double installation de Citroën ; après l’ouverture en 1953 d’un premier établissement à La Barre-Thomas (actuellement 2 000 emplois ; fabrication de roulements à billes et de pièces de caoutchouc), cette société construisait en 1961, à La Janais, une usine de montage de voitures (« Ami », « Dyane », « GS ») employant 11 500 personnes, essentiellement des ruraux recrutés dans un rayon de 80 km. Désormais, la ville espère voir se développer les industries de pointe, électronique et chimie, en relation avec les centres de recherche. Le mouvement est amorcé avec l’établissement de la C. G. C. T. (Compagnie générale de constructions téléphoniques, 1 500 emplois prévus), de la société S. G. S.-France (350 emplois) et les projets d’ouverture par Rhône-Poulenc d’un laboratoire de recherche (500 cadres et techniciens).


La structure urbaine

Pour absorber l’afflux de population jeune, pour intégrer les nouvelles usines et les nouveaux complexes universitaires, la vieille cité s’agrandit. Dans le centre, près des quartiers bourgeois reconstruits selon un plan en damier après l’incendie de 1720, on essaie de sauvegarder quelques maisons typiques du Vieux Rennes (rues du Chapitre, de la Psallette et Saint-Sauveur, rue Saint-Georges). Mais ailleurs, les taudis ont disparu dans les îlots de rénovation du Bourg-l’Évêque - rue de Brest, où des unités d’habitations modernes remplacent les maisons vétustés, et du Colombier - rue de Nantes, qui doit constituer le nouveau centre tertiaire de la cité (40 000 m2 de bureaux ; ensemble commercial de 80 000 m2). À la périphérie naissent les grands ensembles (Maurepas au nord-est : 4 000 logements, mais une extension envisagée dans le cadre de la Z. A. C. Patton ; Z. U. P. de Villejean-Malifeu au nord-ouest, 6 000 logements ; Z. U. P. - Sud du Blosne, 1 200 logements ; des efforts y ont été faits pour assurer des ensembles d’habitation cohérents, à l’écart de la circulation des voitures, et une continuité d’espaces verts) et dans les bourgs du district urbain se multiplient les lotissements de pavillons individuels. Dans le même temps la ville se ceinture de rocades qui bientôt décongestionneront les grands axes du centre.