Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

asepsie et antisepsie (suite)

Les grands noms de l’asepsie et de l’antisepsie


Joseph Lister,

chirurgien anglais (Upton, Essex, 1827 - Walmer, Kent, 1912). Il enseigna à Glasgow, puis à Édimbourg et à Londres, et montra le pouvoir bactéricide de certains produits chimiques en chirurgie, créant ainsi la méthode antiseptique.


Just Lucas-Championnière,

chirurgien français (Saint-Léonard, Oise, 1843-Paris 1913). Il rendit visite à Lister à Édimbourg (1869) et introduisit en France la méthode antiseptique ; il recommanda les antiseptiques faibles.


Louis Félix Terrier,

chirurgien français (Paris 1837 - id. 1908). Successivement vétérinaire, docteur en médecine, chirurgien des hôpitaux de Paris et professeur de clinique chirurgicale, il fut l’apôtre de la méthode aseptique et introduisit en chirurgie la stérilisation du matériel opératoire à l’autoclave.

 E. W. Perkins, Aseptic Technique for Operating Room Personnel (Philadelphie et Londres, 1964). / K. H. Wallhäusser et H. Schmidt, Sterilisation, Desinfektion, Konservierung, Chemotherapie. Verfahren, Wirkstoffe, Prüfungsmethoden (Stuttgart, 1967).

Asie

Une des cinq parties du monde.


• L’Asie est le plus grand des continents. Couvrant 44 millions de kilomètres carrés, elle s’étire sur 75° de latitude et 164° de longitude. Les limites sont nettes au nord (océan Arctique), à l’est (océan Pacifique) et au sud (océan Indien). À l’ouest, la limite symbolisée par l’Oural et la Caspienne est plus conventionnelle que géographique (l’Europe est en fait une péninsule de l’Asie) ; la limite avec l’Afrique (mer Rouge) est bien artificielle aussi.

Trois grands domaines climatiques s’individualisent. La Sibérie possède un climat continental, avec des hivers très froids et longs ; les étés sont courts, mais assez chauds. Les amplitudes sont énormes : les températures à Verkhoïansk ont oscillé entre – 69 °C et + 32 °C. Les précipitations réduites sont surtout estivales. La distribution de la végétation est zonale, et, du nord au sud, se succèdent la toundra, au sous-sol gelé en permanence, la taïga, immense forêt de conifères, la steppe de graminacées sur les riches sols noirs du tchernoziom.

L’Asie centrale soviétique et chinoise a des climats arides, à fortes variations thermiques. L’amplitude annuelle peut atteindre 90 °C (de – 50 °C en hiver à + 40 °C en été) au Kazakhstan, où la faiblesse des précipitations explique la présence d’une steppe très ouverte ou même du désert. Dans le Xinjiang (Sin-kiang), la Dzoungarie reçoit moins de 100 mm de pluie par an, le centre de la cuvette du Tarim est occupé par le désert de Takla-makan. L’altitude explique les froides températures du Tibet, encore sec. Liés à la permanence des hautes pressions subtropicales, des climats désertiques chauds règnent de la péninsule d’Arabie à la basse vallée de l’Indus (Sind). Les précipitations ne dépassent qu’exceptionnellement 250 mm. Entre l’Arabie et l’Asie centrale, désertiques, la Turquie, l’Iran et la majeure partie de l’Afghānistān doivent la sécheresse de leur climat à l’aridité de l’été (l’hiver apportant quelques précipitations, surtout sur les bordures montagneuses des plateaux).

Enfin, un climat à étés chauds et humides, tropicaux, règne sur l’Asie méridionale et extrême-orientale de l’Équateur au-delà de 40° N. ; c’est la conséquence de la mousson. (V. Asie de la mousson.) La latitude retrouve son importance en hiver, expliquant des différences thermiques accusées.

• L’Asie est le plus élevé des continents, avec une altitude moyenne approchant 1 000 m, et elle possède le plus haut sommet du globe (mont Everest ou Chomolungma, 8 880 m). Mais la surface de la mer Morte est à près de 400 m au-dessous du niveau de la mer et le fond du lac Baïkal à – 1 300 m. C’est à l’est du continent, plus précisément à l’est des archipels japonais et philippins, que se localisent les plus profondes fosses sous-marines.

Le trait fondamental du relief est l’opposition entre de grandes surfaces planes formées de plaines ou de lourds plateaux (Sibérie occidentale et centrale, Asie centrale, Arabie et Deccan, Chine du Nord et du Nord-Est) peu accidentés et de hautes chaînes montagneuses allongées, au relief vigoureux, courant du Taurus à la Nouvelle-Guinée (en passant par le Zagros, l’Hindū Kūch et l’Himālaya notamment).

• L’Asie est le plus peuplé des continents ; elle représente près de 60 p. 100 de la population mondiale, c’est-à-dire près de 2,5 milliards d’êtres humains. La grande majorité de cette population appartient à l’Asie méridionale et extrême-orientale, à l’« Asie de la mousson ». Les densités dépassent 175 habitants au kilomètre carré en Inde, 160 en Chine orientale, 280 au Japon, 550 à Java ; masses purement rurales ou presque, sauf au Japon, et presque toujours en voie d’accroissement rapide. La Sibérie, l’Asie centrale soviétique et chinoise, la haute Asie (Tibet) et l’Asie du Sud-Ouest sont au contraire peu peuplées.

L’Asie a certes d’énormes potentialités économiques. L’Asie occidentale possède les plus grandes réserves mondiales de pétrole ; la Sibérie est un « scandale minéralogique ». L’Asie soviétique et la Chine sont déjà de grandes puissances industrielles, et le Japon est la troisième puissance économique du monde, mais « le poids de l’Asie » est d’abord celui des masses humaines, hautement civilisées, de l’« Asie de la mousson ».

J. D.

➙ Asie de la mousson / Moyen-Orient / Articles consacrés aux différents États de l’Asie.

 L. D. Stamp, Asia, a Regional and Economic Geography (Londres, 1944 ; nouv. éd., 1957). / P. Gourou, l’Asie (Hachette, 1953). / P. Pfeffer, l’Asie (Hachette, 1970).