Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

acier (suite)

 E. C. Bain et H. W. Paxton, Alloying Elements in Steel (New York, 1939 ; 2e éd. 1961 ; trad. fr. Éléments d’addition dans l’acier, Dunod, 1968). / J. P. Gill, G. A. Roberts, H. G. Johnstin et B. George, Tool Steels (Cleveland, 1944 ; trad. fr. Aciers d’outillage, Dunod, 1951). / A. H. Michel, Aciers à outils (Dunod, 1950). / J. Ferry et R. Chatel, l’Acier (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1953 ; nouv. éd., 1959). / E. Houdremont, Handbuch des Sonderstahlkunde (Berlin, 1956). / L. Colombier, Métallurgie du fer (Dunod, 1957). / B. Hedde d’Entremont, les Aciers spéciaux (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1960 ; 2e éd., 1968). / L. Colombier et J. Hochmann, Aciers inoxydables, aciers réfractaires (Dunod, 1965). / Assoc. technique de la sidérurgie fr., la Fonte et l’acier (Dunod, 1970). / M. Wittmann et C. Thouvenot, la Mutation de la sidérurgie (Masson, 1972). / S. Lerat, Géographie de la métallurgie (Génin, 1975).

acné

Nom donné aux lésions cutanées dues à l’infection staphylococcique du follicule pileux atteint de séborrhée.


Le terme a été malencontreusement attribué à des dermatoses de natures et d’aspects divers, ne comportant pas toujours l’atteinte du follicule pilo-sébacé : acné cachecticorum (variété de tuberculide), acné sébacée concrète (crasse des vieillards), acné syphilitique (syphilis secondaire), acné varioliforme de Bazin (Molluscum contagiosum d’origine virale), acné atrophique de Chausit (variété de lupus érythémateux).


Acné juvénile

L’acné la plus fréquente est l’acné polymorphe vulgaire ou juvénile. Frappant les deux sexes entre 16 et 18 ans, elle s’amende vers 25 ans. Elle comporte en proportions variables un mélange de comédons, ou points noirs (acné comédonienne), de papules péripilaires (acné papuleuse), de pustules (acné pustuleuse), de folliculites fortement suppurées (acné furonculeuse), de folliculites profondes avec indurations entre chair et peau (acné tubéreuse ou nodulaire). Considérée généralement comme bénigne, mais très inesthétique, l’acné peut être la cause de répercussions psychiques importantes. Chez les jeunes filles névropathes qui « martyrisent sans cesse leurs boutons », elle laisse des cicatrices indélébiles.

Cette acné juvénile procède souvent par poussées, lesquelles sont conditionnées par des troubles digestifs, de la constipation, un dérèglement endocrinien.


Autres variétés

Différents types cliniques sont observables.

L’acné chéloïdienne est due à une tendance fibreuse excessive. Elle survient à la nuque exclusivement chez l’homme jeune, mais, chez les deux sexes, elle peut siéger à la partie antérosupérieure du thorax.

L’acné nécrotique est l’apanage des hommes de plus de 40 ans, sédentaires et trop bien nourris. Siégeant aux tempes et sur les bords du cuir chevelu, elle produit des cicatrices indélébiles.

L’acné conglobata, beaucoup plus rare, atteint les hommes jeunes. Elle est faite de volumineux comédons et de clapiers suppurés aboutissant à la formation de brides cicatricielles des plus inesthétiques.

L’acné hypertrophique (rhinophyma) s’installe lentement chez l’homme atteint de couperose entre 40 et 50 ans. Le nez, rouge ou violet, est augmenté de volume, déformé en partie ou en totalité ; il est criblé de pustules et sillonné de grosses dilatations variqueuses des veines des plus inesthétiques. Le rhinophyma prédispose en outre aux épithéliomas.

L’acné rosacée sur peau sèche est l’apanage des femmes entre 30 et 45 ans. Elle est favorisée par les repas trop rapides et la constipation ; elle procède par poussées déclenchées par les fortes chaleurs, le vent, les émotions. Elle comporte de nombreuses papules et papulo-pustules parsemant un fond d’érythrose faciale. Un réseau de fines dilatations capillaires constituant la couperose y est surajouté.

L’acné rosacée sur peau grasse est commune aux deux sexes et à tous les âges. Elle comporte des pustules vraies d’acné, essaimées sur un tégument facial congestif et séborrhéique.

L’acné neonatorum (acné du nourrisson) est rare. Elle peut persister plusieurs mois. Elle semble devoir rentrer dans le cadre de manifestations endocriniennes précoces, dissociées et transitoires.


Acnés médicamenteuses

Les iodures peuvent provoquer de l’acné. Les bromures sont plus rarement en cause. L’A. C. T. H. et la cortisone déterminent des kératoses folliculaires réversibles. L’huile de cade en applications répétées peut causer l’apparition soudaine de nappes acnéiformes.


Acnés professionnelles

L’acné chlorique est produite par les vapeurs de chlore à l’état naissant et caractérisée par le volume de ses comédons. Le trichloronaphtalène provoque des acnés très comédoniennes et prurigineuses. L’acné du brai siège aux épaules. L’acné des huiles minérales (bouton d’huile) atteint les ouvriers métallurgistes. Elle est faite d’un mélange de comédons et d’éléments furonculeux des mains, des bras et des cuisses. On peut en rapprocher l’acné dite « des brillantines » ou provoquée par d’autres produits de beauté contenant des résidus anthracéniques.


Traitement

Le traitement général vise à pallier les fermentations intestinales (restriction du pain frais et des féculents) et à les neutraliser (charbon, ferments lactiques, benzonaphtol). L’instabilité vagosympathique, de règle dans l’acné rosacée, justifie les sédatifs et les régulateurs neurovégétatifs. L’acné furonculeuse est améliorée par les vaccins antistaphylococciques. L’hormonothérapie exige l’avis d’un endocrinologiste. Les sulfamides et les antibiotiques peuvent être prescrits à court terme en vue d’un blanchiment rapide, mais passager.

Le traitement local de l’acné juvénile consiste en applications alternées de soufre et d’alcool iodé, et en expositions solaires. L’actinothérapie (ultraviolets) a une action effective, mais de courte durée.

Les formes congestives et irritables, l’acné rosacée sur peau sèche ne tolèrent que des pulvérisations et des compresses d’eau ichtyolée. L’acné chéloïdienne de la nuque nécessite des épilations répétées à la pince. Les méthodes exfoliatrices délicates (peeling) sont à réserver aux acnés à petits éléments sur peau grasse. Les acnés indurées sont améliorées par la douche filiforme. La cryothérapie (neige carbonique, ou neige soufrée ou iodée) est bénéfique pour les acnés avec couperose, ainsi que pour l’acné chéloïdienne.

A. C.

 A. M. Marchetti, l’Acné, syndrome endocrinien (thèse, Paris, 1959).