Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

Ascomycètes (suite)

Classification des Euascomycètes

Pratiquement, l’organogénie de beaucoup d’Ascomycètes est encore imparfaitement connue, et les coupures systématiques proposées restent sujettes à révision. La plupart des auteurs s’accordent toutefois à reconnaître cinq groupes fondamentaux.

Les Plectomycètes sont caractérisés par leurs ascocarpes complètement clos, où les asques sont répartis irrégulièrement. À l’ordre des Eurotiales appartiennent les moisissures les plus connues, surtout sous leur forme conidienne (Penicillium, Aspergillus), et largement exploitées pour leurs propriétés antibiotiques* ou leur pouvoir fermentaire. On y rencontre également les Dermatophytes, agents de teignes ou de mycoses superficielles. Les Erysiphales sont des parasites obligatoires de végétaux, responsables des « blancs », ou oïdiums (Uncinula necator, agent de l’oïdium de la Vigne).

Les Loculoascomycètes sont répartis en plusieurs ordres selon la disposition des asques, isolés ou groupés dans les locules d’un stroma, et le développement plus ou moins important des tissus stromatiques ; chez les Pléosporales, le stroma fertile, réduit à une mince enveloppe, délimite un conceptacle qui ressemble à un véritable périthèce. À ce groupe appartiennent des parasites des plantes cultivées : les Venturia (agents de tavelures des arbres fruitiers), les Leptosphæria et Ophiobolus (piétins des céréales), Guignardia Bidwelli (black-rot de la Vigne), les Mycosphærella, etc.

Les Pyrénomycètes proprement dits, ascohyméniaux, comportent des espèces à périthèces charnus, de couleur claire (Nectria, agents des chancres des arbres fruitiers ; Hypomyces, parasites de Basidiomycètes), ou minces et foncés : Sordaricées coprophiles, Chatomium saprophytes sur des substrats cellulosiques. Chez les Xylariales, les périthèces sont enfoncés dans des stromas globuleux ou dressés. Ces stromas sont charnus chez les Clavicipitales, représentées par Epichlœ typhina, parasite des Graminacées, Claviceps purpurea, ou ergot du Seigle, les Cordyceps, parasites d’insectes.

Les Discomycètes ont un appareil fructifère (apothécie) largement ouvert, tapissé par une palissade régulière d’asques et de paraphyses. Les Hélotiales comportent des espèces de petite taille, saprophytes ou parasites (genre Sclerotinia). Aux Pezizales appartiennent des Champignons charnus, souvent de grande taille, dont quelques-uns sont d’excellents comestibles ; les Pezizes ont une forme de coupe plus ou moins régulière, sessile ou pédicellée ; chez les Helvelles et surtout les Morilles, l’hyménium fertile s’accroît considérablement et constitue un chapeau plissé et contourné. Aux Discomycètes sont rattachées les Tubérales (Truffes), dont la structure est profondément modifiée par l’habitat souterrain.

Les Laboulbéniomycètes, de position systématique incertaine, ont un appareil végétatif très réduit, et leur mode de reproduction rappelle celui des Algues rouges. Ils vivent en parasites sur les téguments d’insectes terrestres ou aquatiques.

J. N.

 L. R. et C. Tulasne, Selecta fungorum carpologia, t. II (Klincksieck, 1863). / J. A. Nannfeldt, Studien über die Morphologie und Systematic der nichtlichenisierten inoperculaten Discomyceten (Uppsala, 1932). / G. S. Luttrell, Taxonomy of the Pyrenomycete (Columbia, Missouri, 1951). / J. A. von Arx et E. Müller, Die Gattungen der Amerosporen Pyrenomyceten (Berne, 1954) ; Die Gattungen der didymosporen Pyrenomyceten (Berne, 1962). / M. Chadefaud et L. Emberger, Traité de botanique, t. I : les Végétaux non vasculaires (Masson, 1960). / R. W. G. Dennis, British Ascomycetes (Stuttgart, 1968).

asepsie et antisepsie

Moyens de lutte contre l’infection opératoire.



Historique

C’est en 1867 que paraît le premier mémoire du chirurgien J. Lister d’Edimbourg sur la méthode antiseptique. Dérivant des découvertes de Pasteur sur les Bactéries, cette méthode vise à tuer les germes infectieux à l’aide de produits chimiques ; celui que préconisait Lister était l’eau phéniquée. Bientôt, Lucas-Championnière introduit en France la méthode antiseptique de Lister.

Félix Terrier se fait initier par Émile Roux, élève de Pasteur, aux méthodes bactériologiques. Il comprend qu’essayer de détruire in situ les germes ne suffit pas et qu’il est nécessaire d’utiliser des instruments non souillés, dépourvus de tout germe par une stérilisation préalable : « Il faut, dit-il, faire pénétrer l’esprit bactériologique dans les salles d’opérations. » En 1889, il peut faire installer dans son service de l’hôpital Bichat le premier autoclave chirurgical. L’asepsie est née, et la chirurgie moderne avec elle. Édouard Quénu préconise le port de gants de caoutchouc stérilisés pour pratiquer les opérations.

Toutes ces innovations ne furent pas acceptées facilement — il suffit de consulter les bulletins de la Société de chirurgie de l’époque pour voir quelles discussions passionnées elles suscitèrent ; elles s’imposèrent néanmoins rapidement.


L’antisepsie

Première en date des méthodes de lutte contre les germes en chirurgie, l’antisepsie utilise des produits chimiques. Ce furent d’abord des antiseptiques* forts : acide phénique, sublimé, iode, utilisés en application locale. Mais l’expérience montra qu’ils obtenaient rarement la stérilisation des plaies, et cela pour de nombreuses raisons : l’antiseptique agit en surface, alors que la pullulation microbienne envahit l’épaisseur des tissus ; son pouvoir bactéricide disparaît plus ou moins au contact des sécrétions de la plaie (pus, action des enzymes) ; enfin et surtout, l’antiseptique irrite et altère les cellules, les leucocytes en particulier, perturbant ainsi le processus de défense locale qu’il est censé aider.

Aussi emploie-t-on les antiseptiques faibles, moins nocifs. Le chlore, à doses faibles, est le meilleur d’entre eux : on l’utilise sous la forme de solution de Dakin (solution d’hypochlorite de sodium neutralisée).

D’autres méthodes ont été recommandées : la vaccination* locale, la bactériothérapie (le bactériophage d’Hérelle, virus filtrant, parasite des microbes), enfin les sulfamides* et surtout les antibiotiques*.