Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
R

rein (suite)

• Signes cliniques
Les douleurs, présentes dans 90 p. 100 des cas, sont de type variable : lombalgies, douleurs abdominales ou pelviennes, mais surtout colique néphrétique. Traduction d’une rétention aiguë provoquée par le blocage de l’uretère par un calcul, la colique néphrétique est une douleur paroxystique, intense, de siège lombo-abdominal avec irradiation descendante vers les organes génitaux.

Évoquent aussi une lithiase les hématuries provoquées (par les trépidations), les poussées de pyélonéphrite aiguë (douleurs lombaires, fièvre et pyurie isolée), un gros rein en rétention.

Mais il est des lithiases cliniquement latentes, dont certaines, bilatérales, se révèlent soit par une anurie, soit par une insuffisance rénale chronique.

• Étude radiologique
Urographie intraveineuse. Elle permet le diagnostic de la lithiase et parfois de sa cause s’il s’agit d’un obstacle sur les voies excrétrices.

Un calcul opaque est visible sur le cliché sans préparation ; il s’incorpore sous toutes les incidences avec la voie excrétrice opacifiée. Un calcul transparent apparaît comme une lacune sur l’image de la voie excrétrice.

Il importe d’apprécier le retentissement radiologique du calcul sur les voies excrétrices d’amont et sur la fonction rénale.

• Cystographie rétrograde. Elle recherche un reflux vésico-rénal.

• Étude biochimique
Les fonctions rénales globales seront jugées sur le bilan biologique.

Il importe ensuite de vérifier s’il existe une infection urinaire (car elle aggrave l’atteinte rénale) et de pratiquer l’antibiogramme des germes en cause (entérocoques, protéus, staphylocoques, pyocyanique, etc.), en sachant qu’il est très difficile d’obtenir la stérilité durable des urines tant que la lithiase est en place.

L’enquête étiologique s’appuie sur l’urographie intraveineuse à la recherche d’une cause locale et sur le bilan biologique à la recherche d’une cause métabolique (hyperuricémie, hypercalcémie, hyperparathyroïdie, cystinurie, etc.).

• Traitement curatif de la lithiase
Le traitement médical. Il concerne :
— les calculs d’acide urique (radio-transparent), solubles dans les urines à pH alcalin et pour lesquels on emploie l’eau de Vichy, les alcalinisants, les hypo-uricémiants ;
— les calculs cystiniques, qui peuvent fondre sous pénicillamine ;
— les autres calculs s’ils sont petits, pour lesquels on utilise les antispasmodiques, la cure de diurèse, les antibiotiques de prévention ou de lutte contre l’infection.

• Le traitement chirurgical. Il s’adresse aux autres cas :
— lithiases mal tolérées par le rein ou par le malade ;
— lithiases inaccessibles au traitement médical (calculs calciques [radioopaques] et trop gros pour être spontanément évacués par la vessie).
— lithiases ayant résisté au traitement médical si elles sont mal tolérées.

L’ablation des calculs peut s’imposer d’urgence en cas de rétention infectée en amont ou en cas d’anurie. On pratique une pyélonéphrotomie, (ouverture du bassinet), une urétérotomie (ouverture de l’uretère) ou, pour les calculs polaires du rein incrustés dans les calices, une néphrectomie partielle. Enfin, lorsque l’altération rénale ne laisse pas de chances de récupération, on fait une néphrectomie totale.

• Le traitement endoscopique. Le drainage des urines en rétention par sonde urétérale à demeure peut soulager une crise de colique néphrétique subintrante et régler temporairement le problème posé par une anurie. S’il n’est pas suivi de l’élimination du calcul, c’est un palliatif qui ne dispense pas de l’ablation chirurgicale.

De même, on peut tenter d’extraire avec une sonde piège certains petits calculs mal tolérés de l’uretère terminal, en sachant que l’échec de la tentative conduit à l’ablation chirurgicale.

• Traitement préventif de la lithiase
L’efficacité des régimes alimentaires reste à prouver ; les cures de diurèse et la désinfection urinaire sont, au contraire, des armes efficaces contre les récidives.

Mais l’essentiel est, évidemment, de supprimer la cause lithogène si elle a pu être décelée : ablation d’un adénome parathyroïdien, correction d’une hyperuricémie, stérilisation des urines, ablation d’un obstacle sur la voie excrétrice, correction d’un reflux vésico-rénal.

Les méthodes d’épuration extrarénale (E. E. R.)

Destinées à suppléer à la fonction rénale défaillante, les méthodes d’E. E. R. ne sont, évidemment, que palliatives. Elles peuvent être utilisées soit temporairement (jusqu’à la reprise de la diurèse dans les I. R. A. ou avant transplantation rénale), soit définitivement dans les I. R. C. L’E. E. R. s’appuie sur les propriétés des membranes semi-perméables, qui permettent le passage, dans les deux sens, des molécules de faible volume (en particulier l’eau, les électrolytes, l’urée). Si l’on met en contact, à travers une membrane semi-perméable, le sang et un liquide approprié, un équilibre s’établit entre les deux compartiments, et l’on obtient non seulement l’élimination des déchets azotés, mais encore, en jouant sur la composition du liquide, une rééquilibration électrolytique et un contrôle de l’hydratation.

La dialyse péritonéale utilise comme membrane semi-perméable la séreuse péritonéale. La méthode consiste à introduire par un cathéter dans la grande cavité péritonéale le liquide de dialyse, qui est laissé en place le temps nécessaire à l’établissement d’un équilibre avec le sang (deux heures environ). Ce liquide de dialyse est alors retiré et remplacé par un soluté neuf. La dialyse péritonéale dure de vingt-quatre à trente-six heures. Elle est un moyen efficace d’E. E. R., mais elle ne peut être utilisée que temporairement. Elle sera donc employée essentiellement dans l’I. R. A.