Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
R

Reconquista (la) (suite)

La reconquête de la péninsule Ibérique sur les musulmans a été une des plus grandes réussites de l’expansion chrétienne au Moyen Âge. Mais la lutte contre l’islām a empêché l’Espagne de suivre la courbe évolutive de l’Europe médiévale. L’Espagne aborde les Temps modernes avec une société dont la mentalité « vieux chrétien » ne favorisera pas les progrès de son économie. Mais surtout l’Espagne médiévale n’a pas d’unité : l’unité péninsulaire réalisée par les Rois Catholiques, puis par Philippe II sera précaire et se brisera dès 1640, tandis que renaîtront sans cesse, au cours des âges, les particularismes régionaux dus au fractionnement politique de l’Espagne reconquérante.

Ch. de J.

➙ ‘Abd al-Raḥman III / Almohades / Almoravides / Alphonse VI / Andalousie / Aragon / Asturies / Barcelone / Basques (provinces) / Castille / Catalogne / Cid (le) / Cordoue / Espagne / Ferdinand II le Catholique / Grenade / Isabelle Ire la Catholique / León / Marīnides / Navarre / Portugal / Taifas (royaume des).

 E. Herrera Oria, Historia de la Reconquista de España (Madrid, 1943). / J. de la Concha Martinez, « La presura ». La ocupación de tierras en los primeros siglos de la Reconquista (Madrid, 1946). / A. Huici Miranda, Las grandes batallas de la Reconquista durante las invasiones africanas (Madrid 1956).

rectification

Procédé d’usinage de finition de pièces métalliques, qui peuvent être de grande dureté (même trempées), à l’aide d’une meule en matière abrasive agglomérée, aux faces soigneusement dressées, fixée sur la broche d’une machine-outil de précision, dont les mouvements relatifs de coupe et d’avance s’effectuent avec une très grande exactitude. (L’enlèvement de matière se fait uniquement par abrasion en raison de la grande vitesse de rotation de la meule, contre laquelle la surface de la pièce à travailler est amenée.)


La rectification, qui, autrefois, était essentiellement une opération de finition, se substitue dans certains cas aux opérations d’usinage sur tour, sur étau-limeur, sur raboteuse ou sur fraiseuse. En plus de la finition de pièces mécaniques après traitements thermiques (trempe et revenu, ou cémentation et trempe), pièces qu’il serait difficile sinon impossible d’attaquer avec des outils classiques, la rectification s’impose, d’une part, pour travailler les matériaux très durs, pour lesquels seul l’emploi de la meule permet d’enlever la matière en excès afin d’amener la pièce aux cotes définitives, d’autre part chaque fois qu’il s’agit d’observer d’étroites tolérances (de 0,01 à 0,001 mm) ou d’obtenir de bons états de surfaces. Actuellement, les machines à rectifier, ou rectifieuses, permettent de réaliser en série des usinages compliqués avec une automaticité presque complète et de confier à des ouvriers non professionnels des travaux qui, naguère, exigeaient une main-d’œuvre hautement qualifiée.


Méthodes de rectification

Dans tous les cas, la meule tourne à grande vitesse autour de son axe, et la génération de la surface à rectifier est obtenue par des mouvements conjugués de la pièce et de la meule.


Rectification de surfaces planes

Cette méthode est essentiellement utilisée pour le dressage de surfaces, c’est-à-dire l’usinage de surfaces parfaitement planes avec un bon état de surface. Le travail peut se faire en bout, en utilisant la face plane de la meule et en donnant à la table supportant la pièce soit un mouvement rectiligne alternatif, soit un mouvement circulaire. C’est la rectification plane frontale. La plupart du temps, le travail se fait tangentiellement en utilisant la face cylindrique de la meule, la table qui supporte la pièce étant animée soit d’un mouvement rectiligne alternatif, soit d’un mouvement circulaire. C’est la rectification plane tangentielle. Dans les deux cas, la meule et la pièce sont également animées d’un mouvement transversal lent l’une par rapport à l’autre, afin que l’enlèvement de matière se fasse progressivement sur toute la surface à usiner. La fixation de la pièce sur la table de la machine se fait généralement à l’aide d’un plateau magnétique.


Rectification de surfaces de révolution extérieures

Deux procédés sont utilisés : la méthode entre pointes et le procédé « centerless ».

• Méthodes entre pointes. Cette méthode, qui est la plus simple, s’applique à toutes les pièces de révolution et permet d’entreprendre ou de reprendre la plupart des opérations d’usinage extérieur que l’on peut faire sur un tour.

Une pièce cylindrique de révolution, destinée à être rectifiée, reçoit préalablement, à chacune de ses extrémités, une entaille conique, ou centre, dont l’axe est rigoureusement confondu avec l’axe du cylindre à usiner. Puis elle est fixée sur la rectifieuse entre pointe et contre-pointe (comme sur un tour) et mise en rotation à vitesse réduite (quelques tours par minute) à l’aide d’un système d’entraînement additionnel (par exemple toc et pousse-toc). La meule, qui tourne à très grande vitesse et dont l’axe est rigoureusement parallèle à celui de la pièce, est amenée tangentiellement contre la pièce, les vitesses périphériques étant orientées en sens inverse. De plus, un mouvement de translation alternatif, parallèle à l’axe de la meule, est donné soit à la pièce, soit à la meule, pour que celle-ci puisse attaquer la pièce sur toute sa longueur. Le mouvement résultant entre la pièce et la meule est appelé mouvement louvoyant. Après chaque déplacement longitudinal, la meule reçoit un mouvement d’avance en profondeur (profondeur de coupe), de manière à réaliser par passes successives la cote demandée et obtenir ainsi une pièce parfaitement cylindrique et de révolution, et de diamètre donné.

Lorsque la pièce est un solide de révolution de profil quelconque, la rectification se fait en plongée. La meule est alors dressée de telle manière que son profil corresponde exactement à celui de la pièce à rectifier. Seule la meule avance contre la pièce, le mouvement longitudinal étant alors complètement supprimé.