Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
R

réception (suite)

En 1903, Gustave Ferrié* présenta son détecteur électrolytique, dont le succès devait être considérable jusqu’à l’éclosion des tubes électroniques. En effet, alors qu’une puissance d’antenne de 0,1 μW était nécessaire pour que le cohéreur réagisse, le détecteur Ferrié ne nécessitait qu’une puissance de 7 nW. Il était constitué par un petit vase cylindrique dans lequel plongeaient deux électrodes. L’anode était un mince fil (10 μ) de platine affleurant l’extrémité d’un petit tube de verre où il était maintenu par du mercure, lequel assurait la connexion extérieure par l’autre extrémité du tube. La cathode était constituée par une lame de plomb. Enfin, l’électrolyte était une solution acide ou alcaline à 10 p. 100. Le circuit d’utilisation était très simple. Les signaux d’antenne attaquaient un montage constitué par le détecteur, une petite pile et un écouteur téléphonique associés en série. À chaque train d’ondes, l’anode se dépolarisait plus vite que la cathode (surfaces très différentes), et la compensation était obtenue en réglant le courant de la pile.

Bien que le détecteur Ferrié eût été largement utilisé (il était même commercialisé dans les boutiques de jouets scientifiques), son intérêt diminua progressivement devant l’apparition, au début du xxe s., des premiers tubes électroniques. En novembre 1904, sir John Ambrose Fleming (1849-1945) déposa son premier brevet concernant sa valve, dénommée diode par la suite. Cette valve avait une conductibilité unilatérale absolue, jouant le rôle de redresseur, donc de détecteur. Peu de temps après, l’ingénieur américain Lee De Forest (1873-1961) déposa (janv. 1907) ses premiers brevets concernant un tube triode, analogue, en principe, à la diode de Fleming, mais comportant en plus une grille de commande intercalée entre le filament (cathode) et la plaque (anode). Le détecteur-amplificateur était né. Depuis cette époque, les tubes électroniques présentèrent d’énormes progrès, non seulement du fait de leurs caractéristiques spécialisées, mais aussi de leur sensibilité constamment accrue. Les montages de base étaient dits « à amplification directe ». Les signaux captés par l’antenne étaient détectés, puis amplifiés et excitaient un haut-parleur. Ce système donnait d’assez bons résultats ; cependant, il dépendait non seulement de la fiabilité des divers composants, mais aussi d’un système d’accord aussi bon que possible. En fait, il était indispensable que le circuit d’accord soit en résonance avec le même circuit à l’émission. Pour y parvenir, on utilisait le plus souvent des condensateurs variables, mais, malgré l’utilisation croissante de composants à faibles pertes, la sélectivité des circuits restait médiocre. L’adjonction d’un étage haute fréquence apporta une amélioration, malheureusement insuffisante.

La solution fut l’adoption du montage superhétérodyne, dans lequel le récepteur comprend un oscillateur local dont les signaux sont mélangés avec ceux qui proviennent de l’antenne. Les deux fréquences étant légèrement différentes, il en résulte une fréquence de battement dite fréquence intermédiaire, laquelle, est amplifiée, puis détectée et finalement amplifiée sous forme de fréquence audible.

Une nouvelle ère de l’électronique se fit jour avec l’apparition du transistor vers 1950, lequel devait remplacer progressivement la plupart des tubes électroniques, notamment dans les récepteurs portatifs. De même, la réalisation des câblages fut grandement facilitée par la technique des circuits imprimés, groupés par photogravure sur une petite plaquette isolante. Enfin, la technique la plus récente est celle des circuits intégrés, véritable triomphe de l’électronique, qui permet de loger un amplificateur complet dans un volume de l’ordre de 1 mm3.

H. P.

➙ Circuit imprimé / Circuit intégré / Radiotechnique / Semi-conducteur / Télévision / Tube électronique.

 A. Berget, la Télégraphie sans fil (Hachette, 1914). / É. Branly, la Télégraphie sans fil (Payot, 1922 ; nouv. éd., 1925). / E. Aisberg, Manuel technique de la radio (Éd. Radio, 1937 ; nouv. éd., 1941). / G. Fontaine, Diodes et transistors (Dunod, 1961).

recherche

Ensemble des moyens mis en œuvre pour étendre le champ des connaissances scientifiques.


Comme le terme de recherche recouvre diverses réalités, on a souvent fait remarquer qu’il serait plus exact de parler de recherches, scientifique ou utilitaire, libre ou orientée, publique ou privée, civile ou militaire, etc. L’analyse des buts visés ou assignés a conduit à distinguer plus systématiquement trois grandes catégories de recherches : recherche fondamentale, recherche appliquée et recherche de développement. (Ces distinctions apparaissent bien à travers les définitions données en France par la Délégation générale à la recherche scientifique et technique [D. G. H. S. T.].)

La recherche consiste à mener des travaux systématiques pour reculer les limites de la connaissance, sans avoir en vue une application pratique spécifique (recherche fondamentale ou scientifique) ou en ayant en vue une amplification pratique (recherche appliquée), la recherche de développement s’attachant à une utilisation systématique de résultats de la recherche appliquée et de connaissances empiriques pour mettre en usage de nouveaux matériaux, dispositifs, produits, systèmes et processus en vue d’améliorer ceux qui existent déjà (prototype, unité pilote, etc.).


La recherche fondamentale

Des discussions, voire des controverses, se sont élevées au sujet du rôle de la recherche fondamentale dans les sociétés contemporaines : les gouvernements et l’opinion publique se demandent de plus en plus si la recherche, fondamentale doit être poursuivie pour ses propres fins, en fonction de l’intérêt propre des problèmes qu’elle soulève. Ce qui est souhaité, c’est que le progrès des techniques obtenu grâce à la recherche fondamentale serve réellement (par exemple à l’amélioration de la qualité de l’existence). La science, par les voies nouvelles qu’elle ouvre à la technique et à l’industrie, doit devenir de plus en plus un moyen de parvenir à certaines fins non scientifiques, non seulement, par exemple, à la mise au point d’armements modernes, mais aussi et surtout à l’amélioration de la vie quotidienne des individus. De libre, c’est-à-dire d’activité intellectuelle exercée en vue de sonder l’inconnu sans objectifs pratiques déterminés, la recherche fondamentale doit, dans cette optique, passer à la recherche orientée, c’est-à-dire viser des connaissances nouvelles exigées par des fins pratiques et contribuer ainsi au progrès général. Dans ce cas, la recherche est déterminée par des demandes ou des incitations reçues de l’extérieur : le travail exécuté répond à un thème donné, qui peut être abordé de façon différente et par des moyens différents par de multiples équipes de recherche. Ce type de recherche orientée, souvent très proche de la recherche appliquée (en France, certaines recherches sous contrat), atteint particulièrement des secteurs de pointe comme l’électronique, l’espace, la défense nationale ou encore, plus récemment, les sciences humaines.