Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
R

radiologie (suite)

La brillance des images radioscopiques est faible et nécessite une adaptation assez longue à l’obscurité. L’amplificateur de brillance est un convertisseur d’image électronique adapté à un écran radioscopique. Outre l’augmentation de luminance en radioscopie, il permet l’utilisation d’une télévision en circuit fermé, le radiocinéma, les enregistrements magnétiques. Les examens radiologiques se pratiquent dès lors en salle normalement éclairée. En outre, l’intensité employée est très diminuée, ce qui facilite la protection du sujet et de l’opérateur contre les rayons X.

Cela amène à évoquer le danger des radiations, qui peuvent provoquer, en cas de surdosage, des lésions cutanées allant de la radiodermite à la radionécrose, des troubles sanguins, anémies et leucopénies. Ces atteintes ne concernent pas le sujet soumis au radiodiagnostic. Par contre, l’opérateur risque d’être touché sévèrement s’il ne s’astreint pas à une discipline de protection constante. En radiothérapie, l’utilisation des filtres, la détermination des doses et l’étude de la courbe des isodoses permettent l’application des traitements efficaces en respectant suffisamment le revêtement cutané et la formule sanguine. Ce danger des radiations, la nécessité de s’en protéger doivent être étudiés non seulement en fonction du rayonnement direct, c’est-à-dire du rayonnement transmis à travers un corps, mais aussi en fonction du rayonnement secondaire. Le rayonnement transmis est le rayonnement utile : il est sorti du tube émetteur par une fenêtre étroite, il est facile de le contrôler et de s’en protéger. Nous savons qu’un verre de plomb arrête le faisceau de rayons X et laisse passer les rayons lumineux émis par l’écran fluorescent. Par contre, le rayonnement secondaire pose des problèmes de protection plus complexes : il est produit lors de la traversée d’un corps par un faisceau de rayons X ; l’absorption se fait par diffusion (ou dispersion) sans changement de longueur d’onde, par diffusion avec changement de longueur d’onde (effet Compton) et production d’un électron de recul, la radiation modifiée pouvant être émise dans n’importe quelle direction. Enfin, l’absorption se fait par effet photoélectrique avec projection d’électrons en dehors du corps irradié. Ce rayonnement secondaire est, en fin de compte, émis dans toutes les directions, et ces radiations sont particulièrement dangereuses pour les radiologistes et leurs aides, tant en diagnostic qu’en radiothérapie. L’usage de vêtements, de gants et de lunettes plombés et surtout l’utilisation de matériels modernes télécommandés à partir d’une pièce distincte de celle où se trouve le patient, en radiodiagnostic et en radiothérapie, permettent d’éviter l’effet dangereux de ces radiations.

Les règlements de radioprotection ont été fixés en France par le décret du 15 mars 1967, qui donne les équivalents de dose maximaux pour les personnes affectées à des travaux sous rayonnements ; pour une année, ils varient, suivant les organes et les parties du corps, de 15 à 60 rems. L’épaisseur des parois protectrices en plomb, en béton et en béton au baryum est calculée en fonction de l’énergie du rayonnement direct ou du rayonnement diffusé.

Malgré ces dangers, contre lesquels il faut se prémunir, mais qui ont été fortement exagérés, la radiologie constitue l’une des plus grandes et des plus efficaces découvertes des temps modernes.

E. W.

➙ Radiations / Radiodiagnostic / Rayonnement radioactif / Röntgen (Wilhelm Conrad).

 A. Nègre et F. Rouquet, Précis de technique radiologique (Doin, 1956). / S. B. Dewing, Modern Radiology in Historical Perspective (Springfield, Illinois, 1962). / L. F. Squire, Fundamentals of Roentgenology (Cambridge, Mass., 1964). / V. Bismuth et A. Laugier (sous la dir. de), Anatomie radiologique pour le concours de l’internat (Maloine, 1968). / P. Pizon, la Radiologie en France, 1894-1904 (E. S. F., 1970).

radiosensibilité

Sensibilité des organismes à l’impact des rayonnements de longueur d’onde plus petite que celles de la lumière.


Les explosions atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, puis les explosions atomiques expérimentales poursuivies par les grandes puissances ont été à l’origine de tout un ensemble de travaux relatifs aux effets létaux, ou simplement nuisibles aux êtres vivants, de la libération de l’énergie nucléaire* (v. bombe atomique). Si l’on écarte d’une part l’effet brutal de l’onde de choc et de la chaleur dégagée, d’autre part la concentration de résidus radioactifs dangereux (strontium 90) le long des chaînes alimentaires, il reste un vaste domaine d’étude, celui des effets directs des rayons dits « ionisants » atteignant la surface du corps d’un animal ou d’une plante et y pénétrant.

L’énergie incidente est exprimée en röntgens par jour (R/j) ou parfois en électrons-volts. Certains auteurs admettent un effet cumulatif à long terme de l’énergie absorbée et expriment leurs résultats en röntgens sans précision de durée.

La dose létale pour les diverses espèces végétales et animales est des plus inégales : Pin, de 20 à 30 R/j ; autres arbres, 60 R/j ; Homme, 600 R ; Lapin, 800 R ; Tortue, 1 500 R ; Poisson, 1 800 R ; Oiseaux et Triton, 3 000 R ; Gastropodes, 1 200 R ; Insectes, de 40 000 à 60 000 R ; Scorpion 75 000 R. Les graines présentent une très haute résistance. Divers également sont les moyens qui ont permis d’augmenter la résistance des animaux aux radiations.

• Les agents physiques. Des Souris exposées plusieurs jours à un champ magnétique intense (5 900 Œ) supportent mieux l’irradiation que les témoins (baisse de mortalité de 23-30 p. 100).

• Les agents chimiques. Ils sont très nombreux. Citons le gel d’amino-éthyle et de thio-urée (Souris), l’association bleu de méthylène + dinitrophénol + aminothiazol (Rat), l’imidazole (Souris), l’hyposulfite de sodium (Souris), le T. A. B. (Chien), le para-aminopropiophénone associé à l’A. P. M. T. (Singes), etc. Certaines de ces substances, administrées à des Bactéries avant irradiation, ont nettement diminué leur taux de mutation provoquée. D’autres semblent inhiber la synthèse des protéines et favoriser la glycolyse, mais la diversité de ces agents exclut toute explication d’ensemble.