Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
R

radiations (suite)

Quelques grands spécialistes des radiations


Charles Glover Barkla,

physicien anglais (Widnes, Lancashire, 1877 - Édimbourg 1944). Il étudia la propagation des ondes radioélectriques, puis réalisa la polarisation et détermina le pouvoir pénétrant des rayons X. Prix Nobel de physique en 1917.


Ernest Fox Nichols,

physicien américain (Leavenworth, Kansas, 1869 - Washington 1924). On lui doit, en 1901, la première mesure de la pression de radiation ; en 1923, avec J. D. Tear, il a réalisé la soudure entre les ondes radioélectriques et les rayons infrarouges.


Johann Wilhelm Ritter,

physicien allemand (Samitz, Silésie, 1776 - Munich 1810). Il découvrit la polarisation des piles, utilisa la décharge d’une bouteille de Leyde pour effectuer une électrolyse et signala l’existence des rayons ultraviolets.


Manne Siegbahn,

physicien suédois (Örebro 1886). Il découvrit en 1925 la réfraction des rayons X. Prix Nobel de chimie en 1924.


Robert Williams Wood,

physicien américain (Concord, Massachusetts, 1868 - Amityville, New York, 1955). Il imagina un écran filtrant laissant passer l’ultraviolet voisin de 3 660 Å ; cette « lumière noire » a reçu, grâce aux fluorescences qu’elle produit, de nombreuses applications. On doit aussi, à Wood, en 1905, la découverte de la résonance optique.

radicalisme

Une des familles d’esprit de la politique française contemporaine.



Le radicalisme jusqu’en 1914

Le radicalisme en France, au xixe s., est moins un corps de doctrines qu’un état d’esprit propre à ceux qui, revendiquant tout l’héritage de la Révolution française, proposent une politique de réforme qui réaliserait pleinement la laïcité, la liberté et l’égalité ; ils s’opposent par là aux spécialistes de l’apaisement.

Cependant, le terme de radical revêt en fait des idéologies assez diverses. Sous la monarchie de Juillet* et dans le sillage de Ledru-Rollin*, un radical est en fait un républicain qui préconise une politique novatrice sur la liberté d’expression et le suffrage universel. C’est bien ainsi que le comprend Garnier-Pagès à l’article « radicalisme » de son Dictionnaire politique (1842) : « La liberté réelle de la discussion, écrit-il, provoquera les droits nouveaux à la conquête des intelligences et le principe représentatif, appliqué sincèrement, fera passer progressivement dans les lois tout ce qui sera entré dans la conscience publique. » Ministre de l’Intérieur dans le gouvernement provisoire de la IIe République, Ledru-Rollin échoue par le fait que le suffrage universel, appliqué en avril 1848 à une France restée paysanne, favorise en fait le conservatisme politique et bientôt le bonapartisme.

Durant le second Empire se lève une nouvelle génération républicaine, dominée par L. Gambetta, F. Allain-Targé, G. Clemenceau, J. Ferry, J. Simon, E. Vacherot, P. Challemel-Lacour, J. Renouvier, E. Littré et qui, nourrie du positivisme d’Auguste Comte* et de scientisme, fait de la laïcité et de la « liberté totale » le moteur d’un radicalisme philosophique assez étranger aux problèmes sociaux : il est vrai qu’il peut compter sur la plupart des suffrages ouvriers. Ce radicalisme s’exprime en 1869 dans le « programme démocratique radical » que Gambetta* propose aux électeurs de Belleville. Ce programme, fondé sur les libertés fondamentales (presse, réunion, association), la séparation des Églises et de l’État, la suppression des armées permanentes, l’instruction primaire laïque, gratuite et obligatoire, est avant tout une machine de réaction contre le césarisme militaire et le cléricalisme ambiant.

Portés en septembre 1870 au pouvoir, Gambetta et ses amis se heurtent bientôt au mythe d’une « république conservatrice » voulue par Thiers, puis à l’« Ordre moral » instauré par la droite de l’Assemblée nationale, monarchiste et cléricale. Quand, en 1879, triomphe enfin la République, Gambetta, un moment chef du gouvernement (1881-82), glisse dans l’opportunisme et parle des « étapes nécessaires ».

Si bien que c’est Clemenceau* qui reprend à son compte le programme de Belleville et devient le chef d’un nouveau radicalisme : on peut même dire qu’il appartient, avec Camille Pelletan (1846-1915), de par la virulence de son opposition à la politique colonialiste de Jules Ferry et de ses positions sociales avancées, à l’extrême gauche du radicalisme ; cette tendance se structure en 1892 avec la formation du groupe républicain radical-socialiste. Les radicaux modérés, qui sont au pouvoir de novembre 1895 à avril 1896, avec Léon Bourgeois (1851-1925) — doctrinaire de l’impôt sur le revenu —, se regroupent dans la gauche radicale, animée par Charles Floquet (1828-1896).

En fait, jusqu’en 1901, les radicaux se maintiennent, vis-à-vis des opportunistes au pouvoir, dans une attitude assez fluctuante — allant de l’opposition à la collaboration —, qui s’explique par un défaut de structures. Mais la montée des périls nés du scandale de Panamá* et surtout de l’Affaire Dreyfus* incite les radicaux à se constituer plus fortement. En 1895 naît un Grand Comité d’action pour les réformes républicaines, issu de la fusion de deux Comités d’action républicaine. Le 23 juin 1901, au cours d’un congrès organisé par le Grand Comité, se forme le parti radical (abrégé de parti républicain radical et radical-socialiste), dont le programme, ébauché par Pelletan, est précisé au congrès de 1907 (à Nancy). Le parti est doté de structures suffisamment souples pour que soit maintenue la primauté des parlementaires et des notabilités locales ; les comités locaux, communaux ou cantonaux, se groupent en fédérations départementales ; entre les congrès annuels du parti, la direction est assurée par le comité exécutif de la rue de Valois, qui comprend des membres de droit, tous parlementaires, et des notables locaux ; ce comité désigne un bureau de 33 membres qui élit le président.

Pour les radicaux, l’activité politique et l’orientation idéologique se situent dans la ligne de la Révolution française, en opposition totale aux hommes de la contre-Révolution, celle-ci leur semblant incarnée dans le cléricalisme et le monarchisme. Tout en rejetant une formulation close et en évitant les anathèmes personnels, les radicaux lutteront constamment pour une réforme du système électoral dans un sens très démocratique (scrutin d’arrondissement), pour une justice égalitaire, pour l’abolition de la peine de mort et pour l’établissement d’un impôt global et progressif sur le revenu.