Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
R

racisme (suite)

Quand on étudie des populations appartenant à la même « race » traditionnelle, mais réparties sur des zones suffisamment étendues, on observe souvent entre elles des différences de fréquences de facteurs sanguins hautement significatives. Ce phénomène, très général, démontre que les anciennes « races » sont faites, en réalité, de la juxtaposition d’une série de groupes génétiquement isolés les uns des autres. Par ailleurs, aucune frontière biologique n’existe entre les « races traditionnelles » : tous les intermédiaires se rencontrent entre les groupes que l’on pourrait considérer comme les plus représentatifs de deux races différentes.

Sur le plan biologique, le concept de race humaine peut être remplacé par celui de « population » : ensemble fait de sujets qui se croisent plus fréquemment entre eux qu’ils ne se croisent avec d’autres.

Grâce aux marqueurs sanguins, il a été possible d’appliquer à l’homme les modèles mathématiques de la génétique des populations et de connaître la structure biologique de chaque groupe, de suivre son évolution au fil des générations, d’établir des distances (ou « proximités ») entre populations.

Toutes les données ainsi recueillies indiquent qu’il n’existe pas de population biologiquement supérieure ou inférieure. Les différences observées entre les groupes humains tiennent à des traits culturels. Or, ceux-ci n’ont aucun déterminisme biologique. L’erreur fondamentale du racisme a été de confondre traits organiques et traits ethniques.

On a beaucoup parlé de race juive. Or, les Juifs forment un groupement culturel d’origine religieuse. Ils ne se distinguent par aucun trait biologique particulier. Parti de la Méditerranée orientale, le judaïsme a, au cours des siècles, largement pénétré en Europe et en Afrique du Nord.

L’étude des marqueurs sanguins démontre qu’il n’y a pas de type hématologique juif, mais que les Juifs s’apparentent à la population dans laquelle ils vivent et dont ils sont généralement issus.

Biologiquement, les Juifs polonais sont beaucoup plus proches des Polonais non juifs que des Juifs du Maghreb. Ces derniers, au contraire, sont très voisins des Arabes.

Sur le plan scientifique, le racisme constitue un non-sens.

Les groupes humains diffèrent surtout par leur culture. Y a-t-il des cultures inférieures ou supérieures ? Il ne le semble pas : chaque culture est plus ou moins adaptée à un contexte écologique et historique donné. Le nomadisme saharien est lié à l’aridité du désert. Brusquement transplanté au Sahara, un groupe d’Esquimaux n’aurait aucune chance de survie. Leur éducation répond à un autre environnement. Toutes les cultures sont le produit d’une activité spécifiquement humaine. Elles ont la même valeur. Toutes appartiennent au patrimoine commun des hommes et contribuent à sa richesse. Chaque culture qui disparaît entraîne un appauvrissement de l’humanité. En réalité, les populations diffèrent seulement par leur niveau technologique. Mais celui-ci n’a rien d’inné. Il est conditionné par les hasards de l’histoire. Mis dans des conditions favorables, tous les groupes peuvent assimiler des technologies venant d’ailleurs. C’est ce qui se passe aujourd’hui, où les découvertes sont mondialisées en un temps très court et utilisées par tous. Cette faculté d’intégration démontre l’égalité des hommes et assure leur progrès constant.

J. R.

radar

Ensemble d’appareils aux applications multiples, fondés sur les échos radio-électriques.



Historique

Heinrich Hertz* avait montré que les ondes électromagnétiques pouvaient être non seulement concentrées et dirigées par un réflecteur métallique, mais aussi réfléchies par un obstacle solide, donnant donc lieu à un écho radioélectrique, tout en pouvant être réfractées. Faute de moyens techniques, ces phénomènes ne furent pas approfondis pendant une trentaine d’années. Cependant, des constatations fondamentales avaient été faites, notamment par Christian Hülsmeyer (1881-1957), en 1904, qui avait remarqué des réflexions d’ondes électromagnétiques en passant sous un pont de Cologne et avait détecté un navire dans le port de Rotterdam à une distance de 2 km avec son télémobiloscope, puis par Guglielmo Marconi* en 1922 et, peu après, par Pierre David (né en 1897), qui avait observé une modification du champ récepteur au passage d’un avion ou d’un véhicule. À la même époque, on savait déjà qu’une impulsion radioélectrique pouvait faire le tour de la Terre et être détectée 1/7 de seconde plus tard à la station émettrice et, de plus, que les couches ionisées de la haute atmosphère dites « de Heaviside » jouaient le rôle de miroirs réfléchissants. Le 10 janvier 1946, au cours de l’opération Diana, due à des militaires américains du Signal Corps, un faisceau radar (λ = 3 cm) fut dirigé sur la Lune pour en obtenir un écho, qui fut enregistré 2,5 s plus tard. La somme des observations fragmentaires faites au cours de la deuxième décennie du siècle et les perfectionnements technologiques conduisirent directement à la réalisation du radar, appelé à l’époque radiolocation en Grande-Bretagne, Funkmess en Allemagne et détection électromagnétique (D. E. M.) en France. Les premières réalisations furent exclusivement du domaine militaire, pour la détection d’avions et de navires.


Principes généraux

L’énergie d’un écho ne peut être utilisable que si certaines conditions sont satisfaites.
1. La longueur d’onde doit être très nettement plus courte que les dimensions de l’objectif.
2. L’énergie émise par le radar doit être aussi élevée que possible.
3. Les circuits récepteurs doivent être très sensibles et présenter un rapport signal-bruit très élevé : l’atténuation de l’écho est proportionnelle à la quatrième puissance de la distance.
4. Le gain de l’antenne doit être très élevé.
5. Le faisceau émis doit être le plus étroit possible.

En principe, une installation radar moderne comprend un émetteur à très haute fréquence (ondes décimétriques, centimétriques et même, dans certains cas, millimétriques ou submillimétriques), un modulateur, un récepteur à très faible bruit et un système d’antenne le plus souvent commun à l’émetteur et au récepteur.