Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
R

racine

Organe le plus souvent souterrain, fixant le végétal au sol, assurant l’absorption de l’eau et des sels minéraux ainsi que leur conduction, et pouvant, éventuellement, se transformer en lieu de réserve.


Cet organe se trouve chez les Ptéridophytes et les Spermaphytes (Gymnospermes et Angiospermes).


Morphologie

Chez les Ptéridophytes actuels, les racines peuvent être abondamment ramifiées et constituent un chevelu assez dense ; le rhizome, horizontal, forme des feuilles aériennes vers le haut et des racines adventives vers le bas.

Chez les Gymnospermes, les racines ont des formations de bois épaisses et peuvent s’étaler assez loin dans le sol en se subdivisant en racines secondaires de plus en plus petites ; souvent, elles sont transformées à leur périphérie par la présence d’un Champignon qui constitue avec elles des mycorhizes*. L’appareil radiculaire peut affecter des aspects variés.

La racine des Angiospermes est issue de la radicule de l’embryon contenu dans la graine : cette première racine s’enfonce verticalement ; des poils absorbants (de 200 à 500 par centimètre carré et même 2 000 chez les Graminacées) se développent dans sa zone subterminale, et des racines secondaires apparaissent dans sa partie supérieure, qui brunit et se subérise assez vite. Elles acquièrent à leur tour un manchon de poils absorbants très denses et seront également porteuses d’autres racines de troisième, de quatrième ordre. Ainsi, le système radiculaire pivotant se développe simultanément en épaisseur et en longueur, occupant un volume de sol relativement très grand. Dans certains groupes systématiques (Dicotylédones en particulier), la racine principale, ou pivot, peut persister pendant toute la vie de la plante et garder sa prédominance sur les racines secondaires ; dans d’autres, comme chez les Graminacées, elle cesse bientôt de se développer, alors que les racines secondaires ou même les racines adventives apparaissent et forment un ensemble fasciculé.

On voit aussi des racines adventives se former à partir des tiges, le plus souvent à la hauteur d’un nœud (Graminacées) mis surtout dans de bonnes conditions d’humidité (pratique culturale du tallage). Chez le Lierre, ces racines, très abondantes tout le long des tiges, font fonction de crampons et servent à l’absorption. Elles peuvent être accidentelles dans d’autres espèces : Peupliers, Fusains..., qui produisent facilement en terrain humide des marcottes ou se laissant aisément bouturer. Le chevelu des racines occupe un certain volume de sol, qui serait, sous nos climats, sensiblement le même que celui des parties aériennes ; souvent, son extension est très importante. On a trouvé chez les Graminacées des racines de 2 m en profondeur s’étalant à plus de 1 m de la plante, l’ensemble ayant 250 km de longueur et une surface absorbante de près de 500 m2 pour environ 5 m2 hors du sol. La Luzerne peut pénétrer jusqu’à 10 m de profondeur et atteindre ainsi la nappe phréatique. D’autres plantes s’étalent loin en surface ; chez certains arbres dans des régions subdésertiques, un plus grand volume est occupé par les racines que par le branchage. D’ailleurs, les plantes s’adaptent au milieu, et les sols secs provoquent l’apparition de systèmes radiculaires capables de drainer l’eau située même à quelques décimètres de distance. C’est la compétition des végétaux pour l’eau qui détermine leur espacement dans les zones semi-arides (savane, steppe...).

Les racines sont parfois modifiées dans leur morphologie en fonction du milieu où elles se trouvent (aérien, aquatique, souterrain) et de leur rôle physiologique (présence de mycorhizes, symbiose bactérienne, absorption préférentielle de solutions ou de gaz, stockage de réserve, fixation...). Dans de nombreuses espèces, la racine se charge de matières nutritives de réserve et forme un ou plusieurs tubercules*.

Les Légumineuses* peuvent héberger sur leurs racines des Bactéries symbiotiques capables de faire la synthèse de substances azotées à partir de l’azote atmosphérique. Les racines réagissent à cette invasion en hypertrophiant certaines cellules et en constituant des nodosités.

Certaines espèces de la mangrove (Pandanus, Avicenia, Rhizophora), vivant en milieu asphyxié, possèdent des racines verticales émergeant de la vase et des eaux, à géotropisme négatif et ayant un tissu aérifère important. Ces organes, pneumatophores (racines asperges), absorbent l’air et compensent ainsi le déficit en oxygène du milieu souterrain. De tels organes existent aussi chez un Conifère, le « Cyprès » chauve (Taxodium).

Chez les Orchidées, les Broméliacées et les Aroïdées, plantes des pays chauds et humides, il existe des racines aériennes de la grosseur d’un crayon qui pendent dans l’air. Plusieurs couches de cellules mortes, non déformées grâce à des épaississements lignifiés, entourent le cylindre central d’un manchon gris (voile), absent à l’extrémité, qui est verte. Ces racines absorbent la vapeur d’eau répandue dans l’air, ainsi que l’eau liquide quand elles sont à son contact, et elles jouent un rôle important dans le ravitaillement hydrique de ces plantes.


Anatomie et croissance

La racine se forme à partir de la radicule de la graine et subit une croissance en longueur qui a pour siège la zone subterminale, où se font des divisions abondantes, alors que l’allongement des cellules a lieu un peu au-dessus. Les files ainsi formées sont allongées suivant l’axe de l’organe ; lorsque les cellules ont atteint une certaine taille et que les parois cellulosiques se sont solidifiées, elles cessent de croître, et c’est par formation de nouvelles cellules à partir du point végétatif que se poursuit l’allongement de l’organe. La zone terminale de la racine est une coiffe, qui protège la pointe.

La racine jeune a une structure primaire caractérisée par une assise pilifère extérieure, une écorce et un cylindre central. L’assise pilifère est formée d’une couche mince de cellules parfaitement jointives et tapissant tout l’extérieur de l’organe ; beaucoup d’entre elles sont porteuses d’un prolongement, ou poil, formé d’une membrane mince et intérieurement tapissé d’une couche fine de cytoplasme entourant une grande vacuole centrale. La zone pilifère reste toujours de même taille et à la même distance de la coiffe ; de nouveaux poils se constituent à la partie distale au cours de la croissance, alors que les plus âgés se flétrissent et disparaissent.