Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

articulation (suite)

Le radiocinéma

Il permet d’étudier le déplacement de corps étrangers, par exemple, ou la physiologie articulaire dans certaines positions particulières.


L’arthrographie

C’est l’opacification de la cavité articulaire à l’aide d’un produit de contraste, qui peut être une solution iodée, de l’air ou les deux associés. Elle est habituellement pratiquée au niveau du genou, pour apprécier l’état des ménisques, au niveau de l’épaule, pour rechercher une déchirure de la capsule ; mais elle peut être faite pour n’importe quelle articulation.


L’artériographie

C’est l’injection d’une substance de contraste opaque aux rayons X dans l’artère, ou encore le marquage radioactif (injection d’une substance radioactive). L’artériographie demeure un examen exceptionnel, mais qui se justifie dans l’étude de certaines tumeurs et angiomes.


Affections congénitales des articulations

Des arrêts ou des vices de développement peuvent survenir au niveau des articulations, comme de tous les autres tissus.

La maladie amniotique est une maladie intra-utérine qui détermine, à la naissance, des sillons congénitaux siégeant le plus souvent aux extrémités des membres, dont ils altèrent le développement osseux et articulaire. Au maximum se trouve réalisée la grande aplasie (ou absence de développement) des membres, qui peut aussi être la conséquence d’un arrêt de développement de l’ébauche.

La pseudarthrose est une absence partielle du développement d’un ou de deux os conjoints, qui se rencontre le plus souvent au tiers inférieur du tibia ou des deux os de la jambe, rarement au tiers inférieur du radius. Le traitement en est difficile et décevant.

L’hypertrophie est constituée dès la naissance et peut être totale (intéressant tout un membre) ou partielle, régulière ou irrégulière. Les articulations sont concernées au même titre que les autres tissus.

L’articulation ballante est une articulation qui présente une laxité excessive, permettant des déplacements anormaux des surfaces articulaires, des subluxations ou des luxations récidivantes. L’affection peut être localisée ou généralisée. Elle s’associe souvent à une peau élastique, des tumeurs molluscoïdes (syndrome d’Ehler-Danlos).

La raideur limite l’amplitude du mouvement. La localisation la plus fréquente est le pied : c’est le pied-bot. Le traitement, à condition d’être pris dès le début, est maintenant satisfaisant.


Pathologie chirurgicale des articulations


Les plaies et fractures

Les plaies articulaires sont toujours graves, car l’articulation s’infecte facilement une fois qu’elle est ouverte, pour donner une arthrite septique aiguë. Une intervention chirurgicale d’urgence (nettoyage, fermeture aseptique) est toujours nécessaire. Les séquelles à type de raideur articulaire sont rares en l’absence d’infection.

Sont considérées comme articulaires toutes les fractures qui atteignent les segments osseux inclus dans le manchon synovio-capsulaire. Elles s’accompagnent toujours d’une hémarthrose (épanchement de sang dans l’articulation) et sont habituellement plus graves que les fractures diaphysaires. Les localisations les plus fréquentes sont le poignet (fracture de Pouteau-Colles), la hanche et le genou. Le traitement est variable, et peut aller du simple plâtre au remplacement de la tête du fémur par une prothèse métallique, en passant par la réduction orthopédique et la réduction sanglante avec ostéosynthèse (utilisation de matériel métallique pour fixer les fragments).


Les luxations

Une luxation est la perte de contact, partielle ou totale, entre les surfaces articulaires. Elle s’accompagne toujours de dégâts capsulo-ligamentaires d’importance variable, qui en font toute la gravité. Éventuellement, une fracture peut y être associée.

La luxation récente survient toujours à la suite d’un traumatisme. Elle s’accompagne d’une impotence fonctionnelle complète de la région considérée, avec une déformation évidente qui permet de faire aisément le diagnostic.

La réduction, parfois effectuée sur les lieux mêmes de l’accident, mais le plus souvent en milieu chirurgical sous anesthésie générale, se fait grâce à des manœuvres orthopédiques. Il est rare que la réduction sanglante soit nécessaire.

Un bilan de l’état ligamentaire, pour juger de la nécessité éventuelle d’une suture, et une immobilisation de quelques jours, pour permettre la cicatrisation des éléments capsulo-ligamentaires, sont toujours nécessaires.

C’est l’épaule qui se luxe le plus souvent dans la variété antéro-interne, puis le coude, les doigts, la hanche et le genou ; la luxation d’une vertèbre ou d’un segment vertébral est toujours grave de conséquences, en raison des risques de lésion médullaire, facteur de paralysie.

Les luxations négligées sont des luxations anciennes non réduites. Leur traitement nécessite toujours une intervention chirurgicale.

La luxation récidivante résulte d’une ou plusieurs luxations traumatiques, lorsque la cicatrisation des éléments de contention a été déficiente. Il peut exister des facteurs prédisposants (malformation de la tête humérale dite « tête en hachette »).

En l’absence d’un traitement, toujours chirurgical, la reproduction des luxations non seulement est gênante, mais elle hypothèque l’avenir en favorisant l’apparition d’une arthrose (dégénération des éléments articulaires).

La luxation pathologique n’a pas pour cause principale un traumatisme. Elle peut se produire lorsque la capsule et les ligaments sont distendus par un épanchement abondant, ou lorsque les surfaces articulaires ont été détruites ou érodées par une ostéomyélite, une tuberculose ou un cancer.


Les entorses

C’est ainsi que l’on nomme les élongations (entorses bénignes) et les ruptures partielles ou totales (entorses graves) des ligaments articulaires, sans perte de contact des surfaces articulaires.