Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

articulation

Ensemble des éléments par lesquels deux ou plusieurs os s’unissent les uns aux autres.


La science qui traite de ce sujet s’appelle la syndesmologie, ou plus communément l’arthrologie.


Anatomie

L’ancienne classification des articulations, établie en fonction des éléments constitutifs (ligament, cartilage, membrane), a été abandonnée au profit de la différenciation par la fonction, ce qui permet de reconnaître trois groupes : les articulations immobiles, ou synarthroses ; les articulations semi-mobiles, ou amphiarthroses ; les articulations mobiles, ou diarthroses.


Synarthroses

Suivant que les deux surfaces articulaires sont réunies par du cartilage hyalin ou par du tissu fibreux, il s’agit dans le premier cas d’une synchondrose (par exemple synchondrose sphéno-occipitale, entre la face postérieure du corps du sphénoïde et la partie basilaire de l’occipital) et dans le second cas d’une synfibrose, ou suture. Les synfibroses qui se rencontrent au niveau des os du crâne se divisent en : suture dentée, les os s’unissant par engrènement articulaire hérissé de dentelures ; suture écailleuse, dont les surfaces articulaires sont taillées en biseau ; suture harmonique caractérisée par des surfaces articulaires rugueuses, sans dentelures.

Enfin, on donne le nom de schindylèse à l’articulation dans laquelle l’une des surfaces articulaires en forme de crête s’enclave à la surface opposée en forme de rainure (par exemple : l’articulation du vomer avec le sphénoïde, dans les os de la face).


Amphiarthroses, ou symphyses

Les surfaces articulaires planes ou concaves, recouvertes de cartilage, sont réunies par un ligament interosseux fibreux ou fibro-cartilagineux, et par des ligaments périphériques qui recouvrent le pourtour du ligament osseux (symphyse pubienne).

Parfois, on trouve à la partie centrale du ligament osseux une ébauche de cavité articulaire. Il s’agit alors d’une diarthro-amphiarthrose.


Diarthroses

Elles sont constituées par trois types d’éléments :
1. des surfaces articulaires lisses, mobiles les unes par rapport aux autres, et séparées par une cavité ;
2. un système d’union formé par une capsule articulaire et des ligaments ;
3. un système de lubrification sous la dépendance de la synoviale.

D’après la configuration articulaire, on distingue six types de diarthroses, un certain nombre de degrés de liberté ou de facilités de mouvement correspondant à chaque type :
1. l’arthrodie, dans laquelle les surfaces articulaires sont planes (articulation acromio-claviculaire, au mouvement de glissement dans tous les sens, très limité) ;
2. la trochoïde, dans laquelle les surfaces sont des segments de cylindre, l’une convexe, l’autre concave (articulations radio-cubitales, aux mouvements de rotation) ;
3. la trochléenne, où l’une des surfaces a la forme d’une poulie (articulation huméro-cubitale, aux mouvements de flexion-extension) ;
4. l’emboîtement réciproque, caractérisé par des surfaces articulaires qui sont concaves dans un sens, convexes dans l’autre, la concavité de l’une s’opposant à la convexité de l’autre (articulation carpo-métacarpienne du pouce, aux mouvements de flexion et d’extension, d’abduction et d’adduction, de circumduction) ;
5. la condylienne, dans laquelle les surfaces articulaires sont des segments d’ellipsoïde, l’un convexe, l’autre concave (articulation du poignet, articulation temporo-maxillaire, aux mouvements antéropostérieurs, latéraux et de circumduction) ;
6. l’énarthrose, où les surfaces articulaires sont des segments de sphère, l’un convexe, l’autre concave (articulations scapulo-humérale, coxo-fémorale, aux mouvements dans toutes les directions).

• Les surfaces articulaires. Elles sont revêtues de cartilage appelé cartilage articulaire, ou cartilage de revêtement. Il présente une surface claire, blanche, lisse et polie. Son épaisseur est proportionnelle à la pression supportée par l’unité de surface solide. Il est souple ; nourri par imbibition, il facilite le glissement, protège la surface osseuse et empêche l’usure de celle-ci.

Le ménisque interarticulaire, ou fibrocartilage, a pour principale fonction de rétablir la concordance entre les surfaces articulaires qui ne s’adaptent pas exactement. Les faces libres et lisses des ménisques s’appliquent sur les surfaces articulaires correspondantes ; leur pourtour adhère à la capsule. Le ménisque interarticulaire peut diviser complètement la cavité articulaire (articulation temporo-maxillaire) ou réaliser une cloison incomplète (articulation du genou).

Le bourrelet marginal, ou périarticulaire, assure une meilleure adaptation des surfaces articulaires (articulation scapulo-humérale, coxo-fémorale) ; seule, l’une des deux faces du bourrelet est libre et articulaire, l’autre adhérant à la surface correspondante.

• Le système d’union. Il est composé de deux éléments : la capsule et les ligaments.

La capsule est un manchon fibreux qui s’attache à une distance variable des surfaces articulaires, et qui est d’autant plus large que l’articulation est plus mobile. Elle transforme l’articulation en cavité close. La face profonde de la capsule est tapissée par une membrane synoviale.

Les ligaments représentent le principal moyen de contention, ce sont eux qui maintiennent les surfaces osseuses en contact, en contribuant, en outre, à limiter l’amplitude des mouvements.

Ces ligaments peuvent :
— soit être des épaississements de la capsule, siégeant aux endroits où elle doit présenter une plus grande résistance (ligament gléno-huméral à la face antérieure de l’épaule) ;
— soit être intra-articulaires (ligament croisé du genou) ;
— soit siéger à distance de la capsule (le ligament trapézoïde entre la clavicule et l’apophyse coracoïde).

• La membrane synoviale. Elle s’attache au pourtour du revêtement cartilagineux et tapisse toute la cavité articulaire, à l’exception des surfaces revêtues de cartilage. Elle est appliquée à la face profonde de la capsule et présente des prolongements saillants dans la cavité articulaire formée de tissu conjonctif très vascularisé : ce sont les franges synoviales, dont les fonctions principales sont de remplir les espaces libres qui se produiraient entre les surfaces articulaires dans certains mouvements.

Cette membrane sécrète un liquide incolore, visqueux, filant, la synovie, qui a pour fonction de faciliter le glissement des surfaces articulaires.