Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

Arthropodes (suite)

Les grandes lignes de la classification

Les Pararthropodes : avant de situer les classes d’Arthropodes vrais, il est bon de mentionner l’embranchement des Pararthropodes, numériquement peu important. Il s’agit d’animaux métamérisés, caractérisés notamment par la possession d’une cuticule chitineuse sujette à mues, mais dont les membres ne sont pas des appendices vrais. On place dans ce groupe, certainement très hétérogène :
1. les Onychophores (ou Péripates), formes terrestres à allure d’Annélides Polychètes, vivant dans les régions subtropicales de l’hémisphère sud. Ils présentent un mélange de caractères annélidiens et arthropodiens ;
2. les Tardigrades, animaux microscopiques, marins, dulçaquicoles ou sub-terrestres ; ces derniers, vivant dans le film d’eau retenu par les mousses, sont célèbres pour leur façon de résister à la dessiccation : ils se déshydratent et entrent en état d’anabiose (qui peut durer plusieurs années, et leur permet de résister à des températures extrêmes de + 150 à – 272 °C). Le retour à la vie active, par absorption d’eau, est rapide (reviviscence) ;
3. les Pentastomides (ou Linguatulides), qui sont peut-être plus proches des Arthropodes ; mais il s’agit de formes aberrantes à dégradation parasitaire très poussée. Ils vivent dans les poumons de Reptiles et d’Oiseaux, ou dans les fosses nasales de Canidés.

Les Trilobitomorphes sont des formes marines (sauf les Arthropleurides, qui vivaient dans les eaux douces du Carbonifère supérieur) uniquement paléozoïques. Tous leurs appendices sont pratiquement identiques et du type biramé, sauf les antennes (généralement une seule paire), préorales. Pas de mandibules.

La classe des Trilobites est la plus importante (1 500 espèces) et la mieux connue de ce sous-embranchement ; celle des Arthropleurides en est très voisine, tandis que les classes des Mérostomoïdes, des Pseudocrustacés et des Marrellomorphes correspondent à des fossiles présentant des caractères primitifs appartenant à la fois aux Trilobites, aux Crustacés et aux Mérostomes.

Les Chélicérates ne possèdent qu’une seule paire d’appendices préoraux, les chélicères, généralement préhensiles. Il n’y a plus d’antennes et pas de mandibules, pas de tête distincte, mais un prosome qui porte aussi les pattes ambulatoires. Primitivement marins et à respiration branchiale, les Chélicérates sont actuellement surtout terrestres.

La classe des Mérostomes, qui renferme des Chélicérates aquatiques (branchies portées par 5 à 6 paires d’appendices lamelleux du mésosome), n’est plus représentée actuellement que par les Xiphosures (Limules), les Aglaspides n’ayant pas dépassé l’Ordovicien et les Gigantostracés étant éteints depuis le Permo-Carbonifère.

La classe des Arachnides (50 000 espèces actuelles) renferme la quasi-totalité des Chélicérates modernes. Il s’agit d’animaux presque uniquement terrestres et à respiration aérienne. Les seuls appendices aisément reconnaissables comme tels sont, outre les chélicères, préorales, les pédipalpes et 4 paires de pattes portées par le prosome. Ce groupe, très polymorphe, présente une forte tendance à la disparition des limites segmentaires et à la fusion des tagmes. Les yeux ne sont jamais du type « à facettes ».

La classe des Pantopodes (500 espèces actuelles) est constituée de très curieux animaux marins, sans organes respiratoires, au corps généralement très grêle, d’où partent 4 paires (parfois 5 ou 6) de pattes le plus souvent démesurées, d’où le nom de la classe (Pantopodes = « tout en pattes »). Le prosome, prolongé en avant par une trompe, porte typiquement une paire de chélicères, une paire de palpes, une paire de pattes ovigères et 4 paires de pattes ambulatoires. L’opisthosome, insegmenté et très réduit, est fusionné au prosome.

Les Antennates sont caractérisés par la possession de 1 ou 2 paires d’antennes et d’une paire de mandibules. C’est, de beaucoup, le groupe le plus important et le plus diversifié.

La classe des Crustacés (30 000 espèces) comprend des Arthropodes à deux paires d’antennes (Diantennates), surtout marins ou dulçaquicoles. La respiration, généralement branchiale, peut être cutanée chez certaines petites formes, ou aérienne chez des formes terrestres comme les Cloportes. La larve des Crustacés, très caractéristique, dotée de 3 paires d’appendices, est connue sous le nom de nauplius.

Les deux autres classes d’Antennates ne possèdent qu’une paire d’antennes (correspondant à la paire antérieure des Crustacés) ; leur appareil respiratoire, caractéristique, est constitué par des tubes chitineux très ramifiés, les trachées (Trachéates), qui conduisent l’air en nature à tous les tissus. Ces tubes s’ouvrent à l’extérieur par des orifices métamériquement disposés, les stigmates. Le système trachéen n’est pas exclusif des branchies (trachéobranchies de certaines larves aquatiques d’Insectes).

La classe des Myriapodes (17 000 espèces) est assez hétérogène. Ses représentants possèdent un corps généralement très allongé qui, en arrière de la tête, comporte un nombre élevé de segments (jusqu’à 181, bien que, chez les Pauropodes, ce nombre tombe à 11). Il s’ensuit que les pattes sont nombreuses (pas moins de 9 paires à l’état adulte), d’où le nom vulgaire de Mille-Pattes. Un curieux caractère, commun à tous les Myriapodes, est la présence de segments doubles ; cette diplosegmentation peut être très apparente, comme chez les Diplopodes, où chaque segment visible porte typiquement 2 paires de pattes, ou seulement latente.

La classe des Insectes (un million d’espèces) est, de loin, la plus importante de la zoologie : elle représente 90 p. 100 des Arthropodes. Le thème sur lequel a été brodé ce nombre invraisemblable de variations reste bien net : une tête avec une paire d’antennes et 3 paires de pièces buccales, un thorax à 3 segments et 3 paires de pattes, un abdomen apode, typiquement à 11 segments. Les Ptérygotes, qui sont la très grande majorité des Insectes, sont les seuls Invertébrés volants ; ce sont même les seuls animaux qui aient acquis la possibilité de voler sans détourner une paire de pattes de sa fonction ambulatoire.