Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
P

ptôse (suite)

La peau

Sa chute est la plus spectaculaire et la plus visible, tant au niveau du visage que de l’abdomen. C’est la conséquence de l’atrophie des muscles cutanés et d’une modification de la texture de la peau.

La ptôsis palpébrale, ou chute de la paupière, est soit congénitale, provenant d’une atrophie des muscles releveurs de la paupière, soit acquise, en rapport avec une paralysie du nerf moteur oculaire commun (IIIe paire de nerfs crâniens).

Préventivement, il n’existe pas de traitement sérieux et valable contre les ptôses de la peau. Curativement, là encore, c’est le recours à la chirurgie, avec résection de l’excès (au visage, c’est un « lifting ») et retente du reste. Pour la ptôsis palpébrale, les techniques sont au contraire très particulières, avec retente musculaire, associée éventuellement à une mise en place d’un ressort.


Les organes abdominaux : la splanchnoptôse


Le rein

Mal suspendu, cet organe est fixé médiocrement dans sa loge rénale ; il n’a que trop tendance à chuter, surtout si le sujet est maigre.

Sa situation exacte est vérifiée à l’aide d’une radiographie (urographie intraveineuse) faite en station verticale et en se fixant aux repères osseux. Le port d’une ceinture suffit habituellement ; il est rare qu’il faille faire une néphropexie (fixation chirurgicale du rein).


L’estomac

Suspendu à l’œsophage, ballotant dans une cavité trop grande, l’estomac se ptôse volontiers ; on veillera à différencier la véritable ptôse d’une chute du bas-fond par dilatation.

La chirurgie en de tels cas est bien décevante, et l’on est souvent désarmé.

Rarement congénitale, la ptôse est presque toujours acquise, relevant soit de la distension des éléments musculo-ligamentaires dans le cadre du relâchement général des tissus dû à l’âge, soit des excès de cure d’amaigrissement comme on en rencontre malheureusement assez souvent actuellement.

A. J.

 L. Diamant-Berger, Ptôses abdominales et prolapsus pelviens (Doin, 1958).

puberté

Période qui s’échelonne sur plusieurs années au cours desquelles, tant chez le garçon que chez la fille, surviennent de profondes modifications anatomiques, physiologiques et psychologiques qui transforment progressivement l’enfant en adolescent.



Mécanisme de l’évolution pubertaire

Le mode de déclenchement des phénomènes pubertaires n’est pas encore exactement connu. Il s’agit en fait essentiellement de la mise en route fonctionnelle des centres cérébraux hypothalamiques qui commandent l’élaboration par l’hypophyse des gonadostimulines. Cette mise en route relève soit de la stimulation, soit de la levée d’une inhibition, et il est vraisemblable qu’elle correspond à la maturation progressive des centres de l’hypothalamus (v. cerveau).

Chez le garçon comme chez la fille, cette période s’échelonne sur trois ans environ. L’âge d’apparition dépend de nombreux facteurs raciaux, sociaux ou familiaux. En France, l’âge moyen est de 10 à 13 ans chez la fille, de 12 à 15 ans chez le garçon. On distingue habituellement deux périodes dans cette évolution.
1. La première période, dite prépubertaire, correspond à la mise en route fonctionnelle des centres hypothalamo-hypophysaires. La fonction gonadique est en effet sous la dépendance de centres végétatifs neurorégulateurs situés dans la région médiane de l’hypothalamus, qui sécrètent des médiateurs chimiques (releasing factors), véritables neurohormones dont l’action de commande sur la sécrétion des stimulines hypophysaires est transmise par la voie veineuse du système « porte » qui unit l’hypophyse à l’hypothalamus.
2. La seconde période, dite pubertaire vraie, correspond à l’apparition de la réceptivité de la gonade à cette stimulation : au niveau de l’ovaire, le follicule se développe sous l’influence de la F. S. H. (folliculo-stimuline hypophysaire) et de la L. H. (lutéostimuline hypophysaire) et commence sa sécrétion de folliculine. À partir d’un certain rapport entre ces deux gonadothrophines se produit la première ovulation. Au niveau du testicule, la sécrétion de F. S. H. amène le développement des tubes séminifères et des cellules de Sertoli qui vont déclencher la spermatogenèse. La sécrétion de l’I. C. S. H. (intersticielles cellules stimuline hypophysaire) [analogue à la L. H.] va entraîner la sécrétion d’androgène par les cellules de Leydig.

L’axe hypothalamo-hypophysogonadique n’est pas seul en cause dans l’apparition de la puberté. Toutes les glandes endocrines y participent, notamment les surrénales et la thyroïde.


La puberté normale


Aspects cliniques et morphologiques

Les transformations morphologiques sont de trois ordres.

• Modifications morphologiques d’ensemble. La période prépubertaire est caractérisée par une poussée de croissance particulièrement nette, qui intéresse d’abord les membres inférieurs, puis le tronc. Chez la fille, le diamètre bitrochantérien (hanches) s’élargit, réalisant l’aspect gynoïde (épaules plus étroites et bassin plus large). Chez le garçon, au contraire, l’élargissement du diamètre bi-huméral réalise l’aspect androïde (épaules plus larges et bassin plus étroit). La répartition de la graisse sous-cutanée se modifie : chez la fille, l’épaisseur de la graisse est accentuée au niveau de la région fessière, de la face interne du genou et de la région péri-mammaire ; chez le garçon, elle est plus importante au niveau de la nuque qu’au niveau de la région lombaire.

• Modifications des caractères sexuels primaires. Chez le garçon, on observe le développement de la verge, du scrotum (qui se pigmente), des testicules, de l’épididyme, de la prostate et des vésicules séminales. La maturation testiculaire se traduira par l’apparition des premières érections complètes (de 11 à 13 ans) et par la présence de spermatozoïdes matures dans le sperme (vers 15 ans).

Chez la fille, les modifications portent sur la vulve, qui tend à devenir horizontale, sur le vagin, dont le développement s’accompagne d’une kératinisation de la muqueuse avec imprégnation glycogénique, sur l’utérus, les trompes et les ovaires. Sous nos climats, la date d’apparition des premières règles survient en général entre 12 et 14 ans, mais une date comprise entre 10 et 16 ans reste dans le domaine de la normale.