Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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Provence-Alpes-Côte d’Azur (suite)

Le tourisme

Au total, la répartition de la population active par secteurs indique 9,7 p. 100 pour le primaire, 34,4 p. 100 pour le secondaire, 55,9 p. 100 pour le tertiaire. C’est le tourisme qui donne avant tout son image de marque à la région provençale et azuréenne : tourisme de passage, en raison de la richesse archéologique et artistique (jusqu’aux manifestations les plus neuves de l’art contemporain : fondation Maeght inaugurée en 1964 à Saint-Paul-de-Vence) ; festivals (Aix, Avignon, etc.) ; tourisme balnéaire, plus populaire sur le littoral varois, où abondent terrains de camping et colonies de vacances, plus aristocratique dans les Alpes-Maritimes, où se pressent les étrangers. Au total, ce département se place au deuxième rang, après Paris, pour le nombre d’établissements hôteliers. Les équipements nautiques multiplient aménagements et extensions à Cannes, à Saint-Tropez*, à La Ciotat, car le parc national des bateaux de plaisance a sextuplé depuis 1950.


L’évolution démographique

Le symbole de cette réussite touristique est Nice*, élément essentiel de la frange urbanisée azuréenne, l’ancien comptoir massaliote, dont les souverains sardes n’ont pas fait un grand port, est devenu une ville résidentielle à l’échelle internationale. Nice n’est, toutefois, que la deuxième agglomération de la Région, après la métropole marseillaise, avant Toulon*, Avignon* et Aix*. En 1962, les trois agglomérations principales comptaient presque 1 500 000 habitants ; aujourd’hui, elles approchent 2 millions d’habitants (plus de la moitié de la population totale de la Région), et la concentration urbaine s’accélère, plus particulièrement autour de Marseille et de son doublet Aix, grâce à la proximité du complexe industriel de Berre et la mise en place de Fos. Finalement, depuis une décennie, le département des Bouches-du-Rhône a gagné un quart de million d’habitants ; les départements alpins, qui avaient marqué une stabilisation dans l’exode vers 1954, ont ensuite amorcé une reprise, tout en restant nettement les moins peuplées.

La population, répartie de façon assez homogène jusqu’au siècle dernier, a montré une évolution rapide par une croissance supérieure au taux national, par un déséquilibre croissant entre les départements montagnards et le littoral. L’accélération constante est due à l’immigration traditionnelle, à l’afflux des rapatriés, mais également et depuis peu au relèvement des taux de natalité. Ces problèmes démographiques révèlent bien le rôle de terre d’accueil et de creuset de population joué par la Région ; il reste tous les problèmes posés par les décalages entre une frange maritime saturée et un arrière-pays encore replié sur lui-même.

R. D. et R. F.

➙ Aix-en-Provence / Alpes (Hautes-) / Alpes-de-Haute-Provence / Alpes-Maritimes / Arles / Avignon / Bouches-du-Rhône / Camargue / Cannes / Côte d’Azur / Durance / Marseille / Nice / Saint-Tropez / Toulon / Var / Vaucluse.

 P. Carrère et R. Dugrand, la Région méditerranéenne (P. U. F., 1960 ; 2e éd., 1967).

Provinces-Unies

Nom porté par la partie septentrionale des Pays-Bas de 1579 à 1795.



Les origines

Les Provinces-Unies naissent de l’Union d’Utrecht, formée le 23 janvier 1579 et qui réunit finalement les sept provinces calvinistes du Nord (Zélande, Hollande, Utrecht, Overijssel, Frise, Groningue et Gueldre) ; elles ne se constituent vraiment en État qu’en 1581, lorsqu’elles votent la déchéance de Philippe II et décident que la légitimité s’incarne désormais dans « Leurs Hautes Puissances les seigneurs États généraux des Provinces-Unies ». « Fédération de provinces historiques, elles-mêmes réduites pour la plupart à des associations de villes libres », selon Georges Durand, le nouvel État se dote d’institutions naturellement complexes.


Les institutions

La ville, premier échelon du système politique, est administrée par un corps de ville oligarchique généralement appelé conseil des régents ; celui-ci nomme le bourgmestre, les échevins et les députés de la ville aux états provinciaux ; il ne donne qu’un mandat impératif aux députés.

Second échelon du système, les sept provinces ont des statuts très divers en raison de l’hétérogénéité de leurs structures économiques et sociales, qui se reflètent dans la composition des états provinciaux, chargés de voter les lois. La Gueldre et la Frise, pays pauvres, peuplés de paysans calvinistes et vivant médiocrement de l’agriculture, délèguent essentiellement des représentants de la noblesse et des communautés rurales à leurs états provinciaux. Dans les états de Hollande et de Zélande, provinces profondément urbanisées, les représentants des villes (dix-huit dans le premier cas, six dans le second) détiennent par contre une majorité incontestable. Dans ceux de Gueldre, d’Overijssel et de Groningue, villes et noblesse s’équilibrent mieux. Quant aux territoires annexés (Drenthe et Pays de la Généralité [Brabant-Septentrional]), ils sont collectivement administrés par les États généraux. Aux côtés des états provinciaux qui les nomment, deux hommes jouent un rôle essentiel : le pensionnaire, fonctionnaire chargé de diriger l’administration provinciale ; le stathouder, qui veille à l’exécution des lois et assure la défense de la province en tant que capitaine et amiral.

Au sommet de la pyramide institutionnelle, se trouvent les quarante membres des États généraux, qui votent par province, décidant à la majorité minimale de quatre voix contre trois de la diplomatie, de la paix, de la guerre, chacune des sept délégations ayant, au préalable, consulté leurs états provinciaux respectifs, dont elles doivent impérativement respecter l’avis. En fait, pour les décisions très importantes, l’unanimité est requise. La nécessité de coordonner les décisions prises au plus haut niveau entraîne la constitution d’un embryon d’exécutif fédéral. Celui-ci comprend : un Conseil d’État de douze membres, qui gère le budget et contrôle l’armée ; un capitaine général et amiral général, qui dirige l’armée et la marine ; enfin un grand pensionnaire, qui n’est autre que le pensionnaire de Hollande. Élu pour cinq ans et résidant en permanence à La Haye, où siègent les États généraux, il assume la direction de la politique extérieure.