Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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Provence (suite)

 R. Doré, l’Art en Provence, dans le comtat Venaissin et le comté de Nice (Van Oest, 1930). / J.-L. Vaudoyer, les Peintres provençaux de Nicolas Froment à Paul Cézanne (la Jeune Parque, 1947). / A. Villard, l’Art de Provence (Arthaud, 1957). / Meubles et ensembles provençaux (Massin, 1960). / R. Bérenguier, Châteaux en Provence (Delmas, 1963) ; Abbayes de Provence (Nouv. Éd. latines, 1969). / Provence (Horizons de France, 1963). / F. C. de Cormis, Vrai et Faux Style provençal (Goulard, Aix-en-Provence, 1965 ; nouv. éd., Massin, 1972). / V. Lassalle, l’Influence antique dans l’art roman provençal (De Boccard, 1971). / A. Borg, Architectural Sculpture in Romanesque Provence (Oxford, 1972). / F. Benoit, la Provence et le comtat Venaissin. Arts et traditions populaires (Aubanel, Avignon, 1975).

Provence-Alpes-Côte d’Azur

Anc. Provence-Côte d’Azur, Région du Midi méditerranéen français regroupant administrativement six départements : Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Var et Vaucluse ; 31 435 km2 ; 3 675 730 hab.


La Région s’étend de la frontière italienne au Rhône, ancienne coupure traditionnelle entre le royaume et l’Empire, qui tend à devenir un trait d’union et un axe économique privilégié dans le cadre du « Grand Delta », dont la base se calque sur le littoral méditerranéen. La limite septentrionale n’est qu’une coupure administrative, faisant fi d’un grand nombre de similitudes avec la Région voisine Rhône*-Alpes. Le double terme, qui montre bien le manque d’unité historique, recouvre un certain nombre de particularismes, dont les plus connus sont la persistance du comtat Venaissin, resté longtemps terre pontificales, et le rattachement du comté de Nice à la France, survenu il y a à peine plus d’un siècle.


Le milieu

La Région possède un certain nombre d’atouts incontestables, parmi lesquels l’attrait du climat, les équipements touristiques, la présence de Marseille*, premier port français, les aménagements hydrauliques et l’implantation de l’« Europort du Sud » à Fos ; son développement s’est effectué essentiellement sur les deux façades, maritime et rhodanienne, mais l’arrière-pays montagneux apporte un appoint non négligeable par ses ressources hydro-électriques. Ici s’est implantée la majeure partie des rapatriés d’Afrique du Nord, et, au plan national, c’est le troisième pôle de population après les régions parisienne et lyonnaise. Le poids des actifs situe la Région au deuxième rang, après la capitale, pour le secteur tertiaire, mais elle est au tout premier rang pour l’accroissement démographique, avec un taux annuel deux fois supérieur à la moyenne française.

La région provençale s’individualise par son climat méditerranéen, doux l’hiver, chaud l’été et ensoleillé la majeure partie de l’année ; en contrepartie, l’aridité estivale et la présence d’un couvert de résineux favorisent la propagation des incendies, qui détruisent, parfois de façon irréversible, la végétation : maquis sur les sols siliceux, garrigues sur les calcaires. La Provence calcaire et la Provence cristalline offrent des paysages variés : des plaines alluviales, Tricastin et comtat Venaissin, l’ancien cône de déjection de la Crau, la Camargue* entre les deux bras du Rhône ; la moyenne et haute Provence, du Ventoux à la montagne de Lure jusqu’aux « plans de Provence », est plus rude : plateau de Valensole, plan de Canjuers au nord de Draguignan, plan de Caussols dans l’arrière-pays de Grasse et de Vence ; vers le sud prédominent les alignements de crêtes ouest-est : Alpilles, Sainte-Victoire, Sainte-Baume ; le monde alpin regroupe un certain nombre de géants, tels le Pelvoux, avec des sommets à plus de 4 000 m, et l’Argentera, encore à plus de 3 000 m à une cinquantaine de kilomètres seulement de la mer ; près du littoral s’individualisent les massifs anciens des Maures et de l’Esterel.


L’agriculture

Sur le plan agricole, les contrastes sont tout aussi importants entre les cultures sèches traditionnelles de la vigne (Var, Vaucluse), des céréales, de l’olivier et les jardins isolés entre les haies de cyprès de la basse Durance, la huerta comtadine, les cultures maraîchères de la région hyéroise, les champs de fleurs de la Côte* d’Azur.

Dans le secteur alpin, en dehors des arbres fruitiers, subsiste la polyculture appuyée sur l’élevage ovin traditionnel. Mais, sous ce climat, c’est la maîtrise de l’eau qui conditionne les cultures ; d’où la mise en place d’un programme d’aménagement dès les années 60, dont l’objectif est la desserte en eau de 100 000 ha de terres grâce au canal de Provence. Celui-ci, alimenté par les eaux du Verdon véhiculera 700 millions de mètres cubes d’eau grâce à un réseau de distribution de 3 000 km de canalisations, pour la remise en état des terres sinistrées par la catastrophe de Malpasset, l’aménagement de la basse vallée du Gapeau, la modernisation des anciens réseaux dans la partie alpine, la desserte des villes et des centres industriels, de l’étang de Berre à la Côte d’Azur. Le schéma le plus courant révèle trois secteurs : primeurs et fleurs en plaine, vigne et arbustes sur les coteaux ; herbages sur les plateaux et les pentes montagneuses. Les problèmes les plus ardus restent posés par la situation des régions attardées de l’arrière-pays sec et montagneux. En 1970, on comptait 71 000 exploitations agricoles contre 95 000 en 1955. L’agriculture rencontre l’obstacle de la spéculation foncière, la valeur des terrains justifiant l’extension de la friche périurbaine qui précède le lotissement.


L’industrie

La Provence est restée en grande partie à l’écart de l’essor industriel, mais elle retrouve de nos jours un certain poids dans le cadre du « Grand Delta », au débouché méditerranéen de l’axe rhodanien. Le sous-sol offre la richesse des bauxites et des lignites ; les premières, reconnues aux Baux-de-Provence en 1821, sont exploitées dans le bassin de Brignoles et permettent à la France d’occuper un rang honorable dans la production mondiale, tout en assurant plus des trois quarts des tonnages français : 300 000 t en 1913, plus de 2 Mt aujourd’hui. Les lignites du bassin de Gardanne (1 545 000 t en 1975) alimentent surtout la centrale thermique du même nom ; l’exploitation est assurée depuis 1946 par les Houillères du Bassin de Provence. Les massifs anciens des Maures et de l’Esterel fournissent du spath-fluor ; le Vaucluse des ocres ; au Salin-de-Giraud, en Camargue, se trouve le premier centre français de production de sel (800 000 t en moyenne, beaucoup plus que les salines d’Hyères). Mais les deux secteurs principaux de l’industrie provençale sont la métallurgie et la chimie. La première offre une gamme très large : constructions navales traditionnelles à La Seyne-sur-Mer et à La Ciotat, fonderie et chaudronnerie, aéronautique à Marseille et à Cannes*, mais aussi centre I. B. M. de La Gaude. La seconde est fondée essentiellement sur le sel et le pétrole : fabrication d’alumine, d’engrais, de fongicides et de pesticides, parfumerie à Grasse (appuyée sur les cultures florales), corps gras à Marseille, dans la lignée des importations de l’ancien Empire colonial. Le raffinage du pétrole fait de l’étang de Berre le deuxième pôle français, après la basse Seine, et le pipe-line Sud-Européen, partant de Lavéra et Fos, assure le transit des produits vers l’Allemagne par la vallée du Rhône, Lyon et Strasbourg. Au premier rang des centrales hydroélectriques françaises se situe l’usine Blondel de Bollène, sur le Rhône. La Durance fournit annuellement de 6 à 7 TWh. Sur le plan nucléaire, l’usine d’enrichissement de l’uranium du Tricastin est construite aux confins de la Drôme (Pierrelatte) et du Vaucluse.