Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

art (suite)

Enseignement artistique et enseignement de l’architecture


Enseignement artistique

L’enseignement artistique est donné en France d’une part dans des établissements spécialisés, d’autre part dans les établissements d’enseignement primaire, secondaire et technique. Les établissements spécialisés sont soit des écoles nationales dépendant du Service des enseignements artistiques et de l’architecture du ministère des Affaires culturelles, soit des écoles municipales subventionnées par l’État, soit encore des établissements d’enseignement technique dépendant du ministère de l’Éducation nationale.

L’enseignement dit « du dessin » donné dans les établissements d’enseignement primaire, secondaire et technique dépend du ministère de l’Éducation nationale. Cet enseignement, qui garde le plus souvent un caractère de simple initiation, est fondamental pour le renouvellement d’un public d’amateurs d’art. Afin de l’améliorer dans les lycées et collèges, le ministère de l’Éducation nationale décidait en 1968 d’organiser dans l’Université la formation d’un nouveau corps de professeurs d’éducation artistique. Cet enseignement associe aux professeurs de l’École nationale supérieurs des beaux-arts ceux de l’Université, ainsi que des artistes. Les enseignants ainsi formés gardent la possibilité de bifurquer en cours d’études vers une carrière proprement artistique ou d’orientation plus intellectuelle (histoire de l’art, esthétique).


Écoles nationales et municipales

L’enseignement supérieur est dispensé à Paris dans deux grandes écoles, l’École nationale supérieure des beaux-arts et l’École nationale supérieure des arts décoratifs, ainsi qu’au Centre universitaire expérimental de Vincennes et à la Sorbonne.

En province, l’enseignement artistique est donné dans des écoles nationales d’art, au nombre de six (Aubusson, Bourges, Dijon, Limoges, Nancy et Nice), ainsi que dans des écoles municipales, beaucoup plus nombreuses, subventionnées et contrôlées par l’État. Cet enseignement des écoles de province, tant nationales que municipales, à l’exception de l’école d’Aubusson, qui a une organisation spéciale, est sanctionné par des examens communs, organisés sur le plan national. Le certificat d’aptitude à une formation artistique supérieure (C. A. F. A. S.) peut être comparé au baccalauréat et considéré comme la sanction d’études secondaires poursuivies dans le domaine artistique. Il est ouvert aux élèves des écoles nationales et des écoles municipales d’art subventionnées ayant accompli un cycle de trois années d’études. Son programme a été conçu de façon à inculquer aux élèves, avant toute spécialisation, une connaissance approfondie des éléments de base du dessin, des arts plastiques, de l’histoire de l’art et des techniques des métiers d’art.

Les élèves poursuivant leurs études dans les écoles d’art de province au-delà du C. A. F. A. S. sont considérés comme étudiants. Ils peuvent s’y préparer au diplôme national des beaux-arts. Cet examen est ouvert aux élèves titulaires du C. A. F. A. S. et aux élèves admis à titre définitif à l’École nationale supérieure des beaux-arts et à l’École nationale supérieure des arts décoratifs. Il comporte sept sections : peinture, sculpture, gravure, décoration en plans, décoration en volume, publicité, céramique. L’École nationale des beaux-arts prépare, dans ses ateliers de peinture, de sculpture, de fresque et art monumental, de gravure, de mosaïque, au diplôme supérieur d’arts plastiques. Les concours de Rome sont suspendus depuis 1968.

Les caractéristiques de cet enseignement sont la très grande différence existant entre Paris et la province et son peu d’efficacité générale : dans la décennie 1960-1970, le nombre d’élèves travaillant à temps complet dans les écoles d’art dépendant du ministère des Affaires culturelles est passé d’environ 5 000 à 11 000, mais cette progression n’a pas été accompagnée d’une croissance des budgets comparable à celle de l’Éducation nationale. Il en résulte que l’orientation des élèves en cours d’études est insuffisante, et que les distorsions entre les spécialités étudiées et les métiers exercés ensuite sont très importantes (le phénomène étant surtout vérifiable pour les arts majeurs). Ainsi, 43 p. 100 des anciens élèves des écoles d’art ont dû en 1966 compléter leur formation dans des institutions publiques ou privées après la sortie de ces écoles.

C’est en partie pour pallier ces inconvénients qu’a été ouvert à Paris en novembre 1969, à l’initiative des Affaires culturelles, l’Institut de l’environnement, centre pluridisciplinaire de formation et de recherche. Il s’attache à « promouvoir un renouvellement de l’enseignement de l’urbanisme, de l’architecture, du design et de la communication ». Il organise à cet effet un cycle régulier de deux ans de préparation à la recherche et à l’enseignement dans les disciplines concernées, des séminaires et colloques de perfectionnement, des recherches fondamentales et appliquées relatives à l’environnement, etc.


Établissements d’enseignement technique

Établis à Paris, ils ont pour but de former non seulement des exécutants, mais aussi des créateurs dans les diverses spécialités artistiques. L’âge d’admission se situe entre quatorze et dix-sept ans ; il est exigé des candidats une culture générale, et ils sont soumis à une épreuve de dessin justifiant d’une disposition artistique réelle. La scolarité est de quatre ou cinq ans. L’École nationale supérieure des arts appliqués à l’industrie comprend des sections de décor des surfaces architecturales, de sculpture, de céramique, d’ameublement, de textile, d’orfèvrerie, d’esthétique industrielle, de publicité. Le Collège technique d’art appliqué féminin prépare des dessinatrices, des modélistes, des décoratrices capables de composer des maquettes : on y enseigne notamment la photographie, la reliure, la dentelle, le tapis, la céramique. Le Collège technique Boulle se consacre aux métiers intéressant le meuble, ainsi qu’à la décoration d’agencement. Le Collège technique Estienne a pour domaine les métiers touchant au livre et à l’édition. Ces établissements comportent des sections d’enseignement supérieur, en cours d’organisation ; l’École nationale supérieure des arts appliqués décerne un brevet de technicien supérieur en esthétique industrielle. Enfin, le Collège technique Ganneron est spécialisé dans le décor sur céramique, le Collège technique Élisa-Lemonnier dans le dessin de la lettre.