Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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Protistes (suite)

Parmi les dispositifs réalisés par les unicellulaires, les plus ingénieux sont en rapport avec la fixation. Beaucoup de Protistes sont mobiles et évoluent dans le milieu liquide qui les entoure en nageant à l’aide de leurs cils, ou flagelles, ou en rampant au moyen de pseudopodes. À côté de ces formes mobiles il en existe qui sont fixées plus ou moins temporairement à un support.

Certains Ciliés adhèrent à des plantes aquatiques au moyen de sécrétions mucilagineuses qui durcissent et constituent un filament élastique et résistant ; de telles sécrétions assemblent en colonies des Algues flagellées comme les Volvocales et les Chrysomonadines. Les Ciliés Péritriches sont tous pourvus d’un pédoncule fixateur dans lequel on reconnaît des cils transformés (cils scopuliens) ; il s’y ajoute des fibrilles contractiles chez la Vorticelle.

Un dispositif particulièrement remarquable est réalisé par l’anneau d’amarrage d’un Cilié (Ellobiophrya) qui vit accroché aux branchies d’un Mollusque. Certains Sporozoaires, telles les Grégarines, qui vivent dans l’intestin d’Invertébrés, possèdent un organite particulier, l’épimérite, assurant l’ancrage du parasite dans la paroi intestinale de l’hôte ; il joue de plus, en tant que suçoir, un rôle dans la nutrition à la façon d’un suçoir de Champignon. Chez d’autres Grégarines, la fixation à la paroi intestinale est assurée par l’adhérence de la partie antérieure de la cellule, dilatée en ventouse.

Le cytoplasme des unicellulaires contient des enclaves qui correspondent fréquemment à des réserves nutritives. Les Protistes planctoniques (Diatomées, Actinopodes) élaborent des lipides qui augmentent leur flottabilité. Le cytoplasme des Protophytes Flagellés contient des glucides voisins de l’amidon, le paramylon et la leucosine.

Beaucoup de Ciliés symbiotiques ou parasites accumulent, comme les Sporozoaires, de l’amylopectine, composé glucidique offrant l’aspect de grains sphériques ou en navettes.

La complexité structurale des unicellulaires est rendue possible par leurs dimensions relativement importantes si on les compare à celles des Protistes inférieurs. Les valeurs moyennes sont comprises entre quelques microns et quelques millimètres. Des dimensions inférieures sont atteintes par les Levures ; par contre, certains Protozoaires sont véritablement géants ; citons la Grégarine du Homard, Porospora gigantea, dont la longueur peut dépasser 10 cm.


Le noyau et la mitose

Le contenu du noyau est un complexe macromoléculaire comportant de l’acide désoxyribonucléique (A. D. N.) et de l’acide ribonucléique (A. R. N.). L’A. D. N. est le constituant des gènes responsables de la transmission des caractères héréditaires. L’A. R. N. contrôle, sous forme de ribosomes, les synthèses effectuées dans le cytoplasme par transfert de l’information génétique localisée au niveau de l’A. D. N.

L’enveloppe bimembranaire du noyau de certains Protozoaires (Amibiens*, Foraminifères*, Grégarines) est renforcée par un revêtement fibrillaire lorsque ce noyau atteint un certain diamètre.

La structure complexe du noyau nécessite, lors de la division cellulaire, la mise en jeu de processus complexes, globalement désignés par le terme de mitose. Celle-ci comporte quatre phases.

À la prophase, le matériel génétique se regroupe en entités distinctes, les chromosomes*. Les processus ultérieurs consistent à répartir les chromosomes en deux lots identiques ; ils affectent des modalités différentes chez les unicellulaires. L’enveloppe nucléaire se désorganise chez certains (Grégarines), et la mitose se déroule dans le cytoplasme ; chez d’autres, et c’est la majorité des cas, elle persiste, et tout se passe à l’intérieur du noyau. De toute façon, la cellule devient bipolaire par bipartition du centrosome en deux pôles attractifs. Entre ceux-ci se différencie un faisceau de tubules le long desquels vont coulisser deux lots de chromosomes, qui, issus de la bipartition par clivage du lot primitif, gagnent chacun des pôles.

L’enveloppe nucléaire désorganisée se reconstitue à la phase finale, ou télophase, et se referme autour des nouveaux lots de chromosomes ; les noyaux à enveloppe permanente s’étirent et se partagent en deux noyaux fils.

La bipartition des chromosomes et du noyau étant le plus souvent associée à celle du cytoplasme, la mitose produit deux cellules filles. Un décalage se produit fréquemment chez les Protistes entre les divisions nucléaires et cytoplasmiques. C’est le cas de certains Flagellés, comme les Calonymphidés, les Diplomonadines, les Opalines, représentés par des individus polynucléés qui peuvent atteindre une grande taille.

Le processus de multiplication nucléaire se manifeste au cours de la vie de certains Rhizopodes (Amibes et Foraminifères) et chez les Sporozoaires. Désigné par le terme de schizogonie, il permet la production simultanée d’un grand nombre de germes par fragmentation d’un seul individu.

La division binaire est le processus de reproduction classique de la plupart des unicellulaires : Flagellés, Rhizopodes, Actinopodes, Infusoires. Elle se manifeste par une bipartition longitudinale chez les Diatomées et les Flagellés, transversale chez les Ciliés (Infusoires). Les Acinétiens (Infusoires) et les Levures bourgeonnent de petits individus fils ; beaucoup de Rhizopodes et de Sporozoaires se multiplient par schizogonie.

Tous ces processus de reproduction sont asexués.


Reproduction sexuée

Seule la reproduction asexuée est connue de nombreux Zooflagellés et de certains Rhizopodes et Actinopodes ; la sexualité se manifeste chez tous les autres Protistes, où elle alterne le plus souvent avec la reproduction asexuée. Elle comporte la fusion de deux cellules en une seule, dite « diploïde », car pourvue de deux lots de chromosomes. Pour éviter l’accumulation des chromosomes produits par de nouvelles fusions cellulaires, un processus de régulation intervient entre chaque reproduction sexuée. Il s’agit de la méiose, qui comporte deux divisions : la première réduit de moitié le nombre diploïde des chromosomes ; la seconde assure la bipartition de ces chromosomes par clivage. Il en résulte quatre cellules haploïdes, comparables aux spores des plantes supérieures.