Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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presse (la) (suite)

Les quotidiens

On en distingue plusieurs types.

• Quotidiens spécialisés. Alors que, par nature, les quotidiens rendent compte de tous les aspects de l’actualité, certaines feuilles restent spécialisées. C’est le cas des feuilles financières, dont les plus célèbres sont le Wallstreet Journal américain, le Financial Times anglais et, en France, les Échos et le Nouveau Journal. Dans les pays latins, où le sport est avant tout spectacle, existent aussi des feuilles sportives dont le modèle reste l’Équipe, héritière d’une tradition journalistique vieille de quatre-vingts ans.

• Journaux du matin et journaux d’après midi. Les journaux de l’après-midi sont en général complémentaires de ceux du matin. Dans les pays anglo-saxons et germaniques, la plupart des feuilles locales paraissent l’après-midi. En France, au contraire, la presse « du soir » n’est vraiment importante qu’à Paris, où elle assure, grosso modo, 40 p. 100 du tirage des quotidiens nationaux.

• Journaux populaires et journaux de qualité. Dans les pays anglo-saxons et germaniques, l’opposition est très nette entre les journaux de qualité, à la pagination abondante, au prix de vente plus élevé, au contenu dense et qui cherchent à donner un reflet aussi complet que possible de l’ensemble de l’actualité, et les feuilles populaires, moins chères, à la pagination réduite, aux articles plus courts, abondamment illustrées, aux gros titres et aux tirages souvent énormes. Une des formes les plus caractéristiques de cette presse populaire est le tabloïd de petit format comme le New York Daily News ou le Daily Mirror anglais. En Allemagne, les organes populaires de la Boulevardpresse sont dominés par l’énorme Bild Zeitung du groupe Springer. En France il n’existe pas de grand journal populaire, même si le Parisien libéré et, en un sens, France-Soir peuvent s’apparenter à ce type de journaux.

• Journaux nationaux et journaux locaux. Les quotidiens ont une double vocation : apporter à leur public les informations de la grande actualité nationale et internationale et leur fournir les nouvelles de la petite actualité de leur voisinage immédiat. Il apparaît que partout les quotidiens qui offrent à leurs lecteurs une abondante information locale peuvent mieux résister que les autres a la concurrence des autres moyens d’information, et en particulier de la télévision, qui ne peuvent rendre compte de l’infinie variété des petits événements de la vie des petites villes, voire des quartiers des grandes villes. Les structures et les traditions du journalisme de chaque pays aboutissent à des formules très différentes.

En France, la presse quotidienne parisienne a beaucoup perdu de son importance. Si l’on excepte certains grands quotidiens (le Figaro, le Monde, la Croix, l’Humanité, France-Soir), qui, en province, sont le plus souvent lues comme feuilles de complément du journal régional, les autres feuilles parisiennes sont devenues, en fait, des feuilles régionales de l’agglomération parisienne. En province, les grands régionaux ont la plupart du temps acquis des positions de monopole en éliminant leurs concurrents et en multipliant leurs éditions locales (Ouest-France en a une quarantaine). Subsistent en marge des zones de ces monopoles de petites feuilles dans de petites villes irréductibles à l’influence des métropoles régionales.

En Allemagne au contraire, en l’absence d’une véritable presse nationale (à l’exception de la Bild Zeitung), les grands régionaux n’accordent proportionnellement que peu de place aux nouvelles locales, qui sont couvertes par une multitude de petites feuilles quotidiennes publiées dans chacune des agglomérations. En Grande-Bretagne, la presse régionale n’est qu’une presse de complément du soir dont le tirage global est inférieur de moitié à celui des quotidiens londoniens. Aux États-Unis, l’immensité du territoire rend pratiquement impossible l’existence d’une presse quotidienne nationale. Aussi tous les journaux sont-ils des feuilles locales ou régionales. Le cas des grandes villes est caractéristique : New York avait huit quotidiens en 1958 et il n’en avait plus que trois en 1976, mais à l’inverse se sont créées dans sa banlieue des feuilles d’informations locales, très dépolitisées, mais dont le succès est considérable.

• Journaux d’information et journaux d’opinion. Une des caractéristiques de l’évolution de la presse quotidienne est la décadence, dans les nations occidentales, des journaux partisans. Les conditions économiques de la presse, qui favorisent la concentration des entreprises éditrices, et le conformisme croissant des goûts et des modes de vie ont lentement conduit à une certaine dépolitisation des journaux et condamnent le plus souvent les quotidiens engagés dans la défense d’une idéologie à une vie médiocre. L’âge d’or de la presse d’opinion a été le xixe s., lorsque tous les journaux n’avaient que quatre pages et que les petites feuilles pouvaient donc lutter contre les journaux à grand tirage en offrant à leurs lecteurs la même quantité de lecture. L’augmentation de la pagination et la diversification du contenu des journaux a rendu la lutte trop inégale, au niveau des quotidiens tout au moins. L’offset et le militantisme des animateurs et des lecteurs ont cependant permis la renaissance de petits quotidiens au faible tirage, dont, en France, Libération offre depuis 1973 un bon modèle.

• Les journaux du dimanche. Alors que, dans les pays anglo-saxons et germaniques, les feuilles du dimanche, le plus souvent patronnées par les groupes éditeurs de quotidiens, atteignent des tirages considérables, souvent supérieurs à ceux des quotidiens, cette forme de presse est plus rare dans les pays latins.


La presse périodique

Le monde des publications périodiques est d’une infinie variété : ces publications sont en général plus spécialisées que les quotidiens, leur contenu est beaucoup moins lié à l’actualité que celui des journaux. Leur formule de présentation et leurs formats sont très divers, du magazine de luxe tiré sur beau papier en offset ou en héliogravure et en couleurs à la revue traditionnelle tirée en typographie et très proche du livre.