Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
P

Prague (suite)

Les siècles suivants n’ont rien donné de notable à la capitale bohémienne, ne l’ont pas défigurée non plus. Même dans les constructions bourgeoises du xixe s. se devine la tenace emprise du baroque malgré une offensive du néo-gothique romantique. Prague conserve fièrement les témoignages de son illustre passé, de son rang de capitale impériale et s’affirme comme le chef-d’œuvre de l’urbanisme baroque. Il faut enfin évoquer son pittoresque ghetto, avec ses synagogues et le curieux fouillis de tombes de son célèbre cimetière, ainsi que, dans la périphérie, l’église du monastère de Břevnov (C. Dientzenhofer) et le château de Troja (J.-B. Mathey), avec son escalier de façade peuplé de statues.

F. S.

 J. Guenne, Prague, ville d’art (Larousse, 1930). / K. Plicka, Prague en photographies (Prague, 1952). / J. Pavel, Prague, ville des souvenirs d’art (en tchèque, Prague, 1960).

prairie

Groupement, en plaine, de plantes herbacées, le plus souvent d’origine secondaire, c’est-à-dire dérivant de forêts dégradées ou de cultures abandonnées (les prairies sont rendues « permanentes » artificiellement grâce à l’intervention humaine).


En haute montagne, par suite des conditions climatiques rigoureuses, au-dessus de la limite des forêts, les prairies sont primitives (pelouses altitudinales). Certains facteurs édaphiques, la salinité des sols par exemple, imposent également en plaine ce type de végétation.


Facteurs favorables

La prairie est favorisée par un certain nombre de caractéristiques climatiques, édaphiques et biotiques.

Pour une prairie permanente, on trouve une variation de la croissance de un à trois (en poids) pour des températures moyennes allant de 5 à 18 °C, les températures inférieures à 5 °C ne permettant pratiquement pas de développement. D’autre part, on constate que la production d’herbe est en corrélation très étroite avec l’intensité lumineuse : le rendement maximal, le « taux de conversion » le meilleur correspondant aux intensités faibles (30 000 lux). En ce qui concerne la pluviosité, une lame d’eau annuelle de 1 000 à 1 500 mm favorise beaucoup les prairies ; en dessous de 600 mm annuellement, celles-ci ne peuvent subsister sans conditions particulières ou sans irrigation. Une pluviosité sensiblement égale pendant un grand nombre de mois (zone atlantique) est bien plus favorable que celle qui est irrégulièrement répartie (climat méditerranéen) ; dans le département de la Manche, l’étude de la marche des températures et de la pluviosité permet de considérer que l’herbe pousse au moins pendant huit mois sur douze, tandis qu’en Haute-Saône cette croissance ne peut durer que six mois. Les évaluations du bilan d’eau (évapotranspiration, indice d’aridité, coefficient ombrothermique) ont permis de préciser les conditions locales les plus favorables ; ainsi, c’est dans les régions où l’indice d’aridité de Martonne est voisin de 30 (Normandie) que les herbages prospèrent le plus ; par contre, si cet indice est inférieur à 15 (région méditerranéenne), la végétation prairiale ne peut subsister sans aide.

La nature des sols influe également sur la composition floristique des prairies. On a recherché les valeurs du pH (acidité) entre lesquelles les principales espèces peuvent vivre (Hugo De Vries) ; de nombreuses interactions existent, en particulier avec les teneurs en calcium, en potassium et en phosphore, et c’est ainsi que, sur des sols très acides (pH 5), mais exceptionnellement riches en P2O5, on a pu trouver d’excellents pâturages. Le rapport carbone/azote dans des sols de prairies est le plus souvent voisin de 10 ; mais il peut exister des valeurs de 6 dans les couches profondes du sol ; un rapport de 12 correspond à des terrains assez peu favorables.


Prairies secondaires françaises

Comme espèces les plus fréquentes dans les prairies françaises, on trouve d’abord de nombreuses Graminacées : Lolium perenne, Agrostis tenuis, Arrenatherum elatius (fromental) et Holcus lanatus, très répandus dans les prairies de fauche ; Agrostis stolonifera, Anthoxanthum odoratum, Cynosurus cristatus, Dactylis glomerata, à écologie très large ; des Briza, des Festuca, des Poa. Les Légumineuses sont aussi abondantes : en particulier les Trèfles, les Luzernes, les Lotiers, le Sainfoin ; parmi les Composacées, on rencontre des Pissenlits, des Bellis, des Centaurées, des Alchemilles, des Crepis, des Sonchus, des Hieracium... ; enfin, on trouve également des Plantains, des Renoncules jaunes, des Gaillets, des Labiées... Suivant les régions, les stations et l’origine de ces prairies, tout un cortège d’autres plantes peut y pousser ; leur présence est fonction non seulement des conditions écologiques locales (climatiques et pédologiques), mais aussi de faits historiques. En effet, pendant la période postglaciaire, grâce à un climat favorable, la forêt s’est installée sur toute l’Europe occidentale, mais l’Homme, en nombre croissant et avec un outillage de plus en plus perfectionné, s’y est alors attaqué, et c’est au xie s. que les plus grands défrichements ont eu lieu. Les divers peuplements forestiers ont évolué différemment : par exemple, la hêtraie calcicole aboutit à la pelouse à Bromus erectus, et la hêtraie acide donne la lande à Erica carnea ; la formation à Bouleau, à If et à Hêtre a précédé les pelouses à Brachypode ; la forêt de Chêne sessile a été antérieure aux prairies à Agrostis ; la destruction de la forêt de Chêne vert a donné la pelouse à Brachypodium phœnicoides. Mais les prairies dérivent aussi d’anciennes cultures abandonnées : ainsi, en Haute Normandie, les pâturages à Agrostis tenuis peuvent provenir d’anciennes cultures sur sol sablonneux ; la pelouse à ray-grass sur sol limoneux est souvent trouvée dans les stades postculturaux ; enfin, dans les Causses, la prairie à Poa compressa, à Achillea et à Plantago cynops fait suite à des friches pâturées par les Moutons.