Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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port (suite)

Des ouvrages plus simples, mais moins résistants, sont constitués par des appontements généralement parallèles au rivage, auquel ils sont reliés par une passerelle. Ils offrent des postes d’amarrages, mais un outillage restreint ne répondant qu’aux besoins d’une courte escale. Plus sommaires encore sont les ducs-d’albe constitués par un faisceau de pieux en bois, en métal ou en béton et offrant à leur sommet des organes d’amarrage. Enfin, les navires peuvent aussi s’amarrer sur des coffres flottants fixés par ancrage sur le fond. C’est la formule souvent adoptée pour les navires de guerre mouillés en rades abritées.


Port de commerce

Situé à la charnière entre le transport maritime d’une part et les transports ferroviaires, routiers, fluviaux ou aériens de l’autre, le port de commerce a pour rôle essentiel d’assurer éventuellement le transit des passagers et, en tout cas, celui des marchandises, dans les meilleures conditions de rapidité et de prix, ce qui exige des aménagements spéciaux de la surface des quais et des terre-pleins qu’ils bordent, ainsi que la mise en œuvre d’un important outillage.


Aménagement des quais

• Pour les passagers, l’équipement nécessaire comporte une ou plusieurs gares maritimes desservies par la voie ferrée et raccordées au réseau routier. Elles abritent les installations des services de douane, de santé, de police et celles des compagnies de navigation, des boutiques, etc. Des espaces spéciaux y sont, aussi, réservés aux bagages. Les paquebots prenant le plus souvent un peu de fret, les installations pour passagers peuvent être situées à l’étage, et directement reliées par passerelle à l’un des ponts du navire, tandis que le rez-de-chaussée est réservé aux marchandises. L’utilisation des gares maritimes par les passagers de long cours est très réduite depuis que l’aviation en transporte la plus grande partie. En revanche, le nombre des voyageurs utilisant les car-ferries avec leurs voitures sur de courts trajets ne cesse de croître. Il s’agit alors de disposer de larges espaces découverts pour le stockage des automobiles en attente, les autres équipements ne présentant pas la même ampleur que ceux qui concernent les passagers de long cours.

• Pour les marchandises, le port doit offrir une bonne coordination entre le transport maritime et les transports antérieurs ou postérieurs à celui-ci. La desserte ferroviaire et routière des quais joue donc un rôle essentiel. Il en est de même des éventuelles possibilités de transbordement direct entre navire et moyens de transport fluviaux ou inversement. Mais très souvent, ces opérations sont impossibles ou incompatibles avec un rythme d’opérations assez rapide pour éviter aux navires de coûteux retards. L’équipement classique des quais comporte donc, pour les marchandises diverses, des hangars, bâtiments rectangulaires s’ouvrant sur les quais et sur les terre-pleins par de larges portes roulantes ou levantes. Ils doivent comporter un nombre aussi réduit que possible d’appuis intérieurs pour ne pas gêner les mouvements des chariots de manutention. Ils sont placés de manière à ménager du côté du bassin un espace suffisant pour permettre le passage des wagons et camions ainsi que le fonctionnement des engins de levage. Dans les ports dépourvus de grues de quai, on réduit cet espace pour limiter les transports horizontaux. La partie des hangars opposée au bassin est, souvent, desservie par voies ferrée et charretière pour faciliter la livraison des marchandises à stocker en attendant leur chargement ou de celles qui proviennent du navire et qu’il faut livrer aux réceptionnaires. Mais, lorsqu’il s’agit de marchandises transportées en containers, les quais doivent, surtout, offrir de vastes terre-pleins dont le sol aplani se prête à l’évolution des engins de manutention et au stockage à découvert de ces « unités de charge », celles-ci n’ayant pas besoin des mêmes abris que les marchandises dont le conditionnement n’offre pas de protection contre les intempéries et les vols. Les constructions se limitent alors à celles qui sont nécessaires aux bureaux où se fait la répartition des containers ainsi qu’éventuellement à un hangar situé en arrière du quai, où s’effectuent leur remplissage et leur dépotage, car ces opérations ont parfois lieu au point même d’embarquement ou de débarquement. Les opérations des navires à manutention horizontale (roll on - roll off) exigent aussi de vastes terre-pleins pour le stockage et les mouvements des camions, remorques et tracteurs. D’autre part, la spécialisation de plus en plus marquée des navires entraîne celle des postes d’accostage et de leur outillage.


Outillage

Les navires traditionnels transportant des marchandises diverses sont munis de treuils et de mâts de charge, de grues ou de portiques qui leur permettent d’assurer leurs opérations sans recourir à l’outillage terrestre. Dans certains ports, celui-ci peut être insuffisant ou, même, faire complètement défaut. En général, le rendement est moins bon qu’avec les engins de quai modernes. Quant aux navires spécialisés, ils ne peuvent guère, en pratique, opérer sans l’intervention d’outillages portuaires particulièrement adaptés à la nature de leurs chargements (containers, minerais, céréales, etc.).

L’engin classique est la grue à flèche inclinable et orientable montée sur un portique qui peut se déplacer sur rails le long du quai et sous lequel passent les wagons. Suivant la nature de la marchandise, les grues sont munies de bennes preneuses, de filets, de plateaux ou d’élingues, etc. Presque toutes sont, maintenant, mues électriquement, et leur puissance s’échelonne, le plus souvent, entre 3 et 12 t. Pour les colis exceptionnels, les principaux ports disposent de bigues sur pontons flottants de force variable pouvant être de l’ordre de 500 t. À côté des grues classiques sur rails se développent des équipements de grues sur pneus actionnées par moteur Diesel ou à essence, qui offrent une grande souplesse d’utilisation et dont les récents progrès ont augmenté la puissance. Certaines peuvent porter à 25 m une quarantaine de tonnes. Pour les lourdes charges, elles travaillent immobilisées et montées sur vérins.