Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
P

pont

Ouvrage de franchissement d’une route, d’une voie ferrée, d’un canal ou d’un cours d’eau, auxquels il livre passage sous sa portée en prenant appui sur des culées et, éventuellement, sur des piles intermédiaires.


Le pont est établi pour supporter une chaussée (pont-route), une voie ferrée (pont-rail) ou encore une voie d’eau (pont-canal).


Généralités

Le pont est un ouvrage de franchissement à l’air libre, en surélévation, ce qui le différencie du tunnel. Dans le cas de franchissement d’une vallée, large ou profonde, l’ouvrage prend le nom de viaduc. Les espaces libres entre piles et culées sont les travées, caractérisées à la fois par leur portée et leur hauteur libre, ou tirant d’air. Le pont peut être en forme de voûte, soit simple (pont en arc), soit multiple (s’il y a des piles intermédiaires) ; les travées deviennent alors des arches. Le pont peut aussi reposer sur ses piles et ses culées par des éléments droits (ponts à poutres). La partie supérieure, sur laquelle s’effectue la circulation, est le tablier. Le gabarit est l’espace nécessaire pour le franchissement sous ou sur l’ouvrage ; le gabarit est caractérisé par sa forme.

• Les ponts en arc sont en maçonnerie, en béton non armé, le plus souvent en béton armé ou en béton précontraint et enfin en acier. Les voûtes sont soit en plein cintre, soit en arc tendu (voûte surbaissée) ; la partie supérieure de la voûte est la clé, les points bas sont les naissances, ou retombées, et les parties latérales sont les reins. La distance entre les naissances se nomme l’ouverture ; la flèche est la hauteur verticale entre la clé et l’horizontale passant par le pied des naissances. Les ponts en arc exercent des poussées latérales sur les culées, lesquelles doivent les encaisser par leur masse, contre laquelle s’exerce la butée des terres. Sur les piles, les poussées latérales s’équilibrent de part et d’autre. Les voûtes peuvent être soit articulées, soit encastrées sur leurs appuis. Les voûtes en maçonnerie ou en béton non armé sont en général à section pleine ; les voûtes et les arcs en béton armé sont pleins ou évidés ; les arcs métalliques sont à âme pleine ou à treillis. La clé de voûte peut être articulée.

• Les ponts à poutres peuvent être à travées indépendantes ou à travées continues si l’on est assuré, dans ce cas, que les supports ne tasseront pas. Si les travées sont indépendantes, les poutres de chaque travée peuvent être soit sur appuis simples (reposant librement), soit encastrées dans le support. Les poutres peuvent être soit à âme pleine, soit à treillis. L’âme d’une poutre est comprise entre les membrures (inférieure et supérieure). Les poutres peuvent être droites (l’âme étant de hauteur constante et les membrures parallèles), à hauteur variable.

Les poutres continues à trois travées sont équilibrées quand la travée centrale équilibre les deux travées latérales.

En terme de chemin de fer, on désigne sous le nom de passage supérieur le franchissement de la voie ferrée située sous le pont et sous le nom de passage inférieur le franchissement par la voie ferrée de l’artère situé sous le pont.


Historique

Les premiers ponts ont été édifiés en bois ; le dernier pont en bois franchissant la Seine a disparu en 1885 ; à Paris, le pont de Grenelle, tout en bois, a duré jusqu’en 1874. La Suisse a conservé et continue à construire des ponts en bois, même de très grande portée.

Les premiers ponts de pierre oui été construits par les Romains (pont du Gard en Gaule, pont Saint-Ange à Rome).

Puis vinrent les ponts en fonte et les ponts en fer. Aujourd’hui, tous les ponts sont construits en acier (en câbles d’acier pour les ponts suspendus), en béton armé ou en béton précontraint. Les ponts de chemin de fer en béton armé n’ont été admis par la S. N. C. F. que depuis une époque relativement récente ; auparavant, tous les ponts sous voies ferrées étaient exclusivement en acier.


Conditions techniques imposées aux ponts par la voie franchie


La voie franchie est une artère routière

D’une manière générale, il convient de maintenir l’homogénéité de circulation sur les routes nationales ou sur les autoroutes ; le pont ne doit pas rétrécir la chaussée qu’il franchit, et la visibilité doit être conservée intégralement. Il est nécessaire que la chaussée soit encadrée de deux trottoirs sous le pont. Sur toute la largeur de la chaussée, le tirant d’air sous le pont doit être de 4,30 m ; si la voie franchie est une autoroute, le tirant d’air est porté à 4,75 m.


La voie franchie est une voie ferrée

Les hauteurs libres à respecter au-dessus des rails sont de 4,80 m pour les voies courantes non électrifiées par un troisième rail et de 5,50 m pour les voies électrifiées par caténaire à 1 500 V.


La voie franchie est une voie d’eau

Le débouché linéaire du pont est fixé par le lit mineur (longueur libre entre culées, piles déduites), et ce sont les crues qui fixent le débouché superficiel. De plus, il faut distinguer les plus basses eaux, les plus basses eaux navigables et les plus hautes eaux navigables ; l’étiage, ou niveau moyen d’été, est pris comme cote de référence pour fixer les hauteurs à ménager, notamment lors des crues. Des gabarits de navigation sont définis par l’autorité de tutelle et sont à respecter.

S’il s’agit d’une artère de navigation, il convient d’éviter tout rétrécissement du plan d’eau sous le pont que franchit le canal. Le tirant d’air au-dessus du plan d’eau est fixé impérativement par un gabarit ; il en est de même pour le tirant d’air au-dessus du chemin de halage.


Conditions techniques imposées au pont par la voie portée

• Pont-route. Des conditions sont à respecter en ce qui concerne les dimensions de la chaussée et des trottoirs. L’épaisseur du revêtement sur tablier est fixée à 6 cm de béton bitumineux sur couche de béton hydraulique. Les trottoirs sont constitués par une chape d’usure, sur couche de béton armé le plus souvent.