Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

armement maritime (suite)

famille d’armateurs français. Frank et son frère Julien fondent en 1867 un modeste armement, dont les deux premiers navires desservent les îles de Ré et d’Oléron. Au lendemain de la guerre franco-allemande de 1870, leur frère aine, Emile, qui était fixé à Mulhouse, vient se joindre à eux. Il joue un rôle déterminant dans la création du port en eau profonde de La Pallice. L’affaire est ensuite dirigée par le fils de Frank Delmas, puis par son gendre, Léonce Vieljeux, qui lui donne une impulsion décisive, mais qui sera déporté et fusillé en 1944 avec deux de ses collaborateurs ainsi que son petit-fils. Cet armement, dont l’activité a, depuis longtemps, débordé son cadre initial pour s’étendre à l’Angleterre, à l’Afrique du Nord et à l’Afrique noire, intègre en 1929 dix-sept navires de la flotte des chemins de fer du Paris-Orléans ; mais, de 1939 à 1945, il perd quatorze navires sur vingt. Avec une flotte rapidement reconstituée, il reprend la desserte de ses lignes traditionnelles et s’intéresse à de nouveaux trafics par accords avec des armements étrangers. En 1970, de nouvelles structures sont adoptées : un holding, la Compagnie financière Delmas-Vieljeux contrôle, d’une part, une société d’armement en pleine expansion qui à la suite d’un accord avec le groupe des Chargeurs réunis pour la desserte de la côte occidentale d’Afrique a pris la dénomination de Société navale Chargeurs-Delmas-Vieljeux, d’autre part la Société commerciale Delmas-Vieljeux, dont l’activité s’exerce notamment dans le domaine des combustibles. La Compagnie financière détient, en plus, des participations dans diverses sociétés dont un établissement bancaire, l’Union maritime et financière.


Fred Olsen,

armateur norvégien (Hvitsten 1857 - † 1933). Il commence sa carrière d’armateur en 1886, après avoir exercé le commandement de plusieurs voiliers de son père et s’être formé dans le commerce maritime par des stages en Angleterre et en France. En 1896, il commande son premier navire à vapeur et établit un service régulier entre Londres et la Norvège. Sa réputation grandissant, on lui demande de prendre en gérance divers armements peu prospères. Les lignes qu’il contrôle desservent alors la Grande-Bretagne, la France, la Belgique et la Hollande, puis La Plata en 1911 et enfin, à l’ouverture du canal de Panamá (1914), le Nord-Pacifique. En 1907, son fils avait créé son propre armement spécialisé dans le tramping, mais il meurt prématurément, et Fred Olsen reprend l’affaire. Malgré la disparition de vingt-trois navires sur quarante-quatre au cours de la Première Guerre mondiale, la société prend dès 1921 une nouvelle extension et, sous le nom de Fred Olsen and Co., absorbe l’armement Thoresen, qui avait quinze navires sur les lignes de la Méditerranée et des Canaries. En 1929 est commandé le premier pétrolier. La Seconde Guerre mondiale provoque la perte de vingt-huit navires, vite remplacés, notamment par des unités équipées pour le transport des viandes, des poissons et des fruits. En 1948, une nouvelle ligne est inaugurée sur le Maroc, et, en 1959, la société, en association avec un autre armement, participe à un service entre la Méditerranée et les grands lacs américains. La firme Fred Olsen and Co. contrôle un groupe d’importants chantiers norvégiens et une compagnie d’aviation, qui s’intéresse notamment au fret aérien.


Aristole Onassis,

armateur d’origine hellénique (Smyrne [auj. Izmir] 1906-Neuilly-sur-Seine 1975), ayant la double nationalité argentine et hellénique. Sa famille s’étant réfugiée en Grèce lors de la reconquête turque en 1922, il émigré peu après en Argentine. Après avoir créé un commerce d’importation de tabac d’Orient ainsi qu’une petite fabrique de cigarettes, il passe à d’autres domaines. Consul général de Grèce à Buenos Aires en 1930, il achète à bas prix, en pleine crise mondiale, six cargos canadiens, qu’il exploite sous pavillon panaméen. En 1936, il entreprend la construction d’une flotte pétrolière dans des chantiers suédois et la poursuit après la guerre en passant ses commandes aux États-Unis. Il acquiert aussi des liberty ships et des pétroliers des surplus américains. D’autres armateurs grecs en avaient déjà fait autant, comme Niarchos, qui allait devenir son beau-frère et avec qui il s’affrontera par la suite.

En 1950, Onassis crée avec des appuis allemands une flotte baleinière ; mais il rencontre de grosses difficultés avec le Pérou, allant jusqu’à la saisie de ses navires à propos de la limite des eaux territoriales. Puis des concurrents norvégiens invoquent des violations d’un accord international sur la pêche. En 1956, cette flotte est vendue à des Japonais.

Entre-temps, surgissait une grave menace aux États-Unis : les bénéfices réalisés par les armateurs grecs avec les surplus y avaient suscité des enquêtes sur les conditions de leurs cessions. Après des débats difficiles, une transaction intervient en 1955. Ces incidents n’empêchent pas le développement de la fotte pétrolière d’Onassis. Un accord passé avec l’Arabie Saoudite paraissant lui être trop favorable, il est accusé — sans preuves — d’avoir soudoyé ministres et hauts fonctionnaires de ce pays. De puissantes sociétés pétrolières américaines menaçant alors de boycotter ses navires, il se défend en invoquant la loi antitrust. Onassis poursuit ensuite le développement de sa flotte, qui dépasse 3 millions de tonnes de port en lourd. En 1957, à la demande du gouvernement grec, il prend en charge la ligne aérienne nationale, qui, sous le nom d’Olympic Airways, connaît alors un remarquable développement. Enfin, de 1960 à 1967, il anime la Société des bains de mer de Monaco.

Arménie

Royaume d’Anatolie orientale, aujourd’hui partagé entre la Turquie, l’U. R. S. S. et l’Iran.



Histoire

L’Arménie survécut à toutes les invasions durant deux millénaires, grâce à une situation géographique exceptionnelle : un plateau intérieur élevé et très compartimenté, protégé par des chaînes bordières hautes de 3 000 à 4 000 m. Ce profil de forteresse imprima à la nation arménienne une personnalité puissante, cependant que la claustration des vallées favorisait un individualisme farouche.