Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
P

pollution (suite)

Moyens de lutte contre la pollution des mers

• Pollution d’origine tellurique
Les moyens de lutte contre la pollution d’origine tellurique sont ceux qui sont employés pour combattre la pollution des eaux douces.

• Pollution d’origine pélagique
V. encadré « la pollution dans l’industrie du pétrole ».

J. S.


Autres types, très particuliers, de pollution


Les irrigations

Elles fertilisent les sols arides grâce à l’apport d’eau nécessaire aux plantes. Mais il ne faut irriguer d’une manière continue qu’avec circonspection et compte tenu à la fois de la constitution du sous-sol et du climat. Un exemple typique est celui de l’Algérie, où de grands travaux d’irrigation ont été effectués pour la culture des primeurs et surtout des agrumes. Or, le sous-sol de l’Algérie est fortement gypseux et légèrement salé. Durant les longues périodes de sécheresse, les remontées capillaires de la nappe phréatique provoquent un apport de gypse qui, progressivement, forme des couches de surface de plus en plus épaisses et qui imprègnent toute la couche de terre arable. Les pluies éliminent ensuite le sel, très soluble, mais non le gypse qui ne se dissout que très lentement, à raison de 2 g par litre seulement. Les terres irriguées perdent alors leur fertilité et deviennent improductives.


Les pesticides

Incontestablement, les insecticides ont rendu d’immenses services : destruction des anophèles et des culex, agents de transmission du paludisme et de la fièvre jaune, des criquets, des charançons, des doryphores, des pucerons, des chenilles processionnaires, etc.. Mais on en a trop abusé. Les oiseaux meurent. Certains lacs sont vidés de leur plancton et de leurs poissons. Les sols en sont infectés. Les plants de tabac très réputés des États du sud des États-Unis ont été traités jusqu’en 1954 par des composés arsenicaux. Puis cette pratique fut interdite, mais on retrouve toujours de l’arsenic dans les cendres des cigarettes américaines provenant de ces régions, ce qui accroît le danger de la nicotine et des goudrons. Le pesticide D. D. T. n’est pas le plus nocif, mais c’est le plus répandu. En poudre, il est absorbé par la peau grasse et les tissus adipeux, dans lesquels il demeure jusqu’à ce que ceux-ci perdent leur substance, durant une maladie par exemple. D’où des crises cardiaques et hépatiques très graves fréquemment constatées. L’empoisonnement chronique par le D. D. T., et par son dérivé le D. T. T., tend à devenir un fléau en raison de son pouvoir prodigieux de diffusion ; les œufs de pétrels des Bermudes et la graisse des manchots de l’Antarctique en contiennent.

Le D. D. T., le D. T. T., le lindane et le chlordane sont des insecticides du groupe des hydrocarbures chlorés. De nouveaux produits surpassent le D. T. T. en toxicité ; la dieldrine est 40 fois plus toxique : l’endrine l’est beaucoup plus encore, et le plus dangereux pour l’être humain et les vertébrés est le parathion, entraînant des paralysies foudroyantes, même avec des doses infimes.


La pollution alimentaire

Pour y remédier, il faut à la fois une prise de conscience des dangers courus, une surveillance accrue, des interdictions dans certains cas et une répression sévère vis-à-vis des contrevenants. Après la congélation des aliments est apparue l’irradiation. Le diphényle est pulvérisé sur la peau des agrumes importés des États-Unis, d’Israël, d’Afrique du Sud, d’Italie et d’Australie ; c’est un poison, et les jus de fruits, pour lesquels l’écorce est pressée, en sont imprégnés, intoxiquant lentement les enfants. Les États-Unis exportent des aliments comprenant des additifs dangereux, tels que le sulfate de cuivre, le nitrate de sodium, des phosphates, des colorants, des arômes, du glutamate monosodique, du propylèneglycol, du gallate de propyle, etc. Le vin blanc contient presque toujours de l’anhydride sulfureux en quantité excessive. Les décrets régissant en France les additifs existent, mais ils ne sont pas toujours respectés, faute d’un contrôle suffisant ; on ne prélève que 60 000 échantillons par an en France et le service de répression des fraudes est débordé. Les paraffines du chewing-gum sont cancérigènes. Le nitrate de sodium provoque des emphysèmes et des œdèmes pulmonaires parfois mortels. Le safrol des bières américaines dites « root beer » est responsable des cancers du foie. Certains colorants du beurre sont également cancérigènes.

Tous ces produits devraient faire l’objet d’une réglementation après avis techniques de commissions qualifiées.


La pollution thermique

La pollution thermique est un phénomène que l’on rencontre actuellement dans les eaux douces en raison de la multiplication des industries dont le fonctionnement nécessite des circuits de refroidissement et qui peut se produire en milieu marin semi-fermé.

Ainsi, une centrale classique de production thermique d’électricité de 3 000 MW peut réchauffer 120 m3/S de 7 °C. Une centrale nucléaire à graphite ou à eau légère réchaufferait le même débit de 11 à 12 °C.

Ce réchauffement a un avantage en réduisant le risque de gel des rivières, mais il engendre de nombreux inconvénients tels que : appauvrissement des eaux en oxygène, action stimulante sur la vitesse de multiplication d’algues, croissance de l’activité bactérienne, etc.


La pollution acoustique (ou pollution sonore)

Ces termes s’emploient parfois pour désigner un bruit dont la perception est une cause de gêne (v. nuisance).

Les principales sources de bruits gênants sont les aéronefs, les véhicules automobiles, les chantiers de travaux, les établissements industriels, les appareils électroménagers, les tondeuses à gazon, les matériels agricoles.

La gêne dépend de l’intensité de bruit, de la répartition de l’intensité dans les différentes bandes de fréquence, de l’évolution de l’intensité dans le temps, du niveau du bruit de fond et du moment de la journée.

J. S.