Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
P

Pollaiolo (Antonio et Piero del) (suite)

C’est en 1484 qu’Antonio se rend avec son frère à Rome pour exécuter le tombeau de bronze de Sixte IV (achevé en 1493, grottes vaticanes) : un gisant reposant sur un large socle qu’ornent les reliefs des Vertus et des Arts libéraux, œuvre dont la netteté d’exécution, dans les figures notamment, équilibre la faconde décorative. Vient finalement le monument funéraire pariétal d’Innocent VIII, gisant et statue trônante, dont l’ordonnance a été modifiée lors de son transfert dans la nouvelle basilique Saint-Pierre au xviie s.

Parmi les dessins qui nous sont parvenus, on retient spécialement les deux études pour une statue équestre, dans lesquelles le cheval se cabre au-dessus d’un guerrier tombé à terre (cabinet des estampes de Munich et collection Lehman, New York). Enfin, Antonio del Pollaiolo réaffirme la rude puissance de son dessin anatomique dans le burin du Combat d’hommes nus, incunable et chef-d’œuvre de la taille-douce italienne.

E. M. et G. G.

 A. Busignani, Pollaiuolo (Florence, 1970).

pollinisation

Transport du grain de pollen de l’étamine jusqu’au stigmate, qui s’opère de diverses façons suivant les espèces végétales.


On distingue l’autopollinisation (le pollen et le stigmate appartiennent au même individu) et la pollinisation croisée, encore appelée allopollinisation (le pollen et le stigmate sont sur des individus différents de même espèces, ou beaucoup plus rarement d’espèces voisines et interfécondes). La fécondation croisée est plus avantageuse pour l’espèce que l’autofécondation, car les associations de génotypes différents (v. sélection et génétique) permettent un mélange de caractères qui ne peut être obtenu par l’autopollinisation.


Pollinisation directe

La pollinisation directe a lieu lorsque l’étamine déhiscente vient s’appliquer sur le stigmate ou que l’agitation produite par le vent ou les Insectes aide le travail ; encore faut-il que stigmate et étamines soient mûrs en même temps. Ce type de pollinisation est obligatoire chez les fleurs cléistogames, qui ne s’épanouissent pas et sont fécondées à l’intérieur d’un bourgeon qui reste clos, par exemple chez certaines fleurs de Violette où le pollen germe dans l’étamine et de là atteint l’ovule ; beaucoup de Papilionacées sont aussi pollinisées avant l’épanouissement de la fleur.


Pollinisation croisée

Dans la plupart des espèces, en revanche, divers dispositifs empêchent l’autopollinisation. Ainsi, on observe, comme chez les Peupliers, l’existence d’individus mâles et d’individus femelles séparés (diœcie), ou simplement celle de fleurs mâles ou femelles (Chêne, Noisetier...). La présence d’une lame entre les organes mâle et femelle empêche leur contact chez les Orchidées. Une période de maturité différente pour les deux sexes oblige aussi à la pollinisation croisée : les étamines sont mûres les premières chez les Mauves, Épilobes, Labiées ; ce sont les stigmates qui mûrissent d’abord chez la Belladone, les Aracées. Parfois, ce phénomène a lieu simultanément dans toute l’inflorescence, ou même dans toutes les fleurs portées par un même individu. Les Avocatiers ne sont productifs que si l’on cultive des plants issus de clones différents : chez certains, les étamines sont mûres le matin et les stigmates le soir, chez d’autres c’est l’inverse. Une autostérilité est parfois provoquée par des sécrétions du style qui inhibent la germination du tube pollinique provenant du pollen de la même fleur, ou même qui empêche la fécondation d’aboutir. L’hétérostylie des Primevères interdit curieusement l’autofécondation. Les fleurs sont de deux types : à style long associé à des étamines courtes et au contraire à style court dominé par des étamines longues ; en outre, il existe de gros grains de pollen et d’autres fins et des stigmates à papilles grosses ou fines et serrées ; le tout est complété par des inhibitions chimiques, le pollen fin n’étant capable de germer que sur les stigmates à grains serrés situés sur une autre fleur, et inversement.


Agents de la pollinisation

Les modes de transport du pollen, d’une étamine sur le stigmate, sont très variés.


Mécanismes internes aux plantes

C’est surtout chez les végétaux auto-fertiles qu’on trouve ces mécanismes autonomes. Outre la pesanteur, qui joue souvent un rôle important, on peut voir des formes d’étamines qui favorisent l’autopollinisation. Chez l’Épine-Vinette (Berberis), l’anthère mûre s’applique sur le stigmate ; la Pariétaire possède des filets enroulés en spirale qui se détendent brusquement et projettent le pollen sur un stigmate étoile. Dans les fleurs cléistogames de Violette, le tissu de l’anthère a les mêmes propriétés que le tissu du style et conduit le tube pollinique dans l’ovaire.


Pollinisation par le vent (plantes anémophiles)

Les fleurs de Graminacées possèdent des étamines dont le filet s’accroît beaucoup au moment de la maturité, de sorte que les anthères sortent et pendent en dehors de la fleur. Elles sont secouées par le vent, qui emporte le pollen plus ou moins loin. Le stigmate, long et plumeux, est lui aussi externe et apte à recevoir le pollen. Le Noisetier à des chatons mâles pendants qui sont agités par le vent et laissent échapper une importante quantité de pollen. Chez les Conifères, le grain de pollen est orné de deux ballonnets latéraux qui le rendent léger et assurent pendant longtemps sa suspension dans l’air, parfois à 2 ou 3 km de hauteur, leur déplacement pouvant atteindre plusieurs centaines de kilomètres. De tels végétaux fabriquent des quantités énormes de pollen, dont la plus grande partie est perdue ; un très petit pourcentage de l’ensemble a des chances, au terme de ce voyage, d’atteindre un stigmate de même espèce. Ici, naturellement, il s’agit de plantes à fécondation croisée particulièrement bien adaptées.

20 p. 100 des végétaux seraient anémophiles ; beaucoup d’entre eux se trouvent dans les régions arides ou semi-arides, où règnent des vents secs et chauds assurant le transport dans de bonnes conditions de conservation.