Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
P

planète (suite)

Le globe de Saturne est fortement aplati (1/10 environ), et sa rotation se fait en un peu plus de 10 heures. Son diamètre apparent, voisin de 18″, en fait un objet facile à distinguer, mais son disque ne montre que des zones un peu plus grises dans les régions polaires et de latitude moyenne (tempérées). Très rarement et pour quelques rotations seulement, notamment en 1933 et en 1946, on a vu apparaître une tache claire sur l’une des bandes tempérées. L’atmosphère est semblable en composition à celle de Jupiter, mais beaucoup plus épaisse ; la température est de – 150 °C à l’extérieur.

Les anneaux sont au nombre de trois, séparés par deux divisions et qui sont, en partant de l’extérieur : l’anneau A, la division de Cassini, l’anneau B, nettement le plus brillant, la division de Lyot et l’anneau C, l’anneau de crêpe, qui est très sombre et pratiquement transparent. Une division interne sépare deux parties d’éclat un peu différent dans l’anneau B lui-même (division d’Encke). En 1969, P. Guérin a décelé sur des photographies prises au pic du Midi un anneau intérieur D supplémentaire, très pâle et visible dans les anses seulement. Cet ensemble d’anneaux est fait d’une foule de petits corps qui gravitent indépendamment sur des orbites concentriques ; Cassini le pensait dès 1705, et des considérations mécaniques l’ont prouvé par la théorie. En outre, on put le vérifier en 1895 en prenant des spectres où l’effet Doppler-Fizeau montre que la vitesse radiale des diverses parties de l’anneau décroît de façon continue vers l’extérieur, selon la loi des mouvements planétaires, c’est-à-dire comme la racine carrée de la distance au centre. Si l’anneau était solide ou constitué de parties solides, les vitesses seraient proportionnelles au rayon. Les apparences variables de Saturne avec son anneau, le jeu des ombres de l’un sur l’autre, le cortège de satellites, dont le plus gros (Titan) est comparable à Mercure et porte sur la planète une ombre visible, font de cet ensemble le spectacle le plus étonnant dans le ciel.


Uranus

La découverte d’Uranus, la première planète venue se joindre aux planètes qui étaient connues de toujours, fut le fruit du hasard en même temps que la récompense du zèle d’observateur de William Herschel (1738-1822), qui, trouvant le 13 mars 1781 un astre non ponctuel dans le champ de son télescope, le prit d’abord pour une comète. En moins d’une année, l’orbite était déterminée, et l’on reconnaissait une nouvelle planète ; on retrouvait d’ailleurs des observations précoces en 1690 et en 1756, comme ce devait être le cas de Neptune, puis pour Pluton.

Uranus est à la limite de visibilité pour l’œil nu ; dans les instruments, il se présente sous la forme d’un disque de 3″ 5 de diamètre, bleuâtre et sans détails autres que de vagues bandes grises qui montrent que son axe est incliné de 98° sur l’orbite, de même que les plans où circulent ses cinq satellites, qui, découverts en 1851 (I Ariel et II Umbriel) par William Lassell (1799-1880), en 1787 (III Titania et IV Obéron) par William Herschel et en 1948 (Miranda) par Gerard Pieter Kuiper (1905-1974), ont un mouvement rétrograde.

Le monde physique d’Uranus est mal connu ; en surface, la température moyenne est de l’ordre de – 190 °C, et l’atmosphère comporte de l’ammoniac, du méthane et de l’hydrogène.


Neptune

Après la découverte fortuite d’Uranus, on ne rechercha pas au-delà, mais l’observation de cette nouvelle planète présenta au bout de 40 ans des déviations systématiques par rapport au calcul, déviations qu’Urbain Le Verrier (1811-1877) eut l’idée géniale d’attribuer à l’influence d’une planète extérieure à Uranus. Au prix d’hypothèses valables et dont les incertitudes ne pouvaient fausser les résultats au-delà de limites connues, Le Verrier réussit à déduire des éléments orbitaux et à prévoir la position de l’objet. Ayant reçu de lui une éphéméride pour la fin de septembre 1846, l’astronome allemand Johann Gottfried Galle (1812-1910) observa la région indiquée et, le 23 septembre, trouva un astre qui, en peu de jours, se révéla être bien la planète nouvelle attendue. Il convient d’associer à l’exploit mathématique de Le Verrier la tentative menée parallèlement, avec des résultats très voisins, par le jeune Anglais John C. Adams, mais qui n’avait pas convaincu ses pairs en son pays, où il n’avait pas la notoriété de Le Verrier en France.

Neptune est encore une grosse planète, avec un diamètre trois fois et demie celui de la Terre et une masse dix-sept fois plus forte. On lui connaît deux satellites, découverts, le premier (Triton), par Lassell le 10 octobre 1846 à Starfield, près de Liverpool, et le second (Néréide), par Kuiper le 1er mai 1949. L’orbite de Néréide est très particulière ; décrite presque exactement en une année terrestre (359 jours), elle est exceptionnellement allongée, puisque son excentricité atteint 0,76, sa distance à Neptune variant dans le rapport de 1 à 7.

Neptune a un diamètre apparent de 2″ 5 donc très accessible aux instruments actuels. Sa rotation se fait en un peu moins de 16 heures autour d’un axe incliné de 29° sur le plan orbital. On voit Neptune dans les plus petites lunettes, sa magnitude apparente étant environ 8.


Pluton

La découverte de Neptune avait relancé l’idée de rechercher soit par les mêmes moyens, soit plutôt par un sondage photographique de tout le zodiaque une planète supplémentaire encore plus éloignée du Soleil. Cette immense entreprise, commencée en 1906 et menée de façon discontinue par plusieurs observatoires successifs, aboutit en 1930 quand Clyde Tombaugh découvrit, le 13 mars, sur deux clichés pris, dans la constellation des Gémeaux, au début de l’année au nouvel observatoire de Flagstaff (Arizona) un objet de très faible éclat, bientôt identifié comme la neuvième planète, à 6° environ de la position prévue 15 ans auparavant par Percival Lowell (1855-1916). On rechercha l’objet sur des clichés antérieurs, ce qui donna une position pour 1921. La planète fut baptisée Pluton et désignée par le signe IL, qui rappelle en même temps le nom de Percival Lowell.