Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
P

placenta (suite)

Embryologie

Le placenta est un organe fœtal et se forme en même temps que l’embryon. Il provient de la couche périphérique de l’œuf humain, qui s’est différenciée en trophoblaste, le reste de l’œuf constituant le bouton embryonnaire.


Rôle du placenta

Ce rôle est double : le placenta est un filtre et un organe endocrine.

• En tant que filtre, il régit les échanges fœto-maternels. De ce fait, il tient sous sa dépendance la vie du fœtus, qui meurt lorsque le placenta est fortement altéré ou se décolle prématurément. La surface du revêtement villositaire, c’est-à-dire la superficie d’échanges entre les sangs maternel et fœtal (« barrière placentaire »), atteint de 13 à 14 m2, ce qui explique l’importance de ces échanges. Le mécanisme de transfert peut être un mécanisme de diffusion (diffusion simple ou diffusion par molécule porteuse), une intervention active enzymatique des cellules placentaires ou un passage direct par solutions de continuité. L’oxygène et le gaz carbonique passent par simple diffusion, grâce aux différences de leur pression partielle dans le sang maternel et fœtal.

L’eau, le chlore, le sodium, le potassium, le calcium, le fer, les acides aminés, les glucides, les vitamines, les hormones, etc., franchissent également la barrière placentaire selon des modalités variables. Les anesthésiques et les toxiques passent facilement de la mère à l’enfant. Le passage des bactéries est certain pour la plupart des germes connus et pour presque tous les virus.

• Le rôle endocrine du placenta est caractérisé par la production d’hormones glycoprotéiques (gonadotrophines chorioniques, dont la présence dans les urines de la femme enceinte permet un diagnostic biologique de la grossesse, et hormone lactogène placentaire) et de stéroïdes (œstrogènes et substances progestatives). Les études récentes ont permis de montrer que la synthèse de ces hormones avait lieu dans le syncytiotrophoblaste. En ce qui concerne la synthèse des stéroïdes, certaines enzymes indispensables manquent dans le tissu placentaire, mais sont présentes dans les tissus fœtaux. Ces faits ont conduit à définir la notion d’« unité fœto-placentaire », qui souligne le rôle indissociable du placenta et du fœtus dans la synthèse hormonale.


Pathologie

On désigne sous le nom de « maladies du trophoblaste » la môle hydatiforme et le chorio-carcinome. La môle est une dégénérescence kystique des villosités placentaires, incompatible avec le développement d’un fœtus normal. Le chorio-carcinome est une tumeur maligne redoutable dérivée du tissu placentaire, développée une fois sur deux à partir d’une môle.

Indépendamment de cette pathologie très particulière, de nombreuses anomalies du placenta peuvent perturber le cours d’une grossesse. Le placenta peut s’être fixé non pas dans le fond utérin, comme il est normal, mais à sa partie basse, réalisant un placenta « praevia », exposant aux hémorragies graves pendant la grossesse et lors de l’accouchement. Même normalement inséré, il peut se décoller de la paroi utérine sous l’action d’un hématome rétroplacenlaire soit à la suite d’un traumatisme, soit de façon dite « spontanée », dans le cadre classique de la toxémie gravidique. Enfin, on commence à isoler un syndrome d’insuffisance placentaire, qui serait à l’origine de certains retards de croissance du fœtus, et même de certaines morts in utero, jusque-là restés sans explication.

Après l’accouchement, le placenta peut ne pas bien se décoller et rester dans l’utérus. On parle alors de rétention placentaire, qui oblige à faire une délivrance artificielle.


Exploration du placenta

On peut localiser l’insertion exacte du placenta avec certaines techniques radiologiques, mais surtout à l’aide de produits radioactifs comme le technétium, ou à l’aide des ultra-sons. Cette localisation permet de porter le diagnostic de placenta praevia et de préciser le lieu des ponctions amniotiques. Les dosages hormonaux, notamment de l’hormone lactogène placentaire, explorent sa fonction endocrine. Sa fonction d’échanges gazeux s’explore par la recherche de signes d’hypoxie chez le fœtus. Enfin, des techniques récentes, du domaine de la recherche, permettent de mesurer le débit sanguin au niveau du placenta, en utilisant des substances radioactives.

Ph. C.

➙ Accouchement / Embryon / Fœtus / Grossesse.

 K. Benirschke, The Pathology of the Human Placenta (New York, 1967). / R. Torpin, The Human Placenta, its Shape, Form, Origin and Development (Springfield, Illinois, 1969).

plafond

Partie horizontale haute des pièces d’un immeuble située sous les planchers de l’étage supérieur, soit en y adhérant directement, soit en se trouvant suspendue par l’intermédiaire de fils métalliques.



Historique

Dans des immeubles anciens, on rencontre encore la partie supérieure des pièces sans interposition de plafond, laissant apparentes les poutres et les solives de large équarrissage, ce qui produit souvent un effet décoratif indiscutable. L’apparition du plâtre au xviie s. a modifié ce goût, et l’on est passé rapidement à la pose de plafonds plats et horizontaux ne comportant que des moulures sur le pourtour des pièces et autour des points d’accrochage des lustres ; l’éclairage y a gagné largement grâce à la diffusion vers le bas de la lumière réfléchie par l’écran blanc des plafonds en plâtre. À l’origine, les moulures et les reliefs étaient sculptés directement dans le plâtre, ce qui donnait un cachet d’originalité artistique, mais, par la suite, on s’est aperçu que les éléments rapportés et cloués, exécutés en série, étaient plus économiques. Puis, on en est venu aux plafonds nus, sans décors.


Plafonds suspendus

Les plafonds faisant corps avec la partie basse des planchers de l’étage supérieur ne sont pas indépendants du gros œuvre et ils doivent suivre les déformations du plancher supérieur, non seulement sujet à des déformations propres, mais aussi soumis aux légères variations des murs et des cloisons ; d’où le danger de fissures presque inévitables dans les plafonds anciens, surtout aux angles rentrants, par effet de coin, ou en de multiples endroits par effets de traction, et risques de décollement par effets locaux de compression.