Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

Arius (suite)

Face au concile

Devant tant de passion, Constantin, soucieux avant tout d’ordre, croit devoir intervenir. Il charge l’évêque Hosius (ou Ossius) de Cordoue, son expert en matière ecclésiastique, de porter à l’évêque Alexandre et à Arius une lettre dans laquelle l’empereur essaie de tenir la balance égale entre les deux antagonistes. La missive impériale n’arrange rien : Hosius peut constater sur place que la querelle a débordé Alexandrie et l’Égypte, et qu’elle est devenue une affaire qui intéresse le christianisme oriental tout entier. On comprend alors que se soit imposée à l’esprit de Constantin l’idée d’un grand concile réunissant les évêques de toute la chrétienté. Ce premier concile œcuménique de l’histoire s’ouvre à Nicée le 20 mai 325 ; ses travaux dureront un mois, et quelque 300 évêques y participent. Une puissante majorité se dessine pour condamner les idées d’Arius, qui n’a plus que le choix ou de s’incliner ou de partir en exil, car l’empereur appuie de son autorité les décisions conciliaires. Arius choisit l’exil et se voit assigné à résidence dans l’Illyricum avec ses partisans. Au bout de trois ans, il est rappelé par l’empereur et invité à s’expliquer devant lui. L’euphorie de Nicée est tombée, et le vent tourne en faveur des ariens. Le concile de Tyr-Jérusalem (335) prononce la déchéance d’Athanase, successeur du patriarche Alexandre, et réhabilite Arius.


Une mort qui ne résout rien

Son retour à Alexandrie provoque des émeutes, les partisans de l’évêque exilé Athanase manifestant violemment. L’empereur est mécontent de ces désordres, et la réhabilitation solennelle ne peut avoir lieu. Pourtant, les fidèles d’Arius et Eusèbe de Nicomédie tiennent à une réintégration en grande pompe. Avec l’accord de Constantin, elle aura donc lieu à Constantinople, malgré l’opposition de son vieil évêque. On ne sait trop ce qui serait arrivé si, la veille de ce jour préparé avec tant de fièvre, Arius n’était mort subitement — il avait quatre-vingts ans.

En tout état de cause, sa fin n’est pas celle de l’arianisme : les idées qu’il avait lancées allaient longtemps perturber le monde chrétien.

La grande bataille engagée durera cinquante ans encore. En 381, le concile de Constantinople sonne le glas de l’arianisme dans l’Empire. L’arianisme va survivre quelques années, mais dans la clandestinité, et saint Ambroise* étouffera ses derniers sursauts en Occident.

Pourtant, par un singulier concours de circonstances, il reviendra, réimporté avec les invasions barbares. Propagé chez les Goths de Mésie par un disciple d’Eusèbe de Nicomédie, l’évêque Ulfilas (v. 311-v. 383), il sera transmis par eux aux autres Barbares. Les envahisseurs Wisigoths, Vandales, Burgondes, Ostrogoths et Lombards l’amèneront avec eux en Italie, en Gaule, en Espagne et en Afrique. L’arianisme ne sera définitivement vaincu que par la conversion des Francs et des Lombards aux vie et viie s.

I. T.

➙ Barbares / Byzantin (Empire).

Arizona

État de l’ouest des États-Unis ; 295 022 km2 ; 1 772 000 hab. Capit. Phoenix.


Les collines, les plaines et les vallées qui occupent le sud de l’État se distinguent par leur aridité (190 mm de pluies à Yuma). Les plateaux du Colorado (de 2 000 à 3 500 m d’altitude) et les montagnes du nord du pays (jusqu’à 4 000 m) reçoivent de 500 à 600 mm de pluies (dont une fraction tombe sous forme de neige en hiver). Les températures d’été, très élevées dans les régions basses du Sud, sont plus modérées dans le Nord par suite de l’altitude (maximum quotidien de juillet : entre 38 et 43 °C à Yuma ; de 20 à 30 °C au bord du Grand Canyon du Colorado, à 2 100 m). En hiver, il ne gèle presque jamais dans les plaines et les vallées du Sud ; mais la température peut s’abaisser à – 10 °C dans les hautes terres du Nord. L’insolation est un trait climatique important de l’Arizona : de 80 à 85 p. 100 en moyenne, avec des taux plus élevés dans le Sud-Ouest.

Les petits cours d’eau sont le plus souvent à sec. Seules les artères maîtresses, alimentées par les pluies et neiges des hauts reliefs, ont un débit permanent, comme le Colorado.

Absente des régions les plus arides, la végétation est constituée par la « brousse à créosote » (Larrea mexicana) dans les semi-déserts du Sud-Ouest, par des forêts claires d’espèces xérophiles (pins, chênes, genévriers) sur les plateaux du Nord et par la steppe à armoise dans les hautes vallées.

Sécheresse, luminosité, végétation et sol absents ou discontinus donnent aux formes structurales un style angulaire et aux roches des couleurs violentes. Il en est ainsi des cônes et mesas volcaniques, des buttes témoins sédimentaires, des glacis rocheux et surtout du grand cañon du Colorado (1 600 m de profondeur et de 5 à 25 km de largeur).

L’Arizona actuel paraît avoir été le siège d’une civilisation prospère avant l’arrivée des Européens au xviie s. L’occupation espagnole, puis hispano-mexicaine, se limita à la partie méridionale du pays. Celui-ci fut conquis par les Américains en même temps que d’autres États de l’Ouest aux dépens du Mexique (1848) et agrandi en 1853 (Gadsden Purchase).

La guerre de Sécession, les conflits avec les Apaches et les Navahos ainsi que le caractère désertique du pays retardèrent le peuplement et la mise en valeur. Les prospecteurs ouvrirent la voie (cuivre, argent, plomb dans le Sud-Est). Des travaux d’irrigation furent entrepris sur le Gila et la Salt ; Tucson et Phoenix s’édifièrent à la faveur des voies ferrées. L’Arizona dépassa les 200 000 habitants en 1910 et fut admis au rang d’État dans l’Union en 1912.

La population comprend un fonds indien (notamment les Navahos, qui, au nombre de 57 000 il y a un siècle, ont sextuplé depuis), un élément hispano-mexicain plus ou moins métissé et les immigrés américains. Elle s’est accrue lentement jusqu’à la Seconde Guerre mondiale ; celle-ci a stimulé le développement industriel (construction de pièces d’avions, traitement des métaux et alliages). Depuis la guerre, la migration « vers le soleil », dont bénéficient les États du Sud-Ouest, provoque un fort accroissement de population en Arizona (36 p. 100 entre 1960 et 1970). La population urbaine est passée de 30 p. 100 en 1940 à 75 p. 100 aujourd’hui, au bénéfice surtout de Phoenix (582 000 hab. ; 863 000 aggl.) et de Tucson (263 000 hab. ; 294 000 aggl.). Cette évolution contribue à réduire l’occupation du sol dans un État qui n’a qu’une densité de 6 habitants au kilomètre carré, une des plus faibles aux États-Unis.

Les mines font de l’Arizona le premier producteur de métaux non ferreux de l’Union : cuivre en tête, puis or, argent, tungstène, molybdène, vanadium, plomb, zinc et uranium.