Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
P

photogrammétrie (suite)

Reconstitution analytique de l’objet

Pour un couple de clichés sur lesquels on identifie au moins les homologues a, b, et c de trois points A, B et C de coordonnées-objets connues, si l’on mesure sur un monocomparateur ou un stéréocomparateur les coordonnées-clichés x1, y1, x2 et y2 de ces points et celles d’autres points M, N, etc., bien répartis (un total de cinq points au minimum), on peut calculer l’orientation relative et absolue des deux clichés ainsi que les coordonnées-objets de chacun de ces points (fig. 10).

En étendant les mesures de coordonnées-clichés à tous les clichés d’une bande, on peut calculer successivement l’orientation relative de tous les clichés les uns par rapport aux autres et considérer l’ensemble de la bande comme un seul modèle rigide ; il suffit ensuite d’un minimum de trois points connus pour assurer la mise à l’échelle et l’orientation absolue de l’ensemble. Les bandes de clichés voisines, traitées de la même façon, sont ensuite ajustées sur les points connus identifiés de l’objet et sur les points communs avec la bande précédente. Des compensations de tout le bloc de bandes ajustent ensuite chacun des points identifiés sur ses coordonnées connues et les liaisons entre chacun des modèles pour assurer le mieux possible mise à l’échelle et orientation absolue de chaque modèle. Cette méthode, l’aérotriangulation analytique, est employée pour déterminer un canevas de points connus en vue de la restitution analogique à partir d’un canevas réduit déterminé sur l’objet, difficilement accessible ; la complexité des calculs qu’elle entraîne impose l’emploi d’un ordinateur.

C. T.

 K. Schwidefsky, Grundriss der Photogrammetrie (Leipzig, 1936 ; 6e éd., Stuttgart, 1963). / American Society of photogrammetry, Manual of Photogrammetry (New York et Chicago, 1945 ; 3e éd., Falls Church, Virginie, 1966). / B. Hallert, Photogrammetry (New York, 1960). / M. D. Konchin, Photogrammétrie aérienne (en russe, Moscou, 1967). / F. Ollivier, la Topographie sans topographes, traité de photogrammétrie (Éd. de la Revue d’optique, 1967). / H. Bonneval, Photogrammétrie générale (Eyrolles, 1972 ; 4 vol.). / R. Martin et R. Challine, Photogrammétrie (Eyrolles, 1973).

photographie

Art d’écrire avec la lumière ; obtention d’une image par un procédé faisant intervenir l’optique pour former l’image sur une émulsion photosensible et la chimie pour fixer cette image. (On nomme aussi photographie la reproduction de l’image ainsi obtenue.)



Technique de la photographie

L’émulsion photosensible est le plus souvent du gélatino-bromure d’argent, dont la sensibilité générale et la sensibilité chromatique sont améliorées par maturation et par adjonction de produits sensibilisateurs. Les très fins cristaux de bromure (ou iodure, ou chlorure, ou chlorobromure) d’argent doivent leur sensibilité à des germes répartis sur les faces ou à l’intérieur des cristaux, et leur nature les apparente à des particules d’argent colloïdal. Ce sont ces grains d’argent colloïdal qui constituent le support de l’image latente. Sous l’action de la lumière, ils subissent une modification qui sera rendue visible par l’effet du révélateur. Celui-ci développe le germe impressionné en lui apportant de l’argent réduit emprunté au petit cristal qui le supporte. L’image obtenue, il faut arrêter l’opération en son processus et la fixer.


La prise de vue

L’appareil de prise de vue photographique est essentiellement constitué par une chambre noire. À l’avant de cette chambre est l’ouverture, munie de l’optique, et à l’arrière est placée l’émulsion, qui reçoit l’image formée. L’ouverture pourrait être un simple petit trou, ou sténopé, mais l’introduction d’une optique, ou objectif, qui peut être amovible, assure une plus grande luminosité de l’image et une amélioration de ses qualités. On adjoint à l’objectif un diaphragme réglable et un viseur soit indépendant, simple ou à télémètre couplé pour le réglage de la distance, soit incorporé dans les appareils à visée réflexe. La prise de vue implique un triple réglage : temps, ou durée d’obturation, diaphragme, ou dimension de l’ouverture, et distance du sujet à l’objectif. La durée d’obturation pour un diaphragme donné se détermine au moyen d’un posemètre qui n’est autre qu’un appareil mesurant la quantité de lumière que reçoit le sujet par unité de surface. L’ouverture du diaphragme est déterminée par la profondeur de champ désirée ; plus le diaphragme sera fermé, plus grand sera le champ fournissant des images nettes. Dans les appareils modernes, on tend souvent à un automatisme de ce double réglage au moyen d’une cellule photo-électrique incorporée. La profondeur de champ net dépend aussi de la focale (objectif) utilisée ; plus cette focale est courte, plus grand est le champ de netteté ; le téléobjectif réduisant cette profondeur de champ implique donc un réglage soigné ou de faibles ouvertures. Dans beaucoup d’appareils modernes, le diaphragme se trouve remplacé par un rideau contrôlant une fente plus ou moins étroite et qui se déplace devant l’émulsion à une vitesse variable, contrôlant le temps de prise de vue.


Le format

L’émulsion sensible peut être une plaque de verre, un film plastique en support ou un film enroulé dans un chargeur ; cette dernière formule est aujourd’hui la plus courante. Les formats de grande dimension, tels que les formats 13 × 18 cm ou 9 × 12 cm, ne sont plus guère utilisés que par les professionnels pour des usages particuliers, tels que photo industrielle, de mode... Les formats les plus usuels sont les formats 6 × 9 cm ou 6 × 6 cm et surtout les petits formats qui utilisent le film 35 mm en 24 × 36 mm ou en 24 × 24 mm (voire de plus petits encore avec le film 16 mm) ; le petit format a permis la réalisation d’appareils compacts, maniables ainsi que le développement de la photographie en couleurs et la projection des diapositives ainsi obtenues.


Le traitement des photographies noir et blanc