Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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phobie (suite)

• la nosophobie est la peur pathologique et invincible des maladies, des accidents, d’une blessure, d’une lésion quelconque et aussi de la mort (thanatophobie). À vrai dire, peu d’hommes échappent à la peur de la mort. Mais, chez les phobiques, il s’agit d’une angoisse telle qu’elle bloque le sujet dans toute activité à risque nul ou minime et devant tout symptôme physique personnellement ressenti.

Tous ces symptômes phobiques se répartissent très différemment selon les malades : certains sujets n’ont qu’une ou deux phobies bien caractérisées. D’autres en ont davantage. Il y a de multiples formes de passage de transition entre les phobies véritables et l’anxiété pure ou flottante.

De plus, il existe des pseudo-phobies, des phobies instinctives ou des phobies accidentelles, voire conditionnées, qui n’ont pas la signification de vrais symptômes phobiques. À cette énumération il convient d’ajouter les nombreuses phobies infantiles qui ne sont pas pathologiques et qui dépendent des diverses étapes du développement neuropsychique.


La personnalité, ou fond névrotique phobique

Il s’agit d’abord d’un tempérament hyperémotif, probablement en rapport avec un système nerveux prédisposé. Mais il y a aussi une manière d’être et de se comporter typiquement phobique : état d’alerte psychologique permanent plus ou moins extériorisé, tension anxieuse, timidité, inhibitions diverses dans les domaines socio-professionnels, sexuels, sentimentaux. Les phobiques sont des candidats au « trac ». Ils cherchent toujours à fuir. Cependant, certains d’entre eux témoignent d’une assurance excessive, d’une combativité, d’une arrogance qui trompent l’observateur. C’est la « fuite en avant » dans un flot de paroles, dans des actes divers, dans une vie professionnelle excessive.


Causes

Les causes de la névrose phobique ne sont connues que très imparfaitement. Les théories psychanalytiques ont toujours trouvé dans le symptôme phobique et le développement de la personnalité du phobique un domaine idéal pour la psychogenèse. Chaque phobie a pour chaque patient une signification symbolique inconsciente. Ses origines seraient anciennes et dérivées de conflits inconscients du développement infantile avec, comme éléments prédominants, un stade œdipien non résolu et une angoisse de castration. C’est pourquoi la psychothérapie psychanalytique a, depuis longtemps, été considérée comme la seule efficace et logique dans la cure de la névrose phobique.

En fait, la réalité est probablement plus complexe et plus large. Il faudrait définir plus précisément et en termes scientifiques le mode de fonctionnement neurophysiologique du système nerveux dans le mécanisme des phobies. Cela ne suffirait pas, d’ailleurs, à comprendre un symptôme aussi étonnamment psychologique ou mental. De nombreux travaux s’efforcent, en s’appuyant sur les théories du conditionnement*, de montrer comment se constitue, puis se pérennise une phobie. D’où les multiples essais thérapeutiques actuels inspirés du béhaviorisme* et des expériences de Pavlov*, qui obtiennent des succès incontestables. Il y a un rapprochement à faire avec les observations du comportement animal. Il est des phobies instinctives quasi biologiques et d’autres qui ont été conditionnées par la société, le milieu scolaire professionnel ou familial. Dire que ce sont des pseudophobies ne simplifie pas le problème étiologique ou celui de la recherche psychopathologique. Au contraire, ces pseudophobies laissent entrevoir la possibilité d’expliquer les phobies à travers un autre prisme que celui de la symbolique psychanalytique.


Évolution et traitement

L’évolution et le traitement des névroses phobiques sont d’une déroutante diversité, si bien que chaque méthode thérapeutique compte avantageusement ses succès.

La plupart des névroses phobiques évoluent par poussées entrecoupées de rémissions parfois très longues. C’est souvent (pas toujours, il est vrai) que les symptômes phobiques éclatent au moment d’un état dépressif réactionnel ou purement névrotique. Certaines formes sont sévères et durables, et d’autres bénignes.

Dans la pratique médicale quotidienne, la névrose phobique peut se traiter par la chimiothérapie : psychotropes tranquillisants et antidépressifs, neuroleptiques doux, narco-analyses répétées. La psychothérapie est toujours utile, qu’elle soit de soutien, de sécurisation ou psychanalytique au sens strict ; elle met en œuvre des moyens de déconditionnement variés, qui commencent à se développer en France, par les méthodes dites « de relaxation » et par toutes les techniques de maîtrise du corps.

G. R.

➙ Névrose.

 A. L. Hesnard, les Phobies et la névrose phobique (Payot, 1961). / L. Michaux, les Phobies (Hachette, 1968).

phonation

Production des sons et communication acoustique dans le règne animal.



Appareils et méthodes de production des signaux acoustiques

Les animaux ont tous des moyens de communication mettant en œuvre la production et la réception de signaux de nature physico-chimique diverse. Les signaux acoustiques appartiennent à ce système. Perçus par les organes de l’audition*, ils sont émis par des moyens souvent très différents, qui commandent leur structure physique, dans le cadre des divers comportements de relation où ils sont mis en œuvre.

Selon les espèces, les appareils phonateurs sont plus ou moins spécialisés et sont répartis sur ou dans différentes parties du corps. Chez de nombreux Invertébrés, on observe des organes bilatéraux, mais, chez les Vertébrés, les organes phonateurs sont le plus souvent impairs.

• Chez les Invertébrés, on connaît six types principaux de générateurs acoustiques :
1o la percussion d’un support résonnant appartenant au milieu extérieur, par un choc du corps (c’est le cas du Coléoptère Vrillette, l’« Horloge de mort ») ;
2o la vibration d’organes non spécialisés, comme les ailes (par exemple chez les Moustiques, les Drosophiles, les Abeilles) ou le frottement du corps contre les parois d’une coquille (chez le Crustacé Balane) ;
3o des râpes dentées excitant par friction un corps vibrant : aile, patte, antenne, élytre. Ces appareils, hautement différenciés, se rencontrent sur diverses parties du corps : tête, antenne, thorax, élytres, abdomen ; on les trouve chez de nombreux Insectes : Orthoptères, Coléoptères et les Crustacés ;
4o des plaques semi-rigides excitées par des contractions musculaires, recouvrant le plus souvent une cavité résonnante (ce sera le type de la Cigale, où cette plaque se nomme timbale, et de certains Papillons de nuit) ;
5o l’aspiration et l’expiration d’air au travers d’un orifice fonctionnant comme une buse ou une anche, type sifflet, comme chez le Papillon Sphinx-Tête-de-mort (on peut y associer l’expulsion d’un gaz qui explose à l’air, comme chez le Coléoptère Bombardier) ;
6o un organe-piston fonctionnant comme un bouchon qu’on extrait d’une bouteille (cas de la Crevette Alphéide).