Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
P

philosophie (suite)

➙ Aliénation / Arabes [la philosophie arabe] / Causalité et déterminisme / Contradiction et dialectique / Cyniques (les) / Éléates (les) / Épicurisme / Existentialisme / Hégélianisme / Ioniens (les) / Logique / Lumières (esprit des) / Marxisme / Matérialisme / Moyen Âge (philosophie du) / Phénoménologie / Psychanalyse / Sceptiques (les) / Science / Stoïciens (les) / Structuralisme.
On peut également se reporter aux articles consacrés aux philosophes.

 G. W. F. Hegel, Encyclopädie der philosophischen Wissenschaften im Grundrisse (Heidelberg, 1817 ; trad. fr. Encyclopédie des sciences philosophiques en abrégé, Gallimard, 1970). / F. Uberweg, Grundriss der Geschichte der Philosophie (Berlin, 1863-1868, 3 vol. ; 13e éd., 1951-1953, 5 vol.). / G. de Ruggiero, Storia della filosofia (Bari, 1918-1933 ; 8 vol.). / G. Kafka (sous la dir. de), Geschichte der Philosophie in Einzeldarstellungen (Munich, 1921-1933 ; 37 vol.). / E. Bréhier, Histoire de la philosophie (Alcan, 1928-29, 2 vol. ; nouv. éd., P. U. F., 1967-1969, 9 vol.). / F. C. Copleston, A History of Philosophy (Londres, 1947-1963, 7 vol. ; trad. fr. Histoire de la philosophie, Casterman, 1958 et suiv., 3 vol. parus). / H. Meyer, Geschichte der abendländlischen Weltanschauung (Würzburg et Paderborn, 1947-1950 ; 5 vol.). / H. Gouhier, la Philosophie et son histoire (Vrin, 1948). / A. Rivaud, Histoire de la philosophie (P. U. F., 1948-1968 ; 6 vol.). / K. Jaspers, Einführung in die Philosophie (Zurich, 1950 ; trad. fr. Introduction à la philosophie, Plon, 1951) ; Die grossen Philosophen (Munich, 1957 ; trad. fr. les Grands Philosophes, Plon, 1963). / G. Truc, Histoire de la philosophie. Du brahmanisme à l’existentialisme (Fischbacher, 1950 ; nouv. éd., 1963). / A. Cresson, les Systèmes philosophiques (A. Colin, 1951). / P. Ducassé, les Grandes Philosophies (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1954 ; nouv. éd., 1962). / R. Klibansky (sous la dir. de), la Philosophie au milieu du xxe siècle (Florence, 1958 ; 4 vol.). / B. Russell, Wisdom of the West (Londres, 1959 ; trad. fr. l’Aventure de la pensée occidentale, Hachette, 1961). / L. Lavelle, Panorama des doctrines philosophiques (A. Michel, 1967). / The Encyclopedia of Philosophy (Londres, 1967 ; 8 vol.). / A. Kojève, Esquisse d’une histoire de la philosophie païenne (Gallimard, 1968-1973 ; 3 vol.). / J.-F. Revel, Histoire de la philosophie occidentale (Stock, 1968-1970 ; 2 vol.). / L. Jerphagnon, Introduction à la philosophie générale. La philosophie et les philosophes (SEDES, 1969). / B. Parain (sous la dir. de), Histoire de la philosophie (Gallimard, « Encycl. de la Pléiade », 1969-1973 ; 2 vol. parus). / La Philosophie (Denoël, 1969). / A. Koyré, Études d’histoire de la pensée philosophique (Gallimard, 1971). / R. Mucchielli, Histoire de la philosophie et des sciences humaines (Bordas, 1971). / F. Chatelet (sous la dir. de), Histoire de la philosophie (Hachette, 1972-73 ; 8 vol.). / L. Jerphagnon (sous la dir.), Dictionnaire des grandes philosophies (Privat, Toulouse, 1973). / G. Legrand, Dictionnaire de philosophie (Bordas, 1973). / L. Braun, Histoire de l’histoire de la philosophie (Ophrys, Gap, 1974). / J.-T. Desanti, la Philosophie silencieuse ou Critique des philosophies des sciences (Éd. du Seuil, 1975).

Phnom Penh

Capit. du Cambodge ; 618 000 hab. en 1968. (En raison de l’afflux des réfugiés, la population de Phnom Penh était estimée à 1 600 000 habitants en 1972.)


Phnom Penh est sans doute la plus belle ville de l’Asie du Sud-Est. Elle le doit d’abord à sa situation au confluent des « Quatre Bras » (en cambodgien « Quatre Faces ») : le Mékong supérieur, le Mékong inférieur, le Tonlé Sap et le Bassac. Aux plus hautes eaux la largeur du fleuve atteint 2 km : c’est en cet endroit précis que, pour des raisons religieuses, a été installé en 1869 le palais du roi Norodom Ier. Les avantages de la confluence sont évidents dans un pays où, jusqu’à une époque très récente, les transports se sont faits essentiellement par eau. Le Mékong supérieur est navigable en toute saison jusqu’à Kratié pour des bateaux calant moins de 2 m ; le Tonlé Sap l’est jusqu’à Kompong Chhnang : au-delà, la navigation n’est possible qu’aux hautes eaux, mais atteint alors le fond des Lacs et même, par les différentes rivières qui se jettent dans ceux-ci, Kompong Thom, Pursat, Battambang et autres ports fluviaux. À partir de Phnom Penh, on peut ainsi gagner le Cambodge septentrional et occidental, dont tout le commerce aboutit naturellement à la ville.

Par ailleurs, les conditions de navigation sur le Mékong changent à hauteur des Quatre Bras. Jusqu’à Phnom Penh peuvent remonter toute l’année des navires de mer de 5 m de tirant d’eau : il y a donc une situation portuaire classique, et Phnom Penh est la porte naturelle du Cambodge en remontant le fleuve à partir de la mer.

Cette situation remarquable n’a été utilisée que tardivement. C’est au xve s. seulement, après la prise d’Angkor (1431), que Phnom Penh fut une très éphémère capitale (1434-1494) ; le « Phnom » (colline) avait été édifié soixante ans auparavant pour abriter, selon la légende, des images en bronze du Bouddha trouvées dans un « koki » flottant sur le fleuve par la vieille Penh. À partir du xvie s., la situation est valorisée par le grand commerce, auquel participent Portugais, Chinois, Japonais, puis Hollandais et Anglais. Toutefois, c’est à la décision politique d’un marin que Phnom Penh doit sa fortune : le commandant Doudart de Lagrée, après la signature du traité de protectorat (1863), persuada le roi Norodom de transférer sa capitale d’Oudong à Phnom Penh (1867).

La ville, d’autre part, a été bien construite. Le protectorat français a conçu une ville régulièrement tracée, dont l’axe est un grand boulevard nord-sud avec rues et avenues perpendiculaires : voies larges avec beaucoup d’arbres, d’espaces et quelques monuments bien réussis en style traditionnel (Palais royal, inauguré en 1919 sur l’emplacement du palais du roi Norodom ; musée des Beaux-Arts). Un souci d’urbanisme du même ordre a guidé le gouvernement cambodgien lorsque, de 1959 à 1963 notamment, il a doublé l’axe principal par le boulevard, lui aussi, nord-sud, aménagé d’amples avenues perpendiculaires et de beaux jardins le long des fleuves. Souci d’urbanisme remarquable compte tenu des difficultés du site.