Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
P

pharynx (suite)

L’hypopharynx

Au niveau de l’hypopharynx, la pathologie est essentiellement tumorale.

Le cancer du bas pharynx se rencontre chez le sujet fumeur ou alcoolique et est favorisé par la mauvaise hygiène bucco-dentaire. Les signes sont la gêne à la déglutition, avec souvent douleur transmise dans l’oreille. La tumeur entraîne un œdème du larynx et bloque la mobilité de la moitié correspondante du larynx, avec dysphonie (voix anormale) et parfois gêne respiratoire (dyspnée de type laryngé). La fréquence des métastases ganglionnaires aggrave encore le pronostic. Le traitement doit être chirurgical. Il implique en règle générale le sacrifice du larynx, associé à l’exérèse d’une partie du pharynx (pharyngo-laryngectomie totale). On y associe de principe un évidement des territoires lymphatiques du cou correspondants et une radiothérapie complémentaire. Malgré tout, le pronostic reste réservé dans les formes étendues. Les lésions localisées bénéficient d’interventions moins délabrantes, qui permettent de conserver la moitié du larynx, c’est-à-dire l’usage de la voix, et qui n’obligent pas au port définitif d’une canule de trachéotomie (hémipharyngo-laryngectomie selon la technique préconisée en France par P. André, J. Pinel et H. Laccoureye).

Les formes très étendues, atteignant la bouche œsophagienne, sont au-dessus de toute thérapeutique. Les tumeurs siégeant derrière le cricoïde (cancer rétrocricoïdien) sont fréquentes chez les Anglo-Saxons et particulièrement redoutables.


Autres affections

Le pharynx est encore le siège d’affections nerveuses : paralysie du pharynx s’inscrivant dans le cadre de polynévrites (diphtérie), atteinte tronculaire ou centrale. Ces affections se manifestent essentiellement par la perte de la mobilité du voile du palais. Celui-ci est attiré du côté sain lors de la contraction (signe du rideau).

Les troubles sensitifs se manifestent par une anesthésie avec disparition du réflexe à l’abaisse-langue et par des paresthésies, sensations diverses de gêne, de brûlures, de boule dans la gorge, sans gravité, mais souvent mal supportées chez des malades à profil psychologique naturellement angoissé.

La syphilis du pharynx est devenue très rare. Elle se rencontre au stade primaire (chancre), au stade secondaire (énanthème vermillon, plaques muqueuses très contagieuses), au stade tertiaire (ulcéreuse ou gommeuse, entraînant des impotences fonctionnelles par cicatrices rétractiles et synéchies).

Quant à la tuberculose, elle n’est généralement que la complication des formes pulmonaires. Les formes aiguës du type granulie d’Isembert entraînaient l’apparition de douleurs très vives que l’on retrouvait dans les formes ulcéro-végétantes les plus fréquentes et qui s’apparentent aux formes lupiques d’évolution très lente. La pratique du B. C. G., l’apport des antibiotiques spécifiques en ont considérablement diminué l’incidence.

J. T.

 F. Baclesse, Tumeurs malignes du pharynx et larynx (Masson, 1960).

phase

Partie homogène dans un système de corps.



Généralités

Une phase est d’abord caractérisée par son état physique, solide, liquide ou gazeux. Il est rare que deux solides puissent former un mélange homogène, lequel serait une solution solide : il y aura en général dans un système autant de phases solides que de corps purs solides. Un liquide par contre peut dissoudre certains solides, liquides ou gaz ; mais il est fréquent que la solubilité d’un corps dans un liquide soit limitée, fonction de la nature des corps mélangés, de la pression et de la température ; il pourra donc y avoir dans un système une ou plusieurs phases liquides, chacune constituée d’un seul corps pur ou de plusieurs. Les gaz enfin sont tous miscibles, quelles que soient les conditions : il ne peut donc y avoir dans un système qu’une seule phase gazeuse.

Il n’est tenu compte, dans l’énumération des phases d’un système, que de leurs propriétés spécifiques et non de leur fractionnement éventuel : plusieurs cristaux de soufre α ne constituent qu’une phase ; mais des cristaux de soufre β également présents en constitueraient une deuxième.

Un système mono- ou polyphasé peut être, sous l’action de facteurs extérieurs (température, pression...), d’apports de matière, de réactions chimiques, etc., le siège de transformations qui se traduisent par des échanges de matière entre phases ou par l’apparition ou la disparition de certaines phases ; à l’inverse, un système dans lequel le nombre, la nature et la composition des phases sont immuables dans le temps est dit « en équilibre ». Deux systèmes en équilibre formés des mêmes corps purs répartis dans les mêmes phases sont dits « de même espèce » ; ils ne diffèrent que par la composition centésimale de chaque phase.


Règle des phases

La notion de phase joue un rôle important dans la description et l’étude des équilibres. Une règle due à J. W. Gibbs (1875) et dite « règle des phases » s’écrit v = v + 2 – φ et donne, en fonction du nombre c des composants indépendants (v. équilibre chimique) et du nombre φ des phases, la variance v des équilibres d’un ensemble d’espèce donnée, c’est-à-dire le nombre maximal de facteurs de l’équilibre (ou variable intensives : température, pression, fractions molaires) dont l’opérateur peut fixer a priori les valeurs sans que cela entraîne pour l’équilibre un changement d’espèce. Dans les équilibres physiques (corps pur sous une ou plusieurs phases, solutions...), le nombre c est en général celui des corps purs présents ; dans les équilibres chimiques, on doit, pour obtenir c, à tout le moins retrancher du nombre des corps purs le nombre d’équilibres chimiques réalisés dans le système.

La démonstration de la règle des phases repose sur la notion de potentiel chimique et sur le fait, démontré par Gibbs, qu’à l’équilibre le potentiel chimique de chacun des corps purs a la même valeur dans toutes les phases du système ; dès lors, pour un système de n corps purs répartis dans φ phases, le nombre total de variables intensives est 2 + (n – 1) φ, alors que le nombre des relations imposées par l’égalité des potentiels chimiques est n(φ – 1) ; la variance est donc v = 2 + (n – 1) φ – n(φ – 1) = n + 2 – φ. La présence éventuelle dans le système d’équilibres chimiques ainsi que d’autres conditions restrictives introduit p relations supplémentaires entre les facteurs, ce qui diminue d’autant la variance : v = n – p + 2 – φ, avec n – p = c, nombre de composants indépendants.