Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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percussion (instruments de musique à) (suite)

• Le tambour militaire. Il se compose d’un fût cylindrique recouvert à ses extrémités par deux peaux tendues à l’aide d’un cordage latéral muni de tirants de cuir. Le timbre, corde de boyau fixée sous la peau inférieure, donne au tambour une sonorité d’autant plus claire que le tambour est plus tendu. Généralement, les baguettes sont en bois d’ébène.

• La caisse claire. Ce petit tambour possède un fût plus court que le tambour militaire ; il dispose d’un serrage séparé des deux peaux, d’une plaque de timbres en ressorts métalliques et d’un déclencheur latéral de timbres. La sonorité est plus claire que celle du tambour militaire. On utilise des baguettes en bois verni, notamment à l’orchestre symphonique, et des balais métalliques, particulièrement en jazz.

• La grosse caisse. C’est un gros tambour à deux peaux que l’on trouve dans la musique militaire turque dès le xviiie s.. Aujourd’hui, on l’utilise également dans l’orchestre symphonique. Une peau est frappée avec une grande mailloche recouverte de feutre, pour les coups simples, et avec deux mailloches pour les roulements. Un serrage séparé permet la tension des peaux. Il existe des modèles de tailles très différentes. Dans le jazz, on utilise systématiquement la grosse caisse à pédale. Une mailloche plus petite est fixée sur un mécanisme à pédale actionné par le pied.

• Les tom-toms. De la famille des tambours, ils s’en distinguent toutefois par des fûts de longueurs très différentes et par l’absence de timbres. Recouverts aux extrémités par deux peaux réglables séparément, ils sont souvent groupés par jeux de trois (grave, moyen, aigu suivant la taille). On emploie des baguettes à tête de feutre, ou en bois, et des balais métalliques.

• Les instruments dits « exotiques ». Ces instruments sont originaires de l’Amérique centrale et des Antilles. Présentant toujours deux éléments (grave et aigu), ils se composent tous d’une peau supérieure tendue sur un fût plus ou moins long, la base étant ouverte. Des plus grands aux plus petits, et du grave à l’aigu, ce sont dans l’ordre : les tumbas, ou congas, les timbales créoles, les bongos. On frappe directement avec les mains et les doigts sur les tumbas et les bongos, et on utilise de fines baguettes en bois pour jouer des timbales créoles dans le style des musiques « typiques » d’Amérique centrale. De nos jours, les peaux en matière plastique remplacent les peaux animales dans la fabrication de tous ces instruments.


Les métaux

La forme des instruments à percussion de métal n’a guère varié au cours des siècles, et leur sonorité est d’une rare qualité. Dans l’Antiquité, le tintement de clochettes, le choc aigu de cymbales, le roulement des gongs ou le cliquetis de plaques de métal avaient pour but de chasser les démons et les mauvais esprits. On a retrouvé de nombreuses pièces métalliques à l’intérieur des tombeaux de la Grèce antique et même sous les bandelettes des momies.

Dans l’orchestre symphonique, les instruments en métaux ont été utilisés au xviiie s., telles les cymbales frappées dans Iphigénie en Tauride de Gluck ou dans la Symphonie militaire de Haydn. Le gong est un instrument d’origine orientale dont la diffusion est très répandue. Semarang (Indonésie) en est un centre de fabrication très actif. Les musiques traditionnelles de Bali, Djakarta, Java possèdent des ensembles de gongs, ou gamelans, installés sur une sorte de table-vaisseau d’une esthétique remarquable. Les compositeurs du xxe s. (Varèse, Messiaen, Boulez) ont utilisé leurs sonorités très particulières.

Les cloches en bronze viennent de la Chine du Ier millénaire environ. Berlioz, dans la Symphonie fantastique, en a exploité l’extrême richesse.

Le tam-tam est un instrument de conception moderne dérivé des gongs ; il a une sonorité beaucoup plus grave que celle des cymbales.

Les jeux de cloches à vache, ou cencerros, ensembles d’authentiques cloches à vache sans battant, et le jeu chromatique des crotales, ou cymbales antiques, font partie des instruments qui ont été utilisés pour la première fois par les Percussions de Strasbourg.

Les instruments de percussion en métal peuvent être divisés en deux catégories : instruments à sons déterminés et instruments à sons indéterminés.

Instruments à sons déterminés

gong, instrument à bords relevés avec ou sans mamelon.

cloches tubes, imitation de cloches d’église.

glockenspiel, ensemble de différentes plaques de métal disposées en « clavier ».

jeu de crotales ou cymbales antiques, ensemble de pièces de métal rondes disposées ou non en claviers.

vibraphone, transposition moderne des métallophones dont l’amplification des sons est produite par un système électrique qui actionne des palettes s’ouvrant et se fermant alternativement. Il existe différents modèles électroniques.

Instruments à sons indéterminés

cymbales frappées, plateaux que l’on choque (marches militaires).

cymbales suspendues, turques, chinoises ou à clous, elles sont placées sur un pied et on en frappe la partie supérieure.

cymbales charleston, ensemble de deux plateaux placés sur un pied qui viennent se choquer sous l’action d’une pédale.

tam-tam, espèce de grand plateau à bords légèrement relevés.


Instruments en bois à sons définis

Le xylophone, dont l’appellation date du siècle dernier, est un instrument d’origine asiatique.

Au xve s., on trouve en Afrique des balas (instruments de musique malinkés) pentatoniques, hexatoniques, heptatoniques ; ils atteignent jusqu’à 16 lames. Le balafon, importé sur le continent américain par les esclaves de Zambézie au début du xvie s., donna naissance au marimba, nom indien de cet instrument qui atteint 5 octaves chromatiques. Très populaire, le marimba est devenu l’instrument national au Guatemala, où il a beaucoup évolué, ainsi qu’au Mexique.