Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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peinture (suite)

 J. F. L. Mérimée, De la peinture à l’huile et des procédés matériels employés dans ce genre de peinture depuis Hubert et Jean Van Eyck jusqu’à nos jours (Huzard, 1830). / C. L. Eastlake, Materials for a History of Oil Painting (Londres, 1847, 2 vol. ; réimpr. sous le titre Methods and Materials of Painting of the Great Schools and Masters, New York, 1960). / M. P. Merrifield, Original Treatises dating from the xiiith to the xviiith Century on the Art of Painting (Londres, 1849, 2 vol. ; réimpr., New York, 1967). / J. G. Vibert, la Science de la peinture (Ollendorf, 1891). / A. Eibner, Zur Entwicklung der Technik der Œlmalerei vont Mittelalter bis in die Neuzeit (Munich, 1908). / P. Baudüin, la Fresque, sa technique, ses applications (Libr. centrale des beaux-arts, 1914). / M. Doerner, Malmaterial und seine Verwendung im Bilde (Berlin, 1921 ; trad. angl. et revis. sous le titre The Materials of the Artist and their Use in Painting, New York, 1962). / A. Eibner et H. Trillich, Die Ei-Tempera (Munich, 1926). / E. Dinet, les Fléaux de la peinture, les moyens de les combattre (Laurens, 1927). / C. Petresco, l’Art de la fresque (Lefranc, 1932). / L. A. Rosa, La Tecnica della pittura (Milan, 1937 ; 2e éd., 1949). / A. Ziloty, la Découverte de Jean Van Eyck et l’évolution des procédés de la peinture à l’huile du Moyen-Âge à nos jours (Floury, 1941 ; 2e éd., 1947). / R. S. Gettens et G. Stont, Painting Materials (New York, 1947). / J. Rudel, Technique de la peinture (P. U. F., 1950 ; nouv. éd., 1973). / M. Bazzi, Abecedario pittorico (Milan, 1956). / K. Herberts, The Complete Book of Artists Techniques (Londres, 1958 ; trad. fr. les Instruments de la création. Outils et techniques des maîtres, Hachette, 1962). / X. De Langlais, la Technique de la peinture à l’huile (Flammarion, 1959). / E. Reep, The Content of Watercolour (New York, 1969). / M. Laclotte (sous la dir. de), le Larousse des grands peintres (Larousse, 1976).

peinture

Produit liquide qui, appliqué sur une surface à protéger ou à décorer, se transforme par évaporation de ses éléments volatils ou par réaction chimique de certains de ses constituants en un feuil solide qui adhère à cette surface.



Historique

L’art de peindre remonte au début de la civilisation. Décors rituels situés à l’origine dans les profondeurs des cavernes, les peintures servirent plus tard à embellir les monuments et les habitations. Par la suite apparut leur rôle protecteur, s’opposant à la dégradation du bois et des matériaux de construction par les intempéries et à la destruction des métaux ferrifères par la corrosion.

Au début, les peintures murales, qui remontent aux âges préhistoriques, comme en témoignent les grottes d’Altamira ou de Lascaux, étaient réalisées simplement par un mélange de poudres colorantes naturelles amalgamées à l’eau et qui finissaient par s’incorporer à la pierre calcaire. C’est en Égypte que les premiers progrès dans l’agglomération des poudres ont été réalisés au moyen de liants à base de figues, de miel et d’encaustique. Pendant des siècles, seules les matières naturelles ont été utilisées dans la préparation des peintures ; c’est ainsi que l’emploi des huiles siccatives remonte au iie s. de l’ère chrétienne. L’apparition de l’industrie chimique devait entraîner un bouleversement complet de la fabrication des peintures, les produits de synthèse, tant dans le domaine des liants que dans celui des pigments, prenant la place des produits naturels.

La production de peintures constitue un véritable critère du développement industriel d’un pays.


Composition d’une peinture

Une peinture se compose essentiellement de deux parties : le milieu de suspension et les constituants solides.


Milieu de suspension

Le milieu de suspension, ou liant, est un constituant feuillogène simple ou mixte, formé de produits hydrophiles ou non. C’est ce liant qui se transforme en feuil protecteur subsistant sur le subjectile. À côté de la substance feuillogène, on trouve également d’autres éléments qui permettent de dissoudre les constituants du produit feuillogène : les diluants et les dilutifs, qui améliorent la facilité d’application des liants en augmentant par exemple leur fluidité ; les siccatifs, qui accélèrent, grâce à leurs propriétés catalytiques, le durcissement des constituants du liant ; les plastifiants, qui modifient favorablement les qualités de souplesse des feuils et de nombreux autres éléments importants, quoique utilisés en proportions minimes : produits antiparasitaires, détersifs et stabilisants, agents antisédimentation, protecteurs contre les rayons ultraviolets et matières colorantes solubles dans le liant.


Constituants solides

Dispersés dans le liant, ces constituants sont destinés à le colorer ou à l’épaissir, de façon à augmenter l’épaisseur du feuil après application et à renforcer ses qualités protectrices. Ils sont constitués de pigments minéraux naturels ou artificiels, de pigments organiques, de matières de charge naturelles ou artificielles et de constituants mixtes, à la fois minéraux et organiques, comme les laques (pigments particuliers obtenus par fixation d’une matière colorante organique soluble sur un support généralement minéral).


Classification des peintures

Les différents types de peinture sont groupés d’après la nature du subjectile sur lequel ils sont plus spécialement déposés, leur mode d’application ou leur constitution chimique. Il existe ainsi les peintures pour métaux ferrifères, pour métaux légers, pour métaux cuivreux, pour bois, pour matériaux de construction, pour matières plastiques, pour cuir, etc. Si l’on tient compte de la méthode d’application, on distingue les peintures appliquées au pinceau, à la brosse ou au pistolet, les peintures déposées par dispersion, par arrosage ou par couchage au rouleau et enfin les peintures déposées électrophorétiquement. Mais c’est surtout la classification d’après la composition chimique qui présente le plus d’intérêt. On différencie alors les produits suivants :
1o peintures à l’huile, à liant exclusivement composé d’huiles siccatives ;
2o peintures aux vernis gras, analogues aux précédentes, avec incorporation de résine dans le liant ;
3o peintures aux résines alkydes, à liant constitué de résines alkydes modifiées par des acides gras avec ou sans présence d’huiles siccatives ;
4o peintures nitrocellulosiques, à liant constitué principalement d’une solution de nitrocellulose ;
5o peintures acétocellulosiques, à liant constitué essentiellement d’une solution d’acétocellulose ou d’un copolymère de cet ester ;
6o peintures à liant constitué par une solution de résine dans un mélange d’alcools ;
7o peintures à liant constitué par des résines synthétiques diverses ou des élastomères ;
8o peintures bitumineuses à base de différents brais ;
9o peintures dites « émulsion ou dispersion », à liant constitué par une émulsion d’huile ou de diverses résines dans l’eau (latex) ;
10o peintures à l’eau, à liant constitué par une solution aqueuse de différents produits organiques : caséine, alginates, colles, etc. ;
11o peintures à liant minéral constitué de silicates alcalins et de leurs dérivés solubles dans l’eau.