Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
P

pathologie (suite)

La pathologie iatrogène

C’est un chapitre important de la médecine moderne. Il s’agit de l’étude de l’ensemble des accidents qui peuvent être déterminés par les thérapeutiques ou par les investigations prescrites par les médecins.

Des accidents d’origine toxique peuvent être déterminés par de nombreux médicaments : accidents cutanés, hématologiques ou digestifs dus aux antibiotiques ; accidents cutanés ou nerveux déclenchés par des produits chimiques. Ces accidents peuvent être liés à la nature même des produits ou à des erreurs de posologie.

Des accidents d’ordre infectieux peuvent être causés par les thérapeutiques ou les méthodes d’investigations (c’est le problème de l’hospitalisme).

Des accidents peuvent être liés à des erreurs techniques au cours d’intervention chirurgicale. De cette pathologie iatrogène, il faut dire qu’une erreur humaine est excusable, mais que la plus grande rigueur dans l’utilisation des méthodes modernes doit pallier les risques de leur mise en jeu : c’est le problème de la responsabilité médicale.

La pathologie voit donc son cadre s’élargir avec les progrès des sciences médicales. Ces progrès font courir au médecin et au malade le risque de voir s’élargir le cadre d’une pathologie artificielle créée par la médecine et ses techniques, dont l’utilisation doit, en conséquence, être toujours parfaitement justifiée.

P. V.

 G. Menegaux, Manuel de pathologie chirurgicale (Masson, 1952 ; nouv. éd., 1957-58, 2 vol.). / H. W. Florey, Lecture on General Pathology (Londres, 1954 ; 3e éd., General Pathology, 1962). / M. Lequesne et D. Alagille, Éléments de pathologie médicale (Flammarion, 1960). / H. Péquignot, J. Dormont, J.-P. Étienne, D. Laurent, F. Liot et G. Magdelaine, Précis de pathologie médicale (Masson, 1964-1967, 8 vol.). / J. Tisseuil, Essai de biologie et de pathologie générale (Maloine, 1965). / A. Policard et M. Bessis, Éléments de pathologie cellulaire (Masson, 1968). / J.-C. Patel (sous la dir. de), Pathologie chirurgicale (Masson, 1971).

Patinir (Joachim)

Peintre des anciens Pays-Bas du Sud (Bouvignes, près de Dinant, ou Dinant v. 1480 - Anvers 1524).


On suppose qu’il travailla d’abord à Bruges, peut-être chez Gerard David*, dont l’influence marque ses premières œuvres, et il est possible qu’il ait accompagné ce maître lors de son voyage à Gênes (v. 1512-1515). Reçu franc-maître en 1515 à la gilde de Saint-Luc à Anvers, il habita cette ville jusqu’à sa mort. Il y fut l’ami et parfois le collaborateur de Quinten Matsys*.

Dürer*, qui le rencontra au cours de son séjour dans les Pays-Bas, l’appelle « le bon peintre de paysages », une qualification inusitée à l’époque, mais significative. À la conception de ses devanciers, utilisant le paysage pour meubler les fonds avec une minutie assez sèche, Patinir substitue en effet une vue plus large et une interprétation plus vivante. Paul de Limbourg avait amorcé la voie dans la miniature (les Très Riches Heures du duc de Berry) et Jérôme Bosch*, malgré le grouillement de ses personnages, accuse le même souci, mais Patinir va plus loin. Il renverse les données du problème, et l’accessoire devient l’essentiel.

Ses sujets demeurent religieux (il n’y en a pas d’autres alors, si ce n’est le portrait), mais il est le premier à minimiser les personnages devant la majesté du site. La figure centrale, présente dans plusieurs œuvres, perdra progressivement de son importance, pour n’être qu’une faible silhouette dans certaines compositions. Parfois, le peintre la répète dans les diverses péripéties d’un récit qui se déroule à travers les sinuosités du paysage. Celui-ci frappe par son aspect imaginaire : roches déchiquetées des bords de la Meuse, horizons aux côtes bleuies — souvenirs des montagnes entrevues lors du voyage en Italie —, champs et pâturages de la plaine flamande, tous ces éléments juxtaposés forment un paysage idéalisé répondant à l’esprit humaniste. La composition est parfois fondée sur une diagonale séparant les éléments verticaux des éléments horizontaux. Dans les œuvres postérieures, la vision se fera de plus en plus panoramique, et l’homme, dominé par le spectacle qui l’entoure, apparaîtra comme une parcelle du cosmos.

L’artiste procède par paliers, sans tenter la synthèse qui sera réalisée par Bruegel*. Cette vision, plus rêvée que réelle, est modulée par la couleur. Partant d’une base sombre, de savants dégradés conduisent aux bleus éthérés des arrière-plans et confèrent à ces œuvres un charme comme surréaliste.

Il reste de Patinir cinq œuvres signées : le Baptême du Christ (musée de Vienne), la Fuite en Égypte (Anvers), Paysage avec saint Jérôme (Karlsruhe) et, au Prado, à Madrid, la Tentation de saint Antoine (dont les figures sont de Q. Matsys) ainsi qu’un autre Paysage avec saint Jérôme. D’autres œuvres figurent dans des musées (le Repos pendant la fuite en Égypte [versions de Berlin et du Prado], le Passage du Styx [Prado], Saint Jérôme dans le désert [Paris, Louvre], la Prédication de saint Jean [Bruxelles]) et dans diverses collections particulières.

R. A.

 R. A. Koch, Joachim Patinir (Princeton, 1968).

Patinkin (Don)

Économiste israélien (Chicago 1922).


Après des études à l’université de Chicago, où débute sa carrière, il émigré en 1949 en Israël, où il mène de pair son enseignement (à l’université hébraïque de Jérusalem) et ses travaux (à l’Institut Maurice-Falk pour la recherche économique en Israël).

L’essentiel de ses premiers travaux a été exposé dans son ouvrage Money, Interest and Prices, paru en 1956 et dont le sous-titre est évocateur de sa démarche intellectuelle : « An Integration of Monetary and Value Theory ».

L’intérêt de l’analyse de Don Patinkin est d’avoir présenté un modèle dont l’équilibre global est obtenu grâce aux équilibres de quatre marchés, correspondant aux quatre types de biens économiques qui peuvent s’échanger : les services du travail ; les produits, biens et services ; la monnaie ; les titres.

L’offre* et la demande* sur le marché du travail* sont fonction du salaire réel, c’est-à-dire du salaire nominal « déflaté » par le niveau des prix*. Cependant, la demande de travail est aussi liée au stock de capital* existant.