Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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pathologie (suite)

La pathologie endocrinienne

Elle a fait d’immenses progrès en raison de la compréhension physiologique précise des désordres fonctionnels, liée à la possibilité de dosage des hormones circulantes, à l’abord des relations entre les différentes glandes endocrines et des phénomènes de stimulation et de freinage. On connaît maintenant l’importance majeure des hormones hypophysaires et de l’axe diencéphalo-hypophyso-surrénal (v. hypophyse et surrénal). La découverte et l’utilisation des prostaglandines en thérapeutique marque un nouveau pas dans les progrès de la physiopathologie.


La pathologie des os et des articulations

Elle progresse également de manière considérable. Après la phase anatomo-clinique — maladies congénitales et acquises, pathologie tumorale bénigne (kyste, fibrome) ou maligne (sarcome), pathologie rhumatologique d’origine mécanique — est apparue la possibilité de l’origine auto-immune de certaines affections rhumatismales (polyarthrite rhumatoïde, polyarthrites du lupus érythémateux, etc.).


La pathologie infectieuse

Elle s’est considérablement modifiée. L’introduction de l’antibiothérapie (v. antibiotiques) a, en principe, rendu caduques les règles de l’isolement prolongé dans nombre de maladies contagieuses (méningites, scarlatine). Et, si les règles de l’hygiène doivent être respectées de façon rigoureuse, c’est essentiellement pour limiter les germes d’origine intestinale, dont l’éradication n’est pas forcément acquise par les médications antibactériennes (typhoïde). Le problème de la plupart des maladies contagieuses réside essentiellement dans la persistance de la misère, des mauvaises conditions d’hygiène, de l’absence de prophylaxie généralisée efficace. Les exemples les plus frappants en sont, en France, ceux du tétanos, de la poliomyélite, qui devraient, comme la variole, avoir disparu.

Un des aspects nouveaux de la pathologie d’origine bactérienne tient à l’introduction de méthodes avancées de soin et d’exploration chez les malades souvent fragiles (opérés récents, vieillards, sujets atteints de cancers ou d’hémopathie et soumis à des traitements immunodépresseurs). Ces méthodes font courir des risques infectieux directs. De plus, les antibiotiques, utilisés parfois de manière abusive, ont favorisé la sélection de germes polyrésistants (les caractères de polyrésistance aux antibiotiques pouvant passer d’une bactérie à l’autre, les médicaments sélectionnent les germes résistants en détruisant les germes sensibles). Les flores saprophytes de tous les individus deviennent ainsi résistantes, et, lorsque, à l’occasion d’un geste d’exploration ou de traitement (sondage urinaire, cathétérisme), un germe saprophyte devient pathogène, sa résistance pose des problèmes thérapeutiques parfois insurmontables (endocardites aiguës à germes polyrésistants, méningites, septicémies, etc.). Il s’agit ici d’hospitalisme infectieux contre lequel seules l’hygiène et la rationalisation de l’antibiothérapie peuvent lutter.

En virologie, la pathologie s’enrichit du fait de l’amélioration des techniques et de la physiopathogénie de l’infection virale. Le rôle de certains virus dans la pathologie hématologique (syndrome mononucléosique postopératoire à cytomégalovirus), le retentissement immunologique de certaines infections virales et son importance dans le développement de l’immunité (rubéole) apparaissent plus clairement. Un autre aspect nouveau de la pathologie transmissible est représenté par l’afflux de travailleurs migrants. Ceux-ci sont atteints de parasitoses dont la répartition géographique et climatique est bien définie (bilharziose), mais sont également vecteurs de maladies plus ou moins contagieuses (lèpre) ou susceptibles de le devenir dans certaines conditions (paludisme, amibiase, anguillulose, salmonelloses). Il convient de modifier les réglementations de l’hygiène en matière de tuberculose, qui menace lourdement ces travailleurs, souvent fragiles et mal logés, et il faut mieux connaître une pathologie qui tend à perdre son caractère strictement exotique en raison des voyages aériens et des mouvements de main-d’œuvre.


La pathologie auto-immune

Les maladies auto-immunes sont des affections au cours desquelles l’organisme, par une déviation de ses mécanismes d’immunité, produit des anticorps contre ses propres tissus.

Aux maladies du « collagène » (v. conjonctif), dont le lupus érythémateux disséminé, la périartérite noueuse et les dermatomyosites, s’ajoute l’ensemble des « vascularites allergiques ». Nombre de maladies rénales, d’affections hématologiques paraissent d’origine auto-immune. L’action de stimuli antigéniques multiples — parasitaires, microbiens, viraux — semble bien être responsable du déclenchement, sur certains « terrains », d’affections où l’immunopathologie joue un rôle majeur dans l’apparition des lésions histologiques observées en microscopie optique, électronique ou en immunofluorescence (v. allergie et immunité).


La pathologie expérimentale

C’est une science qui cherche à déterminer chez l’animal, par une action mécanique, toxique, médicamenteuse, etc., l’apparition de lésions anatomiques ou histologiques déterminées, cause de manifestations physiologiques et cliniques dont le caractère spécifique est alors probable. La corrélation des données cliniques, biologiques et histologiques chez l’animal peut permettre de mieux comprendre la pathogénie de la maladie humaine.


La pathologie comparée

Cette branche de la pathologie étudie les manifestations cliniques, biologiques et histologiques déterminées par une même affection dans les différentes espèces animales, en les comparant à la pathologie humaine.


La pathologie vétérinaire

Elle a plusieurs aspects et concerne les maladies animales et leur traitement. Elle permet la définition des règles de prophylaxie et d’hygiène vétérinaire. Sa connaissance facilite la compréhension de l’épidémiologie de certaines maladies humaines d’origine animale et, par conséquent, la lutte contre ces maladies par la prophylaxie individuelle et collective.