Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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parthénogenèse (suite)

Chez les Mammifères, la parthénogenèse expérimentale ne donne pas de bons résultats ; le problème reste entier. Et cependant les ovules non fécondés de divers Mammifères montrent une tendance au développement spontané ; par exemple, chez le Rongeur Hamster, 80 p. 100 des ovules au niveau de l’oviducte sont activés et émettent leur deuxième globule polaire, les fuseaux de mitose apparaissent ; mais tout s’arrête à la première segmentation.


Parthénogenèse expérimentale chez les végétaux

Les essais ont été beaucoup moins nombreux que chez les animaux. On a réussi à provoquer un début de développement des oosphères de Fucus par l’action des acides acétique et butyrique.


La connaissance des mécanismes parthénogénétiques a-t-elle progressé ?

Les acquisitions récentes dans l’étude des ultrastructures des divers ornites cellulaires, les apports de l’histochimie, de l’enzymologie et de la biologie moléculaire ont-ils été bénéfiques pour une meilleure compréhension de la parthénogenèse ?

Dans la synthèse des protéines, le noyau cellulaire joue un rôle important ; mais la synthèse des acides nucléiques se fait également dans le cytoplasme, les mitochondries et peut-être même dans le centrosome. La microscopie électronique a montré que, dans les nombreux asters accessoires qui se forment à la suite de traitements hypertoniques, la structure des centrioles est identique à celle des centrioles présents dans les conditions normales. Ils se composent de microtubules, éléments membranaires de nature protéique. Par ailleurs, les expériences de John R. Shaver (1953) prouvent que le facteur de régulation ou le facteur initiateur de la segmentation se trouvent aussi dans le cytoplasme de divers extraits cellulaires. La présence d’un noyau cellulaire n’est donc pas indispensable lors d’une parthénogenèse traumatique. Shaver pense que des synthèse de protéines interviendraient ; cependant, des injections de nucléoprotéines, d’acides nucléiques dans les ovules de Grenouilles ne provoquent pas d’effet régulateur.

Actuellement, Lynn R. Fraser (1971) étudie ce facteur régulateur dans des extraits de cinq tissus de Grenouilles adultes (le cerveau serait le tissu le plus riche en ce facteur). Il correspond à une substance polymérisée qui, par électrophorèse, migre au niveau des microtubules. Les coupes ultrafines des extraits provenant du cerveau montrent de nombreuses vésicules renfermant des fragments de microtubules. Il reste à comprendre comment les microtubules interviennent sur le centriole et sa duplication afin que s’établisse un fuseau normal.

A. T.

➙ Fécondation / Reproduction / Sexualisation.

 J. Loeb, Die chemische Entwicklungserregung des tierischen Eies (Berlin, 1909 ; trad. fr. la Fécondation chimique, Mercure de France, 1911). / Y. Delage et M. Goldsmith, la Parthénogenèse naturelle et expérimentale (Flammarion, 1914). / A. Dalcq, les Bases physiologiques de la fécondation et de la parthénogenèse (P. U. F., 1928). / A. Vandel, la Parthénogenèse (Doin, 1931). / J. Rostand, la Parthénogenèse chez les animaux (Impr. Poulet-Malassis, Alençon, 1949) ; la Parthénogenèse animale (P. U. F., 1950) ; « la Parthénogenèse » dans Biologie (Gallimard, « Encycl. de la Pléiade », 1965). / E. Bataillon, Une Enquête de 35 ans sur la génération 1900-1935 (S. E. D. E. S., 1956). / P. Brien, Biologie de la reproduction animale (Masson, 1966). / C. Houillon, Introduction à la biologie, t. IV : Sexualité (Hermann, 1967).

Parthes

Ancien peuple de la Parthie, ou Parthiène, satrapie de l’Empire perse.


Ceux qui s’appelaient les Parthes s’installèrent dans cette région au début du iiie s. avant J.-C. ; ils venaient de Bactriane, et vraisemblablement d’au-delà de la Bactriane, car ils s’apparentaient aux Scythes, tout en se prétendant Iraniens. Ils avaient conquis le pays sur un satrape grec qui s’était rendu indépendant du souverain séleucide alors régnant, Antiochos II. Arsace (250-248), leur chef, donna son nom à la dynastie des Arsacides, et son frère Tiridate Ier (248 - v. 214) commença à étendre le royaume par la conquête de l’Hyrcanie voisine. Artaban Ier (v. 214-191) réaffirma sa puissance contre Antiochos III, et Phraatès Ier reprit la marche en avant par la conquête du Tabaristan, ce qui assurait aux Parthes la possession des rivages méridionaux de la mer Caspienne. Mithridate Ier (v. 171 - v. 138) conquit l’ouest de l’Iran, avec la Babylonie, en même temps qu’il prenait au royaume de Bactriane sa partie occidentale. Néanmoins, les Parthes ne purent éliminer les Séleucides, tant du fait des adversaires qu’ils conservaient à l’est (Saces) que des révoltes qu’ils eurent à réprimer en Babylonie. Leur frontière se limita à l’Euphrate. Ce furent les Romains qui abattirent la grande monarchie hellénistique. La victoire des Parthes s’explique par leur culture iranienne, qui pouvait, dans une certaine mesure, les faire passer, face aux monarques d’origine hellénique, pour des restaurateurs et des vengeurs de l’ancienne Perse.

Mais, après cette conquête apparemment facile, les Parthes entrèrent en contact avec les Romains. Pompée* prit garde de border le territoire romain d’États vassaux, qui formaient une zone tampon. Mais les querelles dynastiques incessantes de la Parthie, en plus du vif intérêt commercial des routes qui la traversaient, tentèrent Rome à bien des reprises. M. Licinius Crassus Dives se lança dans l’aventure : il subit une cuisante et mémorable défaite à Carres (Carrhae), dans le désert syrien (53 av. J.-C.). Auguste* reprit la politique de Pompée ; l’Arménie devint alors l’enjeu perpétuel des luttes d’influence. Trajan* préféra atteindre le cœur de l’Empire parthe (expédition de 116 apr. J.-C.) et prendre ce pays lui-même comme État tampon vis-à-vis des pays plus lointains. La révolte des Juifs d’Orient l’obligea à se replier. Caracalla* rêva à son tour de conquêtes en Orient. Mais les expéditions romaines n’eurent pas plus de lendemains que les raids des Parthes, fréquents, en Arménie ou en Syrie. La dynastie des Arsacides devait disparaître en 224 apr. J.-C. sans que la querelle entre les deux empires ait abouti à une fin quelconque : au cœur de la Perse, un vassal révolté battait et tuait le dernier Arsacide, Artaban V (v. 213-227), et prenait le titre de roi des rois au profit de la dynastie des Sassanides.