Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
P

parlementaire (régime) (suite)

• Le régime d’assemblée. La totalité des pouvoirs politiques est confiée à une assemblée* unique élue qui siège en permanence (et non pas seulement au cours de sessions plus ou moins longues) et qui désigne, généralement parmi ses membres, des commissaires, à tout instant révocables, chargés d’assurer le pouvoir administratif et, souvent, de préparer et de diriger le travail législatif. La Convention nationale a pratiqué le gouvernement d’assemblée, qu’elle avait institué par ailleurs dans la Constitution de l’an I.

• Le régime présidentiel. Il repose sur une dualité d’organes émanant l’un et l’autre du peuple ; d’une part, un président élu par l’ensemble des citoyens et qui assure le pouvoir gouvernemental avec des ministres qu’il nomme et révoque à son gré ; d’autre part, un Parlement (composé d’une ou plusieurs assemblées élues) qui délibère et vote les lois en même temps qu’il assure un contrôle plus ou moins étroit sur les administrations. Ni le président ni ses ministres ne sont responsables politiquement devant le Parlement ; le président ne peut pas dissoudre celui-ci, mais la durée du mandat des députés est brève (deux ans le plus souvent). Le gouvernement des États-Unis d’Amérique du Nord constitue le modèle du régime présidentiel ; en France, la Constitution de 1848 avait mis sur pied un système assez semblable, que Napoléon III reconduisit dans ses lignes essentielles en 1852 jusqu’aux réformes de la fin du règne.

• Le régime parlementaire. Il repose également sur la dualité des organes dirigeants. Un Parlement, dont au moins une assemblée est élue au suffrage direct universel ou même restreint, exerce le principal de la fonction législative, contrôle les administrations et assure un contrôle politique étroit sur la collectivité des ministres, qui exercent la fonction gouvernementale. Ces ministres, solidairement responsables, sont désignés par un chef d’État irresponsable politiquement (monarque héréditaire ou président de la République élu par les membres du Parlement ou par un collège réduit dans lequel un nombre plus ou moins grand de notables sont associés aux parlementaires), mais doivent jouir de la confiance de la majorité des membres de l’assemblée élue au suffrage direct ; le chef de l’État peut dissoudre cette assemblée, laquelle ne siège en principe que dans les limites des sessions parlementaires. Le régime parlementaire s’est progressivement formé en Angleterre après que Jean sans Terre eut accepté, en 1215, le principe d’une limitation des pouvoirs du souverain et surtout après que le Parlement eut appelé la famille des Hanovre à succéder sur le trône à la famille des Stuarts, qu’il venait de chasser. (V. Grande-Bretagne.)

L’existence d’un Parlement ne suffit donc pas pour faire un régime parlementaire, et toute pratique du parlementarisme n’est pas synonyme de régime parlementaire.

Il existe des formes de parlementarisme intermédiaires entre les trois types définis ci-dessus : soit qu’un régime parlementaire évolue vers le régime d’assemblée (comme cela a été le cas en France sous les IIIe et IVe Républiques) ou vers le régime présidentiel (comme certains prétendent que c’est le cas en Grande-Bretagne à partir du deuxième tiers du xxe s.) ; soit que, lassés d’évoluer entre l’anarchie d’un régime d’assemblée et la semi-dictature à laquelle aboutit la pratique des décrets-lois, les dirigeants politiques d’un pays sans véritable tradition parlementaire se donnent des institutions intermédiaires entre le régime présidentiel et le régime parlementaire dans l’espoir d’éviter les conséquences néfastes des expériences du passé : ce fut le cas en France du régime présidentiel conduisant au césarisme (1852) ou du régime parlementaire conduisant à l’instabilité (1877 et 1946). C’est pourquoi les constituants de 1958 semblent s’être largement inspirés du fonctionnement actuel du régime britannique. (V. France, les institutions.)

R. M.

➙ Gouvernementale (fonction) / Législative (fonction) / Parlement.

 R. Redslob, le Régime parlementaire (Giard, 1924). / G. Campion et D. W. S. Lidderdale, European Parliamentary Procedures, a Comparative Handbook (Londres, 1953 ; trad. fr., la Procédure parlementaire en Europe, étude comparée, A. Colin, 1955). / P. Bastid, les Institutions politiques de la monarchie parlementaire française, 1814-1848 (Sirey, 1954). / E. Blamant, les Techniques parlementaires (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1958). / P. La lumière et A. Demichel, les Régimes parlementaires européens (P. U. F., 1966). / J. Maout et R. Muzellec, le Parlement sous la Ve République (A. Colin, coll. « U 2 », 1971). / P. Avril, les Français et leur parlement (Castermann, 1972). / J. L. Parodi, les Rapports entre le législatif et l’exécutif sous la Ve République (A. Colin, 1972).

Parme

En ital., Parma, v. d’Italie ; 173 000 hab.



La géographie

Deuxième ville d’Émilie, Parme est située à 52 m d’altitude, immédiatement à l’aval de la confluence des torrents Baganza et Parme. Cité de la plaine padane sur la via Emilia, elle est aussi le débouché de la route qui mène à La Spezia par le col de la Cisa. Ses fonctions sont diverses. Le secteur des services est le plus développé. Parme est un centre universitaire et le marché d’une riche zone agricole, dont elle est le chef-lieu provincial. Mais son rôle ancien de capitale lui a légué un patrimoine artistique renommé et une vie culturelle intense qui ont entraîné une fonction touristique notable. Cependant, les industries sont présentes. Il s’agit surtout d’industries dérivées des activités agricoles (conserves de tomates, fabrication de pâtes alimentaires, de « parmesan », de jambon sans omettre les violettes de Parme). Quelques éléments nouveaux se sont ajoutés avec la production de meubles, d’articles pharmaceutiques et de parfumerie.