Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
P

Paris (suite)

La réalisation du Schéma directeur dépendra pour beaucoup, dans un premier temps, des enveloppes financières relatives aux investissements dans la région parisienne qui seront inscrites dans les plans et de la priorité qui sera donnée à la réalisation des villes nouvelles. Les conditions de vie des 12 à 15 millions de Parisiens de l’an 2000 dépendent très directement de son application, ainsi que les activités de cette agglomération-métropole, desquelles est tributaire l’avenir de toute l’économie française.

J. B.

➙ Essonne / Évry-Corbeil / Fontainebleau / Hauts-de-Seine / Meaux / Melun / Nanterre / Pontoise-Cergy / Saint-Denis / Saint-Germain-en-Laye / Seine-et-Marne / Seine-Saint-Denis / Val-de-Marne / Val-d’Oise / Versailles / Vincennes / Yvelines.

 Dictionnaire de Paris (Larousse, 1964). / J. Bastié, Paris en l’an 2000 (SEDIMO, 1964) ; la Croissance de la banlieue parisienne (P. U. F., 1965) ; Paris (Larousse, 1972). / J. Beaujeu-Garnier et J. Bastié (sous la dir. de), Atlas de Paris et de la région parisienne (Berger-Levrault, 1967). / J. Vaujour, le Plus Grand Paris. L’avenir de la région parisienne et ses problèmes complexes (P. U. F., 1970).


L’histoire de Paris


La naissance de la ville


Les origines celtiques

Marquée d’abord dans la nature, puis dans le tracé des voies urbaines, la « croisée de Paris » a déterminé la naissance de la ville au point où ses deux axes est-ouest et nord-sud se recoupent. La Seine est le premier de ces deux axes. Ce fleuve, large et navigable, est aisément franchissable grâce à la présence de nombreuses îles : île de la Cité ; île Saint-Louis, née de la réunion, au xviie s., de l’île Notre-Dame et de l’île aux Vaches, séparées dans la seconde moitié du xive s. par un fossé artificiel ; île Louviers, soudée à la rive nord en 1843. Quant au second axe, son tracé est déterminé par la dépression qui sépare au nord la butte Montmartre des buttes Chaumont et au sud la butte Sainte-Geneviève de la butte aux Cailles. Favorisé par sa situation de carrefour, le site de Paris devient tout naturellement un lieu de rassemblement humain au point où se croisent le fleuve et la route : l’île de la Cité.

Des dragages de la Seine sur le site actuel de Paris ont mis au jour quelques vestiges du Paléolithique supérieur et surtout, après une interruption de plusieurs millénaires, de la culture campignienne (v. 4000 av. J.-C.) au confluent de la Seine et de la Bièvre. Mais, vers l’an 1000, à l’époque de Hallstatt (premier âge du fer), un accroissement d’humidité éloigne peut-être les habitants de ce site, englobé sans doute dans l’aire contrôlée par les Carnutes et par les Sénones, qui y préparent l’installation des Parisii à l’époque de La Tène.

Lutèce, agglomération insulaire de pêcheurs et de mariniers sans doute la plus importante de la tribu des Parisii, n’entre pourtant réellement dans l’histoire qu’en 52 av. J.-C., lorsque César y réunit une assemblée générale des peuples gaulois pour faire face à la révolte des Carnutes et des Sénones. Quelques mois plus tard, c’est encore à Lutèce que les forces celtes de l’Aulerque Camulogène sont vaincues dans les marais de la Seine par le lieutenant de César T. Labienus, contre qui elles se sont coalisées ; les Gaulois ont brûlé eux-mêmes leur ville et leurs ponts à son approche.

Les Parisii

Tribu celte qui se serait individualisée avant la rupture du groupe italo-celtique, à l’époque de Hallstatt, les Parisii venus du Rhin se divisent ensuite en deux groupes : le moins nombreux va se fixer en Grande-Bretagne sur les bords du Humber autour de l’agglomération de Petuaria, alors que les autres s’installent au confluent de la Marne et de la Seine à une date inconnue, mais antérieure au milieu du iiie s. av. J.-C., époque de La Tène II, à laquelle remonte le char de Nanterre qui témoigne, en effet, d’une culture analogue à celle des Parisii d’outre-Manche. Avant que ne débute la guerre des Gaules, les Parisii sont alliés, selon César (sur un plan d’égalité ou de dépendance), aux Sénones de Sens. Ils semblent contrôler un petit territoire de 4 000 km2 au plus, resserré entre ceux de voisins souvent beaucoup plus puissants qu’eux, notamment au sud (Sénones) et à l’ouest (Carnutes), voisins qui les écartent même du confluent de l’Oise et de la Seine (Véliocasses). Mais groupés autour du confluent que forme ce dernier fleuve avec la Marne, ils peuvent contrôler le fructueux trafic de l’étain et frapper de ce fait de très belles monnaies d’or dans les ateliers monétaires qu’ils établissent à la fin du ier s. av. J.-C. et qui témoignent de leur prospérité. Celle-ci ne survit pas à la guerre des Gaules, qui perturbe le commerce fluvial et contraint les Parisii à réduire de moitié la teneur en or de leur monnaie afin de financer la coalition animée par l’Aulerque Camulogène contre les forces du lieutenant de César, T. Labienus, qui remporte finalement la victoire de Lutèce.

Constitué alors en civitas gallo-romaine, le territoire des Parisii est englobé dans les limites de la province de Lyonnaise, ce qui renforce la position économique de sa principale agglomération, Lutèce, bien située sur l’axe économique essentiel : Rouen-Lyon.


Lutèce, ville gallo-romaine du Haut Empire

Chef-lieu de la civitas des Parisii, située au cœur de la province de Lyonnaise, à laquelle elle est intégrée, nœud de communications important bénéficiant de la convergence, sur les rives de la Seine, de nombreuses voies routières préromaines améliorées et augmentées par les Romains, mentionnée à ce titre par la Table de Peutinger et l’Itinéraire d’Antonin, Lutèce apparaît bien reliée à Beauvais, à Meaux, à Chartres et à Dreux. Mais, en fait, quatre routes s’ordonnant en deux axes jouent un rôle essentiel dans son destin urbain : celles de Rouen et de Sens, de direction N.-O.-S.-E., qui sont animées par le trafic de l’étain ; celles de Senlis et d’Orléans, de direction légèrement N.-E.-S.-O., par où affluent les métaux d’Espagne (étain, cuivre, fer), les fourrures et l’ambre de Germanie.