Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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Paris (suite)

Le parc automobile s’accroît de 6 p. 100 par an. Il y a dans la région parisienne plus de 2 800 000 voitures et 500 000 véhicules utilitaires. En cinq ans, le nombre de trajets en voiture a augmenté de 35 p. 100, alors que celui des deux roues et des transports collectifs a diminué. Plus de la moitié des 14 millions de déplacements quotidiens s’effectuent grâce à des moyens individuels, et cette part va en augmentant. La circulation automobile s’est accrue de 50 p. 100 en dix ans. Toutefois, aux heures de pointe, les transports collectifs continuent d’assurer plus de 80 p. 100 des déplacements du domicile au lieu de travail dans Paris ou de la banlieue vers Paris, soit cinq fois plus que l’automobile.

La ville de Paris, avec 30 p. 100 seulement de la population, mais plus de 45 p. 100 des emplois de toute l’agglomération, attire plus de la moitié des déplacements quotidiens : 55 p. 100 des déplacements vers le lieu de travail, 53 p. 100 des autres trajets professionnels, 50 p. 100 des sorties pour achats. C’est pourquoi les problèmes de circulation sont bien plus aigus dans Paris qu’en banlieue. La voirie se limite à 1 200 ha, dont 400 servent en quasi-permanence au stationnement de près de 200 000 véhicules. Les autres 800 ha ne peuvent recevoir que 100 000 véhicules en déplacement, au total moins de 5 p. 100 du parc automobile de la région. Les parkings souterrains déjà réalisés ajoutent dans Paris 60 000 places de stationnement aux 140 000 des garages commerciaux et privés.

Tous les problèmes de circulation sont aggravés par le phénomène des heures de pointe : 61 p. 100 des voyageurs transportés en autobus, 60 p. 100 des usagers de la S. N. C. F., 50 p. 100 de ceux du métro circulent de 7 h 30 à 9 h 30 et de 17 h 30 à 20 heures.


Les liaisons avec l’extérieur

Les liaisons de Paris avec la province et l’étranger nécessitent des trafics routiers, ferroviaires, portuaires et aériens considérables.

Le trafic routier est le plus diffus de tous. Par une vingtaine de grandes routes nationales et 4 autoroutes affluent à Paris et en refluent journellement un nombre très élevé d’automobiles de tourisme et de poids lourds. Aux limites de l’agglomération, le trafic de ces grandes routes nationales varie de 4 000 à 40 000 véhicules par jour, alors que celui des autoroutes peut atteindre le double de ce maximum.

Le courant de poids lourds le plus important s’établit avec le sud-est de la France par l’autoroute du Sud et les R. N. 5 et 7. Il approvisionne Paris en denrées périssables (avec un complément venant de l’ouest). Des flux moins importants, avec une plus grande part de produits industriels, s’établissent avec le Nord et l’Est, la Belgique et l’Allemagne fédérale. La croissance du trafic des poids lourds, qui ne peuvent plus pénétrer au cœur de l’agglomération, exige des installations spécialisées : gares routières de Pantin (1950), gare de Gennevilliers (1963), gare de Rungis (1967), associée au marché-gare, et gare de Garonor (1967) à Aulnay-sous-Bois.

Le trafic ferroviaire des voyageurs de grandes lignes, qui s’effectue par 6 grandes gares terminus et représente 450 trains par jour, atteint en moyenne 160 000 voyageurs par jour, mais connaît des pointes considérables au moment des grands départs.

Le trafic des marchandises représente 36 Mt par an (soit 25 à l’arrivée, 11 au départ) et s’effectue dans plus de 35 gares. Il nécessite 15 gares de triage, dont les plus importantes de France. Viennent en tête : Villeneuve-Saint-Georges et Vaires, et 1 050 embranchements particuliers desservent les industries. La section de Grande Ceinture à l’est, entre Villeneuve-Saint-Georges et Le Bourget, connaît un trafic moyen de 80 000 t par jour.

L’ensemble portuaire de l’agglomération de Paris se compose de ports d’embarquement et de débarquement s’étalant, sur une longueur de 70 km, le long des 200 km de rives de la Seine, de la Marne et des canaux de l’Ourcq, de Saint-Denis et de Saint-Martin, comprises dans les limites de l’agglomération. Il comprend les installations concentrées du port de Gennevilliers sur la Seine, les plus importantes, de celui de Pantin sur le canal de l’Ourcq, de celui de Bonneuil sur la Marne ainsi que de nombreux appontements privés.

Le trafic total est de 25 Mt. Il concentre le cinquième du trafic total de la navigation intérieure française. Sur la cinquantaine de ports fluviaux français les plus importants, une vingtaine sont dans l’agglomération et la région de Paris. Ce sont avant tout des ports de consommation : les matériaux de construction (sables, graviers, cailloux, ciment, déblais et gravats) représentent 65 p. 100 du trafic, et les hydro-carbures 25 p. 100. Il est prévu un fort accroissement de ce trafic et sa concentration dans les ports agrandis de Gennevilliers et de Bonneuil, qui en effectuent déjà 20 p. 100, ainsi que dans quelques nouveaux ports à construire, notamment à Vigneux et à Issy-les-Moulineaux.

L’Aéroport de Paris comprend les aéroports internationaux du Bourget, d’Orly et de Roissy, l’héliport de Paris-Issy, l’aéroport international de tourisme de Toussus-le-Noble, les aérodromes d’aviation légère de Saint-Cyr, de Chavenay, de Pontoise, de Persan-Beaumont, de Mitry-Mory, de Chelles, de Lognes, de Meaux et de Coulommiers. La capacité des aéroports internationaux du Bourget et d’Orly est d’environ 15 millions de passagers par an, plus de 600 t de fret et poste par jour, le tout représentant une moyenne de 800 mouvements quotidiens d’avions. Orly, avec ses nombreux services et ses ateliers de réparation, emploie 25 000 personnes. En prévision de leur saturation a été mis en service l’aéroport Charles-de-Gaulle, à Roissy-en-France, qui couvre 3 000 ha à 10 km au nord-est du Bourget, à 25 km du centre de Paris. Sa capacité pourra atteindre 50 millions de passagers, et sa mise en service entraînera la suppression du Bourget. Il devrait, d’ici à 1985, créer sur place 70 000 emplois.

Pour mesurer la superficie exigée par le trafic aérien, il faut ajouter les aérodromes d’essai de Brétigny-sur-Orge et de Melun-Villaroche, soit, avec la mise en service de Roissy-en-France, environ 6 000 ha, les trois quarts de Paris sans les bois de Boulogne et de Vincennes.

Si l’on totalise les superficies occupées par la voirie, les parkings, les gares routières, les installations ferroviaires, les voies navigables et les équipements portuaires, les aéroports, on dépassera bientôt le quart de la surface au sol consacrée à la circulation dans la partie dense de l’agglomération, et cette proportion ne peut aller qu’en augmentant.