Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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Paris (suite)

L’agglomération parisienne groupe la majorité des personnes employées dans les spectacles (60 p. 100 des effectifs français), possède une quasi-exclusivité dans le domaine de la presse et des grands moyens d’information modernes : 80 p. 100 de la presse du soir, 78 p. 100 des hebdomadaires, 73 p. 100 des mensuels, 260 éditeurs français (les plus grands), sur 300, l’essentiel de la radio et de la télévision françaises, y compris les studios des postes dits « périphériques ». Or, en littérature, en peinture, en musique, dans tous les arts et les spectacles, c’est par ces modes de communication que se font aujourd’hui les grandes réputations, qui s’établissent plus encore qu’hier dans un milieu d’autant plus exclusivement parisien que son influence est plus grande à la fois sur le plan national et international.

Les universités de Paris, avec les grandes écoles (Polytechnique, Normale supérieure, Centrale, École nationale d’administration, etc.) dispensent leur enseignement à près de 200 000 étudiants, dont un tiers sont des provinciaux et des étrangers. De plus, ce pourcentage s’élève lorsqu’on passe des premières années aux niveaux les plus élevés de l’enseignement supérieur. Ces activités intellectuelles, scientifiques, artistiques sont à la base d’industries très importantes, productrices de biens à caractère culturel : journaux, revues, livres, disques, photos, films, appareils scientifiques, objets d’art et articles à la mode.

Les richesses historiques et artistiques de la capitale, certaines réalisations récentes et ses activités de toutes sortes attirent de nombreux touristes, provinciaux et étrangers : en moyenne et pour des raisons fort variées, constamment une centaine de milliers de visiteurs et à certains moments bien plus. Certains lieux sont très fréquentés : l’aéroport d’Orly (4 millions de visiteurs par an), la tour Eiffel (2 millions), le musée du Louvre (1 million), Notre-Dame, le Panthéon, les Invalides, l’Arc de triomphe, la Sainte-Chapelle, Montmartre, mais aussi, autour de Paris, de multiples châteaux (Versailles, Fontainebleau, Rambouillet, Saint-Germain-en-Laye, Chantilly, Compiègne, Vaux-le-Vicomte, etc.). La multiplication des congrès, des conférences, des colloques, des symposiums, des séminaires développe aussi le tourisme ; au niveau international seulement, il s’en tient plus de 300 par an à Paris, beaucoup plus que dans n’importe quelle autre ville européenne.

Les touristes font vivre une industrie hôtelière importante (plus de 130 000 personnes sont employées dans les hôtels, les restaurants et les cafés). Certains commerces de grand luxe (grands couturiers, bijoutiers, etc.) et certains spectacles s’adressent surtout à la clientèle étrangère de passage. En effet, liés dans une large mesure à l’afflux des touristes, ces commerces de luxe, les agences de voyage, les grands hôtels, restaurants et cafés donnent à certains quartiers du centre de Paris (l’Opéra, la Madeleine, les Champs-Élysées), une physionomie d’élégance et d’animation, qui fait leur prestige. Toutefois, l’hôtellerie de luxe tend, elle aussi, à se desserrer (hôtels de la Porte Maillot, P. L. M. Saint-Jacques, hôtels Hilton de l’avenue de Suffren et d’Orly, hôtel Sheraton à Montparnasse).

Mais c’est dans la concentration des établissements bancaires, d’assurances et de commerce de gros, des sièges sociaux des grosses entreprises industrielles et autres, de leurs services centraux administratifs et de recherche que s’affirme peut-être le mieux la prédominance de Paris. Elle se traduit dans les statistiques d’emplois par l’importance des « services » parisiens (55 p. 100 des effectifs nationaux dans les services rendus aux entreprises, 45 p. 100 pour les intermédiaires du commerce et de l’industrie).

• Les localisations. Toutes ces activités tertiaires privées restent encore très concentrées géographiquement : Ier, IIe, VIIIe et IXe arrondissements (quartiers Bourse, Opéra, Madeleine, Saint-Lazare, Saint-Augustin, Champs-Élysées, Marceau, Kléber). Elles tendent depuis très longtemps, y compris les sièges sociaux, à glisser vers l’ouest : nord du XVIe arrondissement et sud du XVIIe (Ternes), avenue de Neuilly, la Défense et au-delà jusqu’à Rueil, voire jusqu’à Marly-le-Roi (groupe d’assurances Drouot), dans une banlieue qui jouit d’un certain prestige en raison de son cadre, de la rareté des industries, et de sa composition sociale. Mais cela n’empêche pas ces activités tertiaires, d’une part, de se multiplier sur place, surtout dans le VIIIe arrondissement, et, d’autre part, d’amorcer un essaimage en un certain nombre de points de Paris : opérations Maine-Montparnasse, du Front de Seine dans le XVe, opérations projetées de l’avenue d’Italie, de Bercy-gare de Lyon.

La distribution de biens et de services à la population de l’agglomération exige un commerce de détail d’autant plus diversifié qu’il s’agit d’une population à haut niveau de vie moyen, dont le mode d’existence et la répartition spatiale évoluent vite, ce qui nécessite la mise à son service de formes sans cesse renouvelées de distribution, comme drugstores, self-services, « shopping centers » ou centres commerciaux de banlieue (Belle-Épine, Vélizy, Parly 2, Rosny, etc.).

Le commerce de luxe occupe une très grande place dans Paris et reste concentré dans certaines rues : rues Saint-Honoré et du Faubourg-Saint-Honoré, avenue Victor-Hugo, rue de Passy, rue de Sèvres et autour des grands magasins. Mais il commence aussi à se desserrer, par exemple avec la création de centres commerciaux comme celui de Parly 2, dont certaines boutiques peuvent rivaliser avec les plus luxueuses de Paris.

Les grands magasins tendent à se desserrer également, par suite des difficultés d’accès au centre de Paris et de l’expansion spatiale de l’agglomération, d’abord avec la création du Printemps-Nation, puis de grands magasins dans chacun des grands centres commerciaux nouveaux de banlieue.