Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

archives (suite)

 H. Bordier, les Archives de la France (Dumoulin, 1854). / État sommaire par séries des documents conservés aux Archives nationales (Delagrave, 1891). / État des inventaires des Archives nationales, départementales, communales et hospitalières au 1er janvier 1937 (Didier, 1939) et Supplément 1937-1954 (Imprimerie nationale, 1955). / J. Favier, les Archives (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1958 ; 2e éd., 1965). / État sommaire des versements faits aux Archives nationales par les ministères et les administrations qui en dépendent (Imprimerie nationale ; 3 vol. et suppl., 1929-1962). / Manuel d’archivistique (S. E. V. P. E. N., 1970).

Arctique (océan)

Ensemble des mers situées au nord de l’Amérique, de l’Europe et de l’Asie, au-delà du cercle polaire arctique.


Le plus petit océan de la terre, élargissement de l’Atlantique, est une mer continentale aux limites clairement définies ; les pointes septentrionales de l’Atlantique et du Pacifique en constituent les annexes. Jadis isolé par le froid et les glaces, aujourd’hui parcouru par les avions, bordé de ports et de lignes maritimes, l’océan Arctique présente un intérêt tant économique que stratégique.


Une méditerranée froide

À la différence de son équivalent austral, l’Arctique est une méditerranée totalement ou partiellement couverte de glaces : sa configuration a donc une importance climatique et hydrologique particulière.


Le bassin polaire

• Des plates-formes continentales, démesurées et monotones, occupent plus du tiers de sa superficie. La plus étendue se situe au nord de la Sibérie, où la mer des Tchouktches communique avec le plateau de la mer de Béring par un détroit peu profond (38 m). Les îles de l’archipel canadien sont isolées par des chenaux, surcreusés par les glaciers à plus de 500 m (800 m dans le détroit de McClure). La plate-forme nord-européenne présente un relief aussi accusé ; elle est semée d’îles ou creusée d’auges burinant profondément le sommet de la pente (fosses Voronina, Sviataïa Anna). Dans l’ensemble, la topographie monotone s’explique par la régularité des structures (enfouissement des boucliers sous une épaisse couverture sédimentaire), la présence d’aplanissements (parages du détroit de Béring) et l’extension d’un manteau sédimentaire quaternaire enrichi par des apports glaciaires (moraines) ou deltaïques. Le détroit de Béring a joué un rôle biogéographique notable : ouvert au Pliocène, il fut une voie de passage des faunes vers l’Atlantique ; mais, privé de son importance par un soulèvement survenu au milieu du Quaternaire, et donc asséché à diverses reprises (abaissement maximum de la mer : 140 m), il fut un pont continental assurant la libre circulation des espèces terrestres et des vagues de peuplement vers l’Amérique (Indiens, puis Esquimaux et Aléoutes il y a respectivement 27 000 et 10 000 ans).

• Au-delà de la pente continentale, d’origine tectonique, les fonds marins comprennent :
1. des seuils ; ces ponts, jetés entre l’Asie et l’Amérique, forment les chaînes transarctiques : la chaîne Mendeleïev (ou Alpha, ou Fletcher, à proximité du Canada) entre 3 700 et 1 400 m (point culminant) ; la chaîne Lomonossov, peu accidentée, parfois plate (sommet à 730 m) ; elles sont séparées par la cuvette Makarov, dont les parties les plus plates, plaines de Sibérie (3 946 m) et de Wrangel (2 825 m), sont reliées par la passe d’Arlis, qui semble avoir été empruntée par les sédiments venus de la plate-forme sibérienne, ont contribué au remblaiement de la cuvette ;
2. des bassins ; le bassin prépacifique est morcelé par des protubérances à flancs raides et sommets plats (plateau de Beaufort, cap Tchouktche), qui tendent à isoler la cuvette canadienne (3 900 m) des cuvettes des Tchouktches et de Beaufort, lesquelles communiquent par des couloirs comme la passe Charlie ; la mer de Béring (4 420 m) lui est associée ; le bassin préatlantique est plus profond (la moitié supérieure à 4 000 m) et partagé en deux bassins occupés par d’étroites plaines abyssales (dites « du Fram », ou « eurasiatique » et « de Nansen »), qui sont séparées par une zone de reliefs heurtés, des crêtes et des pics aigus, creusés de dépressions comme celles du Fram (5 335 m), du Fedor Litke (5 449 m) et du Lena (plus de 3 000 m) ; cette dernière met en relation les bassins polaire et groenlandais, et joue un rôle hydrologique considérable.

Ces montagnes sous-marines, soulignées par un groupement d’épicentres séismiques, sont considérées par certains auteurs comme les jalons d’une dorsale (de Gakkel, puis de Nansen plus au sud) qui serait le prolongement de la dorsale médio-atlantique. Une telle continuité n’est pas encore établie, mais il est certain que le bassin préatlantique possède une croûte de type océanique, à la différence des régions situées au-delà de la chaîne Lomonossov, qui est considérée comme la limite structurale d’un domaine stable au soubassement proche des boucliers précambriens. Le bassin prépacifique résulterait de l’affaissement d’une ancienne aire continentale, accompagné de l’accumulation d’une puissante série sédimentaire (12 km sous le cap Tchouktche) et d’une fracturation responsable de vastes épanchements volcaniques (chaîne Mendeleïev).


Le milieu arctique

Pour les mêmes raisons qu’au pôle Sud, l’apport calorique est limité ; toutefois, le froid n’y a pas la même rigueur, grâce au jeu de facteurs variés.

• L’océan Arctique est largement et profondément ouvert sur l’Atlantique, qui lui transmet sa chaleur par l’intermédiaire des courants tempérés norvégien et mourman, déportés jusqu’aux parages du Spitzberg et de la Novaïa Zemlia (Nouvelle-Zemble). Pour des raisons topographiques, l’eau qui franchit le détroit de Béring est réduite à une couche mince et peu salée. La pénétration des eaux atlantiques a une double conséquence.

En surface, le contact avec les eaux polaires s’exprime sous la forme d’un front hydrologique net mais sinueux, comme entre l’Islande et le Spitzberg. Les eaux plus chaudes que l’air contribuent à la formation d’une zone dépressionnaire permanente mais mobile, où l’affrontement entre les masses d’air arctique et polaire donne naissance à des perturbations cycloniques qui transitent vers le nord-est, y apportant pluie, tempête et neige.