Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
P

Palestine (suite)

➙ Arabes / Hébreux / Israël / Jérusalem / Jordanie / Juifs / Latins du Levant (États) / Ottomans / Sionisme / Syrie.

 G. Le Strange, Palestine under the Moslems (Londres, 1890). / M. Gaudefroy-Demombyne, la Syrie à l’époque des Mamelouks (Geuthner, 1923). / M. Avi-Yonah, Geschichte der Juden im Zeitalter des Talmud (en hébreu, Jérusalem, 1946 ; trad. all., Berlin, 1962). / H. Bowen et H. A. R. Gibb, Islamic Society and the West, t. I : Islamic Society, in the Eighteenth Century (Londres, 1950-1957 ; 2 vol.). / A.-S. Marmardji, Textes géographiques arabes sur la Palestine (Gabalda, 1951). / F. M. Abel, Histoire de la Palestine depuis la conquête d’Alexandre jusqu’à l’invasion arabe (Gabalda, 1952 ; 2 vol.). / D. Sourdel et P. Minganti, article « Filasṭīn » dans Encyclopédie de l’Islam, 2e éd., t. II (Brill, Leyde, et Maisonneuve et Larose, 1965). / M. Rodinson, Israël et le refus arabe (Éd. du Seuil, 1968). / L. Gaspar, Histoire de la Palestine (Maspero, 1968). / N. Weinstock, le Sionisme contre Israël (Maspero, 1969). / G. Chaliand, la Résistance palestinienne (Éd. du Seuil, 1970). / O. Carré, l’Idéologie palestinienne de résistance (A. Colin, 1972). / J. P. Alem, Terre d’Israël (éd. du Seuil, 1973). / J. Berque et autres, les Palestiniens et la crise israélo-arabe (Éd. sociales, 1974).

Palestrina (Giovanni Pierluigi da)

Compositeur italien (Palestrina v. 1525 - Rome 1594).


Après trois siècles de suprématie franco-flamande apparaît en Italie, vers le milieu du xvie s., une génération de musiciens italiens regroupés autour de deux principaux foyers : Rome et Venise, dont le rayonnement s’étendait sur toute l’Europe occidentale. Palestrina, dont la carrière se déroule presque exclusivement à Rome, au service de l’Église est un des premiers parmi ces musiciens italiens à occuper des postes musicaux importants. La personne, l’œuvre et le rôle véritable de ce musicien, « père de l’harmonie » (Victor Hugo), sauveur de la musique sacrée, sont entourés d’une auréole de légende romantique qui ne présente qu’un rapport assez indirect avec la réalité.

La présence de Palestrina est signalée dès 1537 parmi les chanteurs de la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome, où celui-ci travaille essentiellement sous la direction de deux Français : Robin Mallapert et Firmin Lebel. De 1544 à 1551, il est organiste de sa ville natale. En 1551, l’évêque de Palestrina, Gian Maria Ciocchi del Monte, devenu pape sous le nom de Jules III, l’appelle à la direction de la maîtrise de la basilique Saint-Pierre, la « chapelle Giulia ». En 1554, c’est à ce pape que Palestrina dédie son premier livre de messes, dont la première est écrite sur le thème Ecce sacerdos magnus. C’est vraisemblablement cet hommage qui lui vaut d’être admis, contrairement aux usages, sans examen, par un motu proprio du pape parmi les chanteurs de la chapelle Sixtine au début de 1555. Palestrina ne reste pas longtemps à ce poste : Jules III, puis Marcel II meurent tous les deux au printemps 1555, et Paul IV, qui leur succède, décide d’exclure de la chapelle pontificale les chanteurs mariés. Palestrina est maître de chapelle de Saint-Jean-de-Latran de 1555 à 1560, puis en 1561 de Sainte-Marie-Majeure, où il reste apparemment jusqu’au début de 1566. Il enseigne alors au séminaire romain, récemment fondé. De 1567 à 1571, il est au service du cardinal Hippolyte d’Este. À l’automne 1567, des pourparlers engagés avec la cour de Vienne au sujet du poste de maître de la chapelle impériale sont interrompus devant les prétentions financières de Palestrina. En 1571, après la mort de Giovanni Animuccia, Palestrina reprend son premier poste romain : maître de chapelle à Saint-Pierre. Il y reste jusqu’à sa mort, c’est-à-dire vingt-trois ans. En 1577, Grégoire XIII le charge, ainsi qu’Annibale Zoilo († 1592), de réviser le chant liturgique et de le purifier de ses « barbarismes ». Le roi Philippe II d’Espagne, alerté par le musicien Fernando de Las Infantas, qui vivait alors à Rome, élève rapidement des protestations auprès du pape. Iginio Pierluigi, le seul fils survivant de Palestrina, tentera, mais sans succès, d’utiliser après la mort de son père le manuscrit inachevé : l’édition dite « médicéenne » du Graduel (1614) sera établie à partir du travail de Felice Anerio († 1614) et de Francesco Soriano († 1621). En 1580, après la mort de sa femme, Palestrina envisage de rentrer dans les ordres, puis, renonçant à son projet, il se remarie en 1581. En 1583, il envisage encore une fois de s’évader du milieu romain pour entrer au service du duc de Mantoue, avec lequel il est en correspondance depuis 1568. Ses prétentions financières mettent de nouveau fin à ce projet, mais n’interrompent cependant pas leur échange épistolaire. La mort surprend Palestrina à Rome le 2 février 1594 au moment où il s’apprête à se retirer à Palestrina et à y reprendre son poste d’organiste.

Palestrina « sauveur de la musique sacrée » ? Il est difficile de démêler la légende des faits réels. La recommandation que Marcel II fit aux chanteurs de la chapelle Sixtine (Palestrina en faisait alors partie) de chanter de telle façon que les mots puissent « être entendus et compris » eut-elle une influence sur l’écriture du compositeur ? Certains cardinaux et peut-être le pape Pie IV lui-même ont-ils songé à écarter la musique sacrée polyphonique, et les messes de Palestrina ont-elles réussi à les faire changer d’avis ? (L’unique résolution du concile de Trente concernant la musique se borne à recommander que tout élément profane soit écarté.) La Messe du pape Marcel était-elle au programme lorsque les cardinaux chargés de superviser l’administration de la chapelle après le concile invitèrent les chanteurs à exécuter quelques messes pour juger « si les paroles étaient compréhensibles » ? Ces questions restent sans réponses certaines. Toutefois, la musique de Palestrina est parfaitement adaptée à l’idéal nouveau de musique sacrée qui se fait jour au moment du concile, même si ses rapports historiques avec celui-ci sont difficiles à établir.