Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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paléographie (suite)

 M. Prou et A. de Boüard, Manuel de paléographie latine et française (Picard, 1924 ; 2 vol.). / J. Mallon, R. Marichal et C. Perrat, l’Écriture latine. De la capitale romaine à la minuscule (Arts et Métiers graphiques, 1939). / J. Mallon, Paléographie romaine (Madrid, 1952). / R. Devreesse, Introduction à l’étude des manuscrits grecs (Klincksieck, 1954). / E. Poulle, Paléographie des écritures cursives en France du xve au xviie siècle (Droz, Genève, 1967). / J. Stiennon, Paléographie du Moyen Âge (A. Colin, coll. « U », 1973).

Paléolithique

Période préhistorique qui couvre la plus grande partie de l’ère quaternaire depuis ses débuts jusqu’au VIIIe millénaire, soit près d’un million d’années.


Le terme fut créé par John Lubbock en 1865 pour désigner l’« âge de la pierre taillée », par opposition à Néolithique*, l’« âge de la pierre polie » (v. préhistoire).

La chronologie du Paléolithique en Europe, établie à la fin du siècle dernier, repose essentiellement sur des études de sites français. Le modèle européen a servi de référence pour l’ensemble de la planète, à l’exclusion de l’Amérique, l’apparition de l’homme sur ce continent remontant à une trentaine de millénaires seulement. On reconnaît trois époques : le Paléolithique inférieur ou ancien, le Paléolithique moyen et le Paléolithique supérieur.


Le cadre naturel

• Le Paléolithique s’est manifesté surtout au Pléistocène, l’âge des glaciations. Par quatre fois, les glaciers ont envahi la partie nord de l’hémisphère boréal : ces phases d’extension ont reçu les noms de Günz, de Mindel, de Riss et de Würm. Les territoires recouverts de glace ne permettaient aucune occupation humaine, et seules les zones avoisinant les calottes glaciaires, soumises à un climat dit « périglaciaire », ont pu fournir des ressources, bien maigres mais suffisantes pour la survie de l’Homme. Une grande partie de l’Europe a ainsi subi l’alternance de climats périglaciaires et tempérés, et donc offert un environnement végétal varié qui a modifié les faunes, tantôt « chaudes », tantôt « froides ».

• Au cours de l’interglaciaire Mindel-Riss, long et chaud, l’Europe est couverte de forêts et de savanes ; à l’interglaciaire Riss-Würm, on note l’apparition de Figuiers, d’Arbres de Judée, de Fusains et de Buis. À partir de l’extension würmienne, les Conifères se multiplient au détriment des feuillus, et l’on constate un recul des forêts. La présence d’une Rosacée, la Dryade, témoigne de l’existence de steppes dans certaines régions de l’Europe occidentale. Avec l’amélioration du climat se répandent les arbres à feuilles caduques de la chênaie mixte (Noisetier, Aulne, Chêne).

• La faune villafranchienne se compose essentiellement des derniers Mastodontes, de Félins à canines en lame de sabre (Machairodus), de Castors géants (Trogontherium) ainsi que des premiers Éléphants, du Rhinocéros étrusque et de l’Hippopotame major. Le Rhinocéros de Merck apparaît au cours de la glaciation de Günz, et l’Éléphant antique à la fin de l’interglaciaire Günz-Mindel. À la glaciation de Mindel, le Mammouth* succède à l’Éléphant méridional et persiste jusqu’à la fin du Pléistocène. Le Machairodus et le Trogontherium disparaissent avant la glaciation de Riss, qui marque l’extension du Renne et du Rhinocéros laineux, types mêmes de la faune froide. Le Rhinocéros de Merck s’éteint à la fin de l’interstade Riss-Würm. Le climat de Würm précipite l’extension de la faune froide, qui se complète avec l’Ours et l’Hyène des cavernes, le Bison et le Cheval.


Les races

• Les Australanthropiens constituent le type le plus archaïque d’Anthropiens. Reconnus en Afrique orientale, ils étaient associés à un outillage primitif de pebble culture. Deux formes d’Australanthropiens ont pu coexister : une forme robuste, représentée par le Zinjanthrope et le Paranthrope ; une forme gracile, représentée par les Australopithèques de Taungs et de Sterkfontein et par l’Homo habilis (quoique l’attribution de ce dernier au genre Homo reste controversée). Une mission américaine à laquelle participent les Français Yves Coppens et Jean Chavaillon poursuit des recherches dans la vallée de l’Omo, au sud de l’Éthiopie, depuis 1967 : les découvertes récentes confirment celles de Leakey à Oldoway et le rôle essentiel joué par l’Afrique australe à la charnière du Pliocène et du Pléistocène. L’apparition des Australopithèques remonte certainement au Pliocène, à plus de quatre millions d’années, et ces Australopithèques ont commencé à fabriquer des outils en pierre il y a deux millions et demi d’années. Cependant, leur rôle exact dans la genèse de l’humanité reste encore mal défini ; l’avenir dira peut-être s’ils forment une lignée indépendante ou s’ils sont les lointains ancêtres du genre Homo. Il semblerait que la forme gracile puisse appuyer la seconde hypothèse, alors que la forme robuste se serait éteinte au Pléistocène moyen.

• Le type des Archanthropiens auquel se rattachent l’Homme de Mauer, les Atlanthropes africains, les Pithécanthropes de Java et les Sinanthropes de Pékin constitue la seconde génération connue des Anthropiens, contemporaine des trois premières glaciations. Plus évolués que les Australanthropiens, les Archanthropiens restent encore primitifs, quoique ayant adopté la station verticale. Ils sont les auteurs reconnus des diverses industries du Paléolithique inférieur.

• Le groupe des Paléanthropiens marque un stade encore supérieur dans l’évolution humaine : le type de Neandertal est le plus récent et celui dont l’aire de distribution est la plus vaste : Europe, Afrique, Asie. Contemporains de l’interglaciaire Riss-Würm et du début de la glaciation de Würm, les Néandertaliens sont caractérisés par un crâne large, un front fuyant, des arcades sourcilières saillantes et un menton effacé. Les Paléanthropiens, grâce aux nombreux squelettes retrouvés, sont mieux connus que leurs prédécesseurs : ils pratiquaient l’inhumation des morts et se préoccupaient d’esthétique ; ils sont les auteurs des industries rattachées au Paléolithique moyen.