Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
P

Pa Kin

Li Fei-Gan, dit Pa Kin, en pinyin Ba Jin, romancier chinois (Chengdu [Tch’eng-tou], Sichuan [Sseutch’ouan], 1905).


Né dans une famille de riches mandarins imbue de traditions patriarcales et conservatrices, il étudie sous l’égide d’un précepteur les classiques chinois et l’art de composer, puis il obtient d’être envoyé dans une école à l’occidentale pour y apprendre l’anglais. Il quitte ensuite sa famille pour Shanghai (Chang-hai), où, tout en poursuivant des études littéraires, il se familiarise avec les idées européennes et les milieux réformateurs. Choisissant l’aventure, il s’embarque pour Paris dans le dessein d’assimiler la science occidentale et d’être utile à sa patrie. De 1927 à 1929, il vit en France, d’abord au Quartier latin, puis en province, où les médecins l’ont envoyé se reposer. L’ardeur du départ une fois éteinte, le jeune homme se laisse aller à une solitude désespérée. Le petit cercle de compatriotes qu’il fréquente ne suffit pas à le sortir de lui-même, et c’est ainsi qu’il commence à écrire, pour évoquer son pays et oublier le présent. Il rentre en Chine, où le tragique suicide de son frère aîné pour des raisons sociales lui fait prendre conscience de la puissance d’oppression de la société sur le destin des hommes. Son besoin d’écrire trouve alors une justification et un but : décrire la situation dramatique des jeunes de sa génération, attirés par les idées nouvelles de progrès et de réformes, mais broyés par les structures rigides d’un système social anachronique. C’est le thème des deux longues trilogies écrites dans les années 1930, à savoir Histoires d’amour, qui comprend Brouillard, Pluie et Éclair, ainsi que le Torrent, qui comprend Famille, Printemps et Automne. Quand arrive l’invasion japonaise, il se retrouve à Nankin, puis voyage à Hongkong et Canton. Installé à Guilin (Kouei-lin) pendant la guerre, il se marie et écrit le Feu (Huo [Houo]) et le Jardin du repos (Xiyuan [Hi-yuan]). Son dernier grand roman, la Nuit froide (Han-ye), composé en 1947, est l’écho de la déception qui s’empara de l’élite chinoise après le grand élan de la lutte antijaponaise. L’absence d’espoir et d’idéal se reflète dans la triste vie d’un petit intellectuel partagé entre les soucis matériels et les querelles de ménage. Après la libération, il entre dans la Ligue des écrivains et n’écrit plus que quelques rares articles et nouvelles, sans grande valeur littéraire. Il reprend aussi le travail de traducteur, par lequel il avait débuté et qu’il avait abandonné au cours de sa période créatrice. Il retrouve ses auteurs préférés, Tourgueniev, Gorki, Tchekhov.

Malgré les trois volumes de ses œuvres complètes consacrés aux nouvelles et articles divers, Ba Jin est avant tout un romancier. C’est même sans doute l’un des rares écrivains chinois à avoir assimilé l’art et la technique du roman occidental. Très influencé par Maupassant, Tolstoï et Romain Rolland, Ba Jin se présente lui-même comme un humaniste, voulant décrire l’homme dans le torrent de la vie, avec ses joies et ses souffrances, ses espoirs et ses déceptions. Plein d’idéal et de bonne volonté, il fait confiance à la vie et à l’homme, même si ses personnages sont des êtres broyés, dont les élans n’aboutissent souvent qu’à l’échec. Dans Histoires d’amour (Aiqing [Ngai ts’ing]), Ba Jin choisit de montrer à travers le devenir sentimental de ses héros les problèmes de la jeunesse d’alors, passionnée, révoltée, mais velléitaire et anarchique. Dans Brouillard (Wu [Wou]), l’amour est l’élément positif, dynamique. Mais il ne peut se réaliser, car le héros a été marié tout jeune par sa famille. N’ayant pas le courage de devenir pour une femme un paria social, il se laisse mener au suicide. Dans Pluie (Yu), l’amour est au contraire la force conservatrice qui retient le héros de se jeter dans l’action révolutionnaire, par l’attrait du bonheur individuel et de la sécurité matérielle. Famille (Jia [Kia]), rédigé en 1931, est le meilleur de ses romans. Au sein d’une grande famille patriarcale de province, dont l’équilibre atteint le point de rupture, les trois frères Gao (Kao) choisissent trois chemins différents. L’aîné reste plus ou moins malgré lui gardien des traditions, tout en manifestant sa sympathie pour ses frères, dont l’un opte pour la révolte et la lutte sur place tandis que l’autre finit par rompre tous les liens qui l’attachaient et part.

D. B.-W.

Pākistān

État d’Asie ; 803 000 km2 ; 70 millions d’hab. (Pakistanais). Capit. Islāmābād.
Le Pākistān comprend, outre son propre territoire, une partie du Cachemire* qu’occupent les forces pakistanaises : Āzād Kāśmīr ou Cachemire libre (environ 60 000 km2). Rassemblant en principe les provinces à population musulmane de l’ancien empire des Indes, le pays a été amputé par la sécession du Bangladesh en décembre 1971 ; il se réduit donc à ce qu’on appelait antérieurement le Pākistān occidental. Il doit son nom aux promoteurs qui forgèrent un vocable nouveau avec les lettres initiales de trois provinces. Pendjab (Panjāb), Afghan Provinces, Kāśmīr, et la syllabe terminale de Baloutchistan (Balūchistān). Le mot urdū pāk signifiant « pur », le Pākistān se présente comme le « pays des purs », c’est-à-dire des musulmans, par opposition aux pays hindous.


Géographie


Le milieu

Groupant des régions situées au nord-ouest de l’espace indien, le territoire présente une grande diversité. On peut y distinguer trois ensembles : les plaines, les régions himalayennes, les régions de la bordure iranienne.

Les plaines sont une portion du vaste ensemble des plaines indo-gangétiques. Couvrant approximativement une superficie de 360 000 km2, elles représentent moins de la moitié du territoire, mais en constituent l’essentiel au point de vue humain. Elles sont presque entièrement l’œuvre de l’Indus* et de ses affluents, qui ont déposé une énorme épaisseur d’alluvions (plus de 1 500 m) dans l’auge de subsidence indo-gangétique. Si l’on excepte certains accidents dus aux plissements himalayens, elles ont une étendue uniforme, dont l’altitude se relève insensiblement depuis le bord de la mer jusqu’au piémont himalayen (300-600 m). Leur diversité provient d’abord de l’âge des alluvions, de plus en plus récentes vers le sud, mais surtout du ravinement, qui a marqué la topographie dans le détail et a déterminé la formation de grandes vallées fluviales.