Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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Ovins ou Ovinés (suite)

La reproduction

Les Ovins se reproduisent sans inconvénients dès leur première année, les jeunes femelles pouvant agneler pour la première fois vers 13 mois. Toutefois, les femelles ne viennent pas (ou ne reviennent pas) en chaleur régulièrement tout au long de l’année : les brebis ont en effet une période d’activité sexuelle maximale lorsque les jours deviennent plus courts, c’est-à-dire à l’automne, ce qui correspond, compte tenu d’une durée de gestation de cinq mois, à des agnelages de printemps. Il est cependant possible, par sélection et grâce à une alimentation adaptée, d’obtenir des chaleurs à contre-saison, c’est-à-dire au printemps, et de pratiquer une lutte (accouplement) à cette époque de façon à obtenir des agnelages d’automne. Des essais sont aussi entrepris pour obtenir, à l’aide de traitements hormonaux, deux agnelages par an ; une telle méthode est toutefois délicate à mettre en œuvre, car elle exige le sevrage précoce (c’est-à-dire vers 4 semaines), la stabulation permanente et une alimentation rigoureusement calculée. Il se pose aussi le problème de savoir combien d’années une brebis soutiendra un régime aussi intensif.

Pour éviter ces inconvénients, on s’oriente plutôt actuellement vers une augmentation de la prolificité des brebis, c’est-à-dire vers une augmentation du nombre d’agneaux nés à chaque mise bas. On peut ainsi, en pratiquant le « flushing », c’est-à-dire en augmentant le niveau énergétique de la ration des brebis trois semaines avant le début de la lutte, atteindre des prolificités de 140 à 150 p. 100, résultats qui peuvent encore être améliorés par sélection ou en recourant à des croisements avec des races prolifiques (prolificité de 250 à 280 p. 100 comme dans le cas des races Romanov et Finnoise) : en effet, dans ce dernier cas, les brebis croisées peuvent atteindre des prolificités de 200 à 250 p. 100.

Quoi qu’il en soit de ces techniques, il faut compter, en monte naturelle, un bélier pour 40 à 50 brebis au maximum. Les béliers doivent recevoir une alimentation qui les prépare à la lutte au moins deux mois à l’avance, puisque la formation des spermatozoïdes dure environ 40 jours et leur transit dans l’appareil génital mâle une vingtaine de jours.

L’insémination artificielle se développe dans l’espèce ovine, mais les difficultés de congélation de la semence limitent pour l’instant l’extension de cette technique.

La lutte, dans le cas de monte naturelle, peut soit être faite en liberté, soit être contrôlée. Dans le cas de lutte en liberté, les béliers restent en permanence avec les femelles, ce qui ne permet pas de juger de leurs qualités respectives puisque l’on ne peut identifier leur descendance.

La lutte contrôlée, au contraire, permet de connaître le père des agneaux : on divise la bergerie en autant de cases que l’on a de béliers et l’on trie les femelles chaque soir, au retour du pâturage, avant d’introduire chaque bélier dans sa case, les béliers ayant bien entendu été séparés des brebis durant la journée. Au bout de six semaines, on laisse les brebis seules pendant 8 jours, puis on change les béliers de case afin de réaliser une lutte complémentaire sur les femelles qui auraient pu être délaissées.


L’élevage des jeunes

Bien que l’agnelage se fasse le plus souvent sans aide, il faut le surveiller pour intervenir, et, le cas échéant, sauver la mère ou son agneau. On doit, après la naissance, désinfecter le cordon ombilical et veiller à ce que la brebis adopte bien son ou ses agneaux. On peut, avec quelques précautions, faire adopter un orphelin ou un jumeau par une brebis qui aurait perdu son agneau. L’amputation de la queue sera réalisée de façon systématique dans les 48 heures qui suivent la naissance : cette précaution améliore la présentation des gigots pour les sujets de boucherie et facilite la saillie et la mise bas chez les reproductrices. Elle permet aussi une plus grande propreté de la toison qui recouvre les gigots. Cette opération se fait avec un couteau, un coupe-queue hémostatique ou un cautère électrique.

La castration, par contre, n’est utile que pour les jeunes mâles destinés à être vendus en boucherie à plus de 5 ou 6 mois : dans ce cas, il est conseillé de la pratiquer à 15 jours.

Les agneaux sont en général allaités directement par leur mère. Il faut cependant très vite, c’est-à-dire dès 8 jours, leur apprendre à consommer un aliment complémentaire (concentré pour agneau ou, à défaut, céréales) ; celui-ci sera disposé dans une mangeoire à laquelle seuls les agneaux auront accès. Ainsi, lorsqu’ils auront appris à en consommer suffisamment, les agneaux solliciteront moins souvent leur mère, qui terminera sa lactation sans avoir trop maigri, et ils auront eux-mêmes une meilleure vitesse de croissance.

L’alimentation des brebis doit être surveillée de très près dans les deux derniers mois de gestation et durant la lactation, qui correspondent à des phases de gros besoins. De l’alimentation à ces moments dépendra en grande partie la croissance des agneaux.


La production de viande

Les principaux types de production sont les suivants :

• Agneaux : jeunes des deux sexes n’ayant pas de dents adultes ;
— agnelets : agneaux pesant au maximum 7 kg de carcasse ;
— agneaux blancs (ou laitons) : agneaux non sevrés, c’est-à-dire séparés de leur mère seulement au moment de la vente ;
— agneaux gris : agneaux sevrés et subissant un engraissement non lacté en vue d’une commercialisation ultérieure ;

• Moutons : mâles castrés ayant au moins deux dents d’adulte ;

• Béliers et brebis de réforme.
Le rendement de ces divers types d’animaux (poids de la carcasse/poids vif) varie peu et est voisin de 50 p. 100. Toutefois, le type de production le plus recherché correspond à l’agneau de 3 à 5 mois ayant une carcasse de 16 à 20 kg, de conformation parfaite et d’engraissement modéré. Du point de vue de la conformation, on recherche des carcasses courtes, cylindriques, avec des gigots globuleux et rebondis, des reins larges, des côtes rondes, des épaules soudées et un cou court.

La carcasse est généralement coupée en deux morceaux de demi-gros : le baron, qui comprend le gigot, la selle et le filet ; le coffre, qui comprend tout l’avant. Une bonne carcasse doit avoir des muscles développés, des os fins et un état d’engraissement moyen. La couleur de la viande doit être comprise entre le rose et le rouge vif, et les fibres musculaires doivent être fines.