Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
O

Ouzbékistan ou Ouzbékie (suite)

Samarkand

Le choix par Tamerlan (Tīmūr Lang) de Samarkand comme capitale de son empire est décisif pour la ville. Tīmūr Lang, plus systématiquement que ses devanciers, organise la déportation des artistes. Si la Renaissance tīmūride s’épanouit surtout à Harāt sous ses successeurs. Chāh Rokh et Uluğ Beg, elle prend naissance à Samarkand dès les dernières années du xive s. Les Tīmūrides, soucieux de la magnificence de leurs œuvres et désireux d’en jouir rapidement, firent construire beaucoup et vite au détriment de la solidité. Plusieurs des grands monuments qui illustrèrent leur règne ont disparu, ainsi la mosquée nommée « la Fiancée du Ciel », qui émerveilla les contemporains. Ce qui demeure atteste assez de la grandeur de l’époque.


Monuments tardifs

À partir du xvie s., les architectes ne se renouvellent guère. Boukhara, qu’Uluğ Beg avait enrichie d’une madrasa portant son nom (1417, restaurée en 1585), fait preuve au xvie s. d’une grande activité (mosquée Kalān reconstruite, 1514 ; madrasa Mīr‘Arab, 1535-36 ; mosquée Hodja Zaynaddin ; mosquée Boliand ; Koch madrasa, 1566-67). Au xviie s., la madrasa d’Abdülaziz khān (1652) présente une variété étonnante de procédés décoratifs, mais rompt l’équilibre chromatique et perd le sens des proportions. L’ensemble du Liab-i Khaūz (Nāder Dīvān Bēgī, 1620) est plus original et charmant. C’est encore la tradition qui inspire au xviiie et xixe s. la Grande Mosquée et les deux madrasa de Khiva. Au xxe s., le minaret de Khodja Islām (1910) est une ultime réalisation de l’art islamique ; il vaut plus que le palais des émirs de Boukhara (xixe s.), chef-d’œuvre d’excès et de mauvais goût. L’Opéra de Tachkent, bâtiment imposant auquel a été donné le nom du grand ministre et humaniste Mīr ‘Alī Chīr Nāvā’ī (Mir Ali Chir Navāi) [1440-1501], est un intéressant essai de retour au style islamique.

J.-P. R.

➙ Asie centrale (art de l’) / Samarkand.

 G. A. Pugachenkova et L. I. Rempel, Boukhara (en russe, Moscou, 1949). / Les Monuments historiques de l’Islam en U. R. S. S. (en russe, Tachkent, sans date).

ovaire

Organe qui héberge les cellules sexuelles femelles.



Structure de l’ovaire

Il n’existe pas d’ovaire proprement dit chez tous les animaux. Chez les Éponges, la cellule sexuelle femelle se trouve au sein même du mésenchyme et se contente d’établir des contacts avec une cellule nourricière (choanocyte modifié). Chez l’Ascaris femelle (ver rond parasite), l’ovaire se prolonge directement par l’oviducte et ne représente qu’un simple sac dans lequel évolue le gamète femelle.

Chez les Insectes, l’ovaire est constitué par une série de tubes ovariques qui se jettent dans un conduit élargi, le calice ovarien, qui lui-même se prolonge par l’oviducte. Chaque tube ovarique est le siège de l’évolution des cellules sexuelles femelles depuis son extrémité en cul-de-sac (chambre germinative) jusqu’au calice dans lequel s’engagent les gamètes femelles entourés d’une couronne de cellules folliculaires provenant de la paroi du tube ovarique.

Chez les Vertébrés, on observe une structure très différente.


Origine de l’ovaire des Vertébrés

Il est à noter que, chez l’embryon, les cellules de la lignée germinale, qui constituent alors ce que l’on appelle les gonocytes, n’ont pas la même origine que l’organe qui les contiendra, c’est-à-dire l’ovaire. Ce n’est que secondairement que les gonocytes migreront dans l’organe femelle. Il en est d’ailleurs de même chez le mâle.

La parenté entre testicule et ovaire va plus loin, puisqu’au départ l’ébauche est la même : à partir d’une crête génitale bourgeonnent des cordons cellulaires, les cordons sexuels primaires, qui constitueront la medulla de l’ébauche gonadique. À partir de cette medulla se formera, chez le mâle, l’essentiel du testicule. Chez la femelle, la crête génitale, qui forme alors le cortex de l’ébauche par rapport à la medulla, va pousser une deuxième génération de cordons (cordons secondaires). Ainsi se trouve formé l’essentiel de l’ovaire, car on assiste parallèlement à une involution de la medulla. Ces cordons secondaires s’isolent du cortex, et leur fragmentation donne les cellules sexuelles. Celles-ci, entourées de cellules somatiques, formeront le follicule ovarien. La paroi du follicule reste mince chez les non-mammaliens. Elle a un développement important chez les Mammifères (follicule de De Graaf). [V. Œstral (cycle).]


Comparaison ovaire-testicule : intersexualité chez les Vertébrés

De cette rapide analyse embryologique se dégage une notion importante : quel que soit le sexe chromosomique de l’embryon, il passe par un stade d’intersexualité* qui se prolonge chez les Amphibiens (Crapauds) par l’existence d’un rudiment d’ovaire (organe de Bidder) chez le mâle.

De nombreux Poissons sont d’abord femelles, puis mâles.


Les fonctions de l’ovaire


L’ovogenèse

Très généralement, dans toutes les espèces animales, l’ovaire est le siège de l’ovogenèse, c’est-à-dire de la formation des cellules sexuelles femelles.

Cette évolution s’effectue à partir des cellules de la lignée germinale, qui vont subir tout d’abord une multiplication par division cellulaire normale, ou mitose. Ces cellules constituent les ovogonies (équivalent chez le mâle : spermatogonies).

À cette phase de multiplication succède une phase d’accroissement. Cette phase, généralement longue, conduit à une augmentation considérable du volume cellulaire. On a alors affaire à un ovocyte de premier ordre (ovocyte I). Cet ovocyte doit sa grosse taille à l’accumulation de réserves de nature variable (vitellus). C’est ainsi que le jaune d’« œuf » de Poule (cellule sexuelle femelle) contient 17 p. 100 de protides et 32 p. 100 de lipides. On trouve des « œufs » de grosse taille chez les Oiseaux et chez certains Céphalopodes, Sélaciens, Batraciens et Reptiles. Chez la Femme, l’ovocyte est plus discret, mais atteint tout de même 0,1 mm de diamètre. À cette phase d’accroissement succède une phase de maturation pendant laquelle l’ovocyte I va subir la méiose, ou réduction chromatique (v. cycle de reproduction). Cette méiose, qui se déroule en deux étapes, la mitose réductionnelle, puis la mitose équationnelle, fait passer :
— 1o de l’ovocyte I, à 2n chromosomes, à deux cellules très inégales, l’ovocyte II, de taille égale à celle de l’ovocyte I, mais qui ne comporte plus que n chromosomes, et le globule polaire I, qui, toute petite cellule, n’en emporte pas moins la moitié des chromosomes ;
— 2o de l’ovocyte II à l’ovotide à n chromosomes, toujours par division très inégale et formation ainsi d’un deuxième globule polaire.

L’ovotide évolue alors en ovule, ou gamète femelle mûr, qui, normalement, est pondu par l’ovaire. Notons toutefois que l’ovogenèse ne va pas toujours dans l’ovaire jusqu’au stade ovule et que la cellule sexuelle qui va être fécondée par le gamète mâle peut être : un ovocyte I (Ascaris, Étoile de mer), un ovocyte II (Batraciens, Mammifères).