Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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Otton Ier le Grand (suite)

Les invasions hongroises de 954 favorisent indirectement le roi de Germanie en ramenant les grands féodaux à résipiscence. Et c’est à la tête d’une armée composée de Francs, de Souabes, de Bavarois et de Bohémiens qu’Otton écrase les Hongrois au Lechfeld, près d’Augsbourg (10 août 955) ; il y gagne le surnom de « Grand » ; les Hongrois, eux, s’établissent dans la plaine de Pannonie, où, rapidement, ils vont adopter la civilisation occidentale. Otton complète sa victoire en battant les Wendes à la Recknitz (16 oct. 955). Sauveur de la chrétienté, Otton est le véritable maître de l’Occident.

C’est l’Église qui va sceller cette autorité et enraciner ce prestige ; l’Église, qui, favorisée de toutes manières, et notamment par l’immunité, va, par son poids, affaiblir les grands féodaux laïques. Otton place à la tête des évêchés et des abbayes royales des personnages qui appartiennent à sa famille ; ou qui ont été formés à l’idée de l’État. Cependant, la politique religieuse du roi n’est pas inspirée seulement par des vues politiques : il se considère aussi comme un instrument missionnaire de l’Église, notamment à l’est. Dans ce domaine, l’événement le plus considérable est la demande de missionnaires allemands, faite par Olga, mère du grand-duc de Kiev Sviatoslav, à la cour d’Otton. Celui-ci dépêche à Kiev le moine Albert Ier (Adalbert), de Trèves, qui est sacré « évêque des Russes ». Mais, quand il arrive à destination, l’influence byzantine a décidément triomphé dans la jeune Russie. Une consolation pour Otton : la vassalité effective de Mieszko Ier*, le premier souverain polonais.


La restauration de l’Empire

L’activité ambitieuse du basileus Romain II s’exerce également en Italie du Sud, ce qui fournit à Otton une raison supplémentaire de chercher à obtenir une égalité de rang avec l’empereur byzantin. Or, voici que le roi de Germanie reçoit un appel à l’aide du pape Jean XII, fils d’Albéric II, menacé par les pressions de Bérenger — redevenu maître de la Lombardie — sur Spolète et les États de l’Église. Avant de quitter l’Allemagne, Otton fait élire et couronner « roi consort » son fils Otton, âgé de six ans : geste qui se situe — déjà — dans la tradition impériale.

Après avoir rétabli son autorité en haute Italie, Otton entre solennellement à Rome le 2 février 962 ; le même jour, Jean XII, en la basilique Saint-Pierre, le sacre en même temps que son épouse, et lui remet la couronne impériale. Le pape ayant consenti à faire de Magdeburg la métropole des marches de l’Est allemand, Otton édicte — à la manière carolingienne — un « privilège » (Ottonianum) qui, tout en confirmant les droits de l’Église romaine, subordonne le sacre du pape — élu par le clergé et le peuple romain — à la promesse de fidélité à l’empereur. Ainsi est créé le Saint Empire romain germanique.

Tout naturellement, cet événement capital va impliquer l’intervention de l’empereur dans les rivalités qui opposent, en Italie, les Lombards, le pape, la noblesse romaine, Byzance et les Sarrasins. C’est ainsi que Bérenger est exilé à Bamberg, où il meurt en 966. Dès 963, Jean XII, oubliant son serment, complote avec Byzance et les Hongrois. L’empereur non seulement dépose Jean XII, mais il interdit aux Romains d’élire un pape sans son agrément, et il impose un laïque qui prend le nom de Léon VIII (déc. 963), mais qui ne peut triompher de Jean XII, puis de Benoît V qu’après l’intervention d’Otton contre Rome (juin 964).

Rentré en Allemagne, l’empereur poursuit son action missionnaire (baptême du roi de Danemark, 965 ; de Mieszko Ier, 966). Mais bientôt il est rappelé en Italie : dans la haute Italie d’abord, où est réprimé un soulèvement fomenté par le fils de Bérenger, Adalbert ; à Rome ensuite, où Jean XIII (965-972) a besoin de l’aide impériale contre les comtes de Tusculum. À Ravenne, l’empereur tient une diète (967) où sont examinées les modalités d’un traité de paix entre les deux empereurs. Mais Nicéphore II Phokas refuse en fait de reconnaître en Otton quelqu’un d’autre qu’un simple roi. Il faut attendre l’arrivée au trône de Constantinople de Jean Ier Tzimiskès pour voir se réaliser le rêve de l’empereur d’Occident : le mariage, à Rome, le 14 avril 972, de son fils et héritier Otton II avec Théophano, une princesse byzantine.

À Pâques 973, Otton Ier, au faîte de sa puissance, reçoit à la cour de Quedlinburg des ambassadeurs venus de toute l’Europe, y compris de l’Europe byzantine. Mais il meurt subitement quelques jours plus tard, le 7 mai.

P. P.

➙ Saint Empire romain germanique.

 H. Günter, Kaiser Otto der Grosse (Berlin, 1941). / H. Jantzen, Ottonische Kunst (Munich, 1947). / R. Folz, la Naissance du Saint Empire (A. Michel, 1967).

ouaterie

Industrie de la fabrication des ouates.


Le principe de base est la formation de nappes homogènes de fibres qui, selon leurs utilisations, subissent ou non des traitements mécaniques ou chimiques. On peut classer les ouates en deux grandes catégories, les ouates pour pansements et les ouates industrielles (rembourrage, doublures...).


Ouates pour pansements


Coton cardé

C’est un coton brut non absorbant ayant seulement subi des opérations de battage (ouverture de la matière et nettoyage), suivi d’un cardage. Sa propreté est directement fonction de la classe de coton employée. Ce type d’article peut avoir été constitué d’un mélange de coton et de déchets. Pour les qualités admises au codex, le mélange doit être composé à 100 p. 100 de coton, qui est en principe un coton des Indes à fibres trop courtes pour les usages textiles, à diamètre un peu gros mais de très belle qualité.


Coton hydrophile

La fabrication de l’ouate hydrophile vise deux buts principaux :

• obtenir un coton sans matières étrangères et sans poussières, c’est-à-dire épuré le plus complètement possible ;

• pouvoir faire absorber par cette matière la plus grande quantité possible de liquide.