Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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os (suite)

Les ostéopathies endocriniennes

Les troubles endocriniens retentissent à la fois sur la croissance du squelette et sur la vie du tissu osseux, l’hyperparathyroïdie primitive est une affection caractérisée par un excès d’hormone parathyroïdienne qui chasse le calcium des os. À l’origine, on trouve une tumeur d’une des glandes parathyroïdiennes. Les signes de la maladie sont osseux (douleurs osseuses, fractures spontanées, déformations, et à la radiographie une augmentation généralisée de la transparence du squelette, des géodes [cavités] et des zones kystiques), rénaux (lithiase rénale) et biologiques (hypercalcémie et hypophosphorémie, hypercalciurie et hyperphosphaturie). Le traitement de la maladie consiste en l’ablation chirurgicale de la tumeur. L’hyperthyroidie prolongée peut entraîner un état de raréfaction osseuse qui se traduit par des douleurs osseuses et des fractures spontanées, une transparence osseuse exagérée à la radiographie, une hypercalcinurie. La correction médicale ou chirurgicale de l’hyperthyroïdie amène une disparition de ces signes. L’ostéoporose postménopausique est une affection qui s’observe chez la femme quelques années après la ménopause ; elle touche surtout la colonne lombaire. Elle résiste au calcium et à la vitamine D, mais réagit favorablement aux œstrogènes.


Ostéopathies par carence phosphocalcique

Elles regroupent des affections dues, en général, à un défaut dans l’apport des sels phosphocalciques ou de la vitamine D. Il arrive qu’elles soient la conséquence d’un trouble dans leur assimilation intestinale ou d’un excès d’élimination urinaire des sels phosphocalciques. D’une manière générale, les ostéopathies par carence phosphocalcique réagissent favorablement à l’administration de calcium, de phosphore et de vitamine D. On peut les observer à tous les âges de la vie. Dans la petite enfance, c’est le rachitisme commun ; dans l’âge adulte, c’est l’ostéomalacie. Le rachitisme* se définit comme un trouble de la minéralisation de l’os frappant un organisme en croissance rapide, et lié à une carence en vitamine D.

L’ostéomalacie se rencontre surtout chez la femme après quarante ans. Elle se manifeste cliniquement par des douleurs osseuses siégeant au niveau du rachis lombaire, du bassin et des membres inférieurs, par des fractures spontanées au niveau des os longs des membres inférieurs, du bassin, des côtes et des vertèbres et par des déformations osseuses. Les radiographies montrent une augmentation généralisée de la transparence du squelette, des fractures ou des fissures osseuses. Le bilan phosphocalcique sanguin est le plus souvent normal. Le traitement consiste en l’administration de sels de calcium et de vitamine D.

L’ostéoporose est consécutive à une insuffisance ou à une mauvaise qualité de la trame protéique de l’os. L’os porotique est un os normalement calcifié, normalement détruit par les ostéoclastes, mais reconstruit insuffisamment. Biologiquement, l’apport phosphocalcique est normal, mais les sels ne sont pas fixés par la trame protéique anormale. Cette affection peut être due à un défaut d’assimilation des substances protéiques et se traduit par des douleurs osseuses diffuses, une fonte musculaire et des œdèmes de carence. Elle peut être due à une avitaminose C et se rencontre dans le jeune âge ou au cours de fractures osseuses. L’avitaminose C de l’enfant crée des lésions osseuses du scorbut infantile, dit encore « maladie de Barlow ». Cliniquement, outre l’arrêt de croissance, les hémorragies profuses, les hématomes, les signes hématologiques, la maladie de Barlow comporte des douleurs osseuses. D’autre part, la vitamine C est indispensable pour que s’édifie le cal après fracture. L’ostéoporose peut également trouver son origine dans une carence hormonale (v., ci-dessus, ostéoporose postménopausique). Enfin, l’ostéoporose se rencontre au cours des grandes affections invalidantes, médicales ou chirurgicales. Il a été montré que toute immobilisation prolongée s’accompagne d’une libération de calcium et de phosphore osseux, dont le taux s’élève dans le sang et dans les urines, et d’une déperdition de l’organisme en protéines.


Les ostéopathies d’origine hématopoïétique

Toutes les proliférations bénignes ou malignes des cellules sanguines de la moelle osseuse peuvent se comporter comme des tumeurs vis-à-vis des os qui les contiennent et résorber le tissus osseux à leur contact. Ces affections recouvrent : le myélome multiple des os, certaines leucoses, certaines leucémies et des réticuloses. Le myélome multiple, ou maladie de Kahler, se traduit par des douleurs osseuses, des tumeurs osseuses formant des saillies modérées, des fractures spontanées, une altération de l’état général. Les signes radiologiques consistent en l’existence de géodes dites « à l’emporte-pièce », siégeant surtout au niveau du crâne, des humérus et des fémurs ainsi que des os du tronc. Les signes biologiques sont d’un grand intérêt diagnostic. Ils sont l’effet d’une élaboration de protéines anormales par les tumeurs plasmocytaires. Ce sont : l’augmentation de la vitesse de sédimentation, l’augmentation des protides du sang, la présence d’une protéine anormale (dite « albumose de Bence-Jones ») dans les urines et, à l’examen de la moelle osseuse prélevée par ponction sternale, une importante proportion de plasmocytes ou de cellules leur ressemblant.


Les tumeurs des os

• Les tumeurs malignes primitives dérivent soit du tissu ostéogénique, soit des tissus de la moelle osseuse.

Les ostéosarcomes, ou sarcomes ostéogéniques, sont les plus fréquentes des tumeurs primitives des os, survenant surtout dans l’adolescence. La constitution de la tumeur est très variable, de l’os au tissu fibreux en passant par le cartilage (d’où les noms d’ostéosarcome, d’ostéochondrosarcome, de chondrosarcome, de fibrosarcome selon le tissu prédominant). La destruction osseuse est constante, associée à une réaction de défense du périoste qui forme aux extrémités de la tumeur un soulèvement osseux, l’éperon périostique. Cliniquement, la douleur est souvent le premier signe, lancinante, très pénible, « ostéocope ». La tumeur est très variable dans sa forme, ses dimensions, sa consistance, faisant corps avec l’os, sans adénopathie satellite ; une fracture spontanée est parfois le signe révélateur. La radiographie montre une zone de contours peu nets, avec aspect en feu d’herbes, en buisson d’épines, avec au voisinage un signe de grande valeur, l’éperon périostique. Mais seul l’examen histologique peut affirmer le diagnostic, nécessitant une véritable ostéotomie exploratrice. L’évolution est en général très rapide par extension locale et métastases, avant tout pulmonaires. Le traitement est très décevant, les larges exérèses ne donnant pas de meilleurs résultats que des interventions plus limitées suivies de radiothérapie.

Le réticulo-sarcome, ou tumeur d’Ewing, est une affection du système réticulo-endothélial atteignant en règle générale la diaphyse d’un os long. Il est très sensible aux radiations, mais les récidives sont fréquentes.

• Les tumeurs malignes secondaires des os sont soit des tumeurs propagées au squelette (épithélium de la face par exemple), soit des tumeurs métastatiques : certains cancers glandulaires donnent avec une fréquence particulière des métastases osseuses, avant tout les cancers du sein et de la prostate.